Vie et mort d'un chien traduit du danois par Niels Nielsen

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Cartoucherie - Théâtre de la Tempête , Paris

Du 20 septembre au 20 octobre 2019
Durée : 1h45 environ

CONTEMPORAIN

,

Coups de coeur

Tout bascule quand Vincent, l'aîné de la famille Nielsen, meurt mystérieusement écrasé sur l'autoroute. Jean Bechetoille puise dans son histoire pour parler de l'absence de l'autre.
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Spectacle terminé depuis le 20 octobre 2019

 

Photos & vidéos

Vie et mort d'un chien traduit du danois par Niels Nielsen

De

Jean Bechetoille

Mise en scène

Jean Bechetoille

Avec

Alice Allwright

,

Guarani Feitosa

,

Romain Francisco

,

William Lebghil

,

Laurent Lévy

,

Nadine Marcovici

  • L'absence de l'autre

Danemark. Elseneur. Shakespeare et ses fantômes ne sont pas loin. La famille Nielsen, Henrik, Hanne et leurs trois enfants : Vincent, Markus et Benedikte. Sans oublier le chien, Sirius, bientôt remplacé par André, un bâtard. Tout bascule quand Vincent meurt, mystérieusement écrasé sur l’autoroute. Markus n’a de cesse alors que de mener l’enquête pour tenter d’élucider la mort de son frère.

Dans la continuité de son premier spectacle Comment Igor a disparu, Jean Bechetoille puise dans sa propre histoire pour parler de l’absence de l’autre et explorer les névroses familiales. Jouant des distorsions de la temporalité et des frontières de la fiction, il déploie ses monstres intérieurs grâce à une troupe joyeuse et baroque, dans une langue ciselée et dénuée de tout pathos. Comment échapper à l’indifférence des vivants, à la malédiction proférée par les proches ? Comment répondre à notre dénuement face à la mort ? Comment se ressaisir de sa propre histoire ? A l’image du chien, les êtres ne semblent « jamais aussi heureux que dans un environnement hostile ».

  • La presse

« À découvrir absolument ! Bravo à Jean Bechetoille pour avoir complété le mythe d’Hamlet ! Servi par une troupe dont la cohésion et l’évidente adhésion à la liberté iconoclaste du projet font plaisir à voir, ce spectacle est une des meilleures découvertes de cette rentrée. » La Terrasse

« Jean Bechetoille a écrit et mis en scène une piquante et très drôle saga intime (...) Les acteurs, jeunes pour la plupart, tiennent un rythme endiablé pendant presque deux heures. Devant un public hilare. » L'Humanité

« Une écriture parfaitement ciselée et précise qui se fait parfois merveilleusement poétique (...) l'ensemble est mené tambour battant, d’un même élan énergique par une troupe dirigée au cordeau qui s’empare de cette langue et de chaque personnage avec une gourmandise certaine. Voilà une création qui a sacrement du chien. Et quel chien (aussi) ! » Spectatif

« Les comédiens sont pétillants, pleins d’énergie et insufflent un rythme unique sur le plateau. » Toute la culture

  • Note d'intention

Alors que je finissais l’écriture de Comment Igor a disparu en 2014, j’ai eu besoin d’écrire quelque chose de profondément réaliste. Pendant deux ans j’ai couché sur le papier des souvenirs de mon enfance, de mon adolescence, sans penser au résultat. En 2015, mon frère s’est fait renverser sur une autoroute en Isère. Sa mort – a priori un suicide – reste mystérieuse. Peu de temps après, j’ai commencé une thérapie. J’évoquais souvent des passages d’Hamlet  : je disais notamment « Il y a quelque chose de pourri au royaume Bechetoille ». Je parlais aussi des fiançailles – puis du mariage – de ma sœur qui se déroulèrent quelques mois après les obsèques de mon frère.

Je poursuis mon travail d’écriture en relisant Hamletpendant l’été 2017. Des ponts entre l’œuvre de Shakespeare et mon expérience de la mort sont naturellement apparus : Hamlet semble figé à l’instant de la mort de son père : il est incapable de dater cet événement (tantôt un mois, tantôt deux mois, Ophélie nous révélera que la mort du père d’Hamlet a eu lieu quatre mois avant le début de la pièce) ; Laërte recherche un coupable après le suicide de sa sœur – suicide auquel personne dans sa famille ne veut croire. J’ai donc placé l’action de ma pièce à Elseneur au sein de la famille Nielsen et j’ai changé les noms des personnages. Markus, traumatisé par la mort de son frère, associe le mariage de sa sœur à la mort de son frère, et accuse le mari de Benedikte Nielsen du meurtre de Vincent. En utilisant ma propre expérience de la mort et l’enquête que j’ai faite pour comprendre le décès de mon frère – entretien avec les gendarmes qui ont découvert le corps de mon frère, retour sur les lieux du drame, entretiens avec ses proches – Vie et mort d’un chien traduit du danois par Niels Nielsen est une fiction documentée qui explore le deuil familial, le traumatisme et les difficultés à accepter le suicide.

Avant que l’action ne commence, les dés sont déjà jetés : la mort de Vincent est annoncée dès les premières lignes. Aussi, la pièce se concentre sur la responsabilité des protagonistes dans la construction de leur propre tragédie. La famille Nielsen n’est pas nécessairement responsable de la mort de Vincent mais elle participe au drame qui se prépare en cultivant le mythe de la malédiction paternelle. Markus (ainsi que son frère et sa sœur) est conditionné par la parole récurrente du père : « ça va mal finir » ou encore « je vous ai finis au pipi ».

Sans déceler la puissance prophétique de ces phrases « anodines », Markus saisit cependant – en associant inconsciemment le drame de sa famille à la tragédie d’Hamlet – qu’il n’est pas maître de son destin : son inconscient lui suggère qu’il ne vit pas sa propre histoire. En cherchant à savoir comment son frère est mort, Markus se confronte à une réalité pragmatique et s’extrait ainsi de la tragédie d’Hamlet et du « destin » familial.

Vie et mort d’un chien traduit du danois par Niels Nielsen raconte le cheminement de Markus Nielsen à travers son expérience de la mort : l’annonce de la mort de son frère, puis les années qui ont précédé le drame, puis son voyage en France – séjour dans un groupe de développement personnel – et enfin son retour chez ses parents pour vivre « à nouveau » la mort de son frère.

Le découpage de la pièce n’est pas chronologique comme si les scènes racontées à travers ce texte, étaient le voyage mental de Markus pour com-prendre et/ou expliquer la mort de son frère : des souvenirs désordonnés qui font tous échos au même événement. Cette distorsion de la temporalité est symptomatique du traumatisme de Markus. En assumant pleinement l’alternance des registres – réalisme, fantastique (avec la présence sur scène d’un chien interprété par un acteur ou encore du spectre de Vincent Nielsen), comique, tragique – le texte aborde avec humour et distance le suicide, la reproduction des névroses au sein d’une famille et notre dénuement face à la mort.

Jean Bechetoille

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