Signé Dumas

Théâtre La Bruyère , Paris

Du 12 septembre 2018 au 05 janvier 2019
Durée : 1h30

CONTEMPORAIN

,

Biopic

,

Coups de coeur

,

Pièce historique

Le Comte de Monte-Cristo, Les Trois Mousquetaires... L’excentrique Alexandre Dumas a-t-il trahi son « collaborateur » Maquet en signant seul tout ce qu’ils ont écrit ensemble ? Maquet seul aurait-il eu le même succès ? Quand le « nègre » se rebiffe, c’est l'empoignade verbale. Davy Sardou et Xavier Lemaire donnent une interprétation vibrante de cette fiction littéraire passionnante.
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Signé Dumas

De

Cyril Gely

,

Eric Rouquette

Mise en scène

Tristan Petitgirard

Avec

Xavier Lemaire

,

Thomas Sagols

,

Davy Sardou

  • Un duel de plumes

En 1848, Alexandre Dumas est à son apogée. Il travaille avec son fidèle collaborateur, Auguste Maquet, et forment ensemble le recto et le verso des pages qui passionnent les lecteurs du monde entier... Pourtant, quand éclate une querelle entre les deux hommes, une question cruciale se pose : quelle est la part exacte de l'un et de l'autre dans cette grande réussite ? Lequel des deux est le père de d'Artagnan et de Monte-Cristo ? Et si c'est Dumas qui signe, jusqu’où̀ Maquet peut-il, lui aussi, prétendre être l'auteur de ses œuvres ?

  • La presse

« Xavier Lemaire est impressionnant de force brute en habitant Alexandre Dumas.. Davy Sardou, dans le rôle d'Auguste Maquet, tout en nuance, impressionne encore plus. » Le Figaro

« Xavier Lemaire, acteur colosse, évoque à s’y méprendre le colérique, narcissique et orgueilleux Dumas. Mais le rôle de sa « plume », qu’incarne admirablement Davy Sardou, est bien plus subtil et, littérairement, historiquement, intéressant. Pour (re)découvrir en s’amusant les coulisses de nos chefs-d’œuvre et des pages oubliées de l’histoire de France… » Fabienne Pascaud, Télérama

« Le colosse Xavier Lemaire régale le public d'une magnifique interprétation d'Alexandre Dumas, tout en énergie, face un excellent Davy Sardou tout en retenue, avant la confrontation – inévitable – des deux hommes. De très belles joutes ! » Le Point

« Un spectacle captivant et très bien joué, haut en couleurs et en tensions. » Spectatif

« Tristan Petitgirard a réuni le duo, le casting idéal pour ce texte de Cyril Gély et Éric Rouquette en choisissant Xavier Lemaire et Davy Sardou. Ils sont la parfaite incarnation de cette paire d’hommes. (...) La pièce sonne juste, monte crescendo, leur dispute enflammée nous tient en haleine et donne prise à un fort beau numéro d’acteur. » Théâtral Magazine

« Le duel Dumas/Maquet est savoureux, Xavier Lemaire est un Dumas tonitruant, jouisseur, râleur devant Davy Sardou simple, digne et déterminé à en découdre avec cet homme qu’il admire au fond. » Théâtre Passion

  • Note d'intention des auteurs

Quinze ans après sa création au Théâtre Marigny, nous sommes heureux de voir Signé Dumas reprendre vie au Théâtre La Bruyère. Tristan Petitgirard apporte un nouveau regard sur la relation entre Dumas Père et Maquet, qui ensemble ont écrit les plus belles pages d'un genre majeur de la littérature française, le roman historique.

En découvrant le rôle décisif qu'avait tenu Maquet auprès de Dumas, rôle que l'histoire a jeté aux oubliettes, nous avons pensé qu'il y avait là matière à un duel théâtral. D'un côté, le truculent Dumas, homme public, haut en couleur, passionnément scandaleux dans sa manière de vivre, et de l'autre le discret Maquet, son nègre, son écrivain-fantôme (comme disent les Anglais), qui préférait rester enfermé dans son bureau plutôt que de paraître au monde, il ne manquait qu'une étincelle pour allumer la mèche.

Nous nous sommes appuyés sur le contexte politique de l'époque. Le régime vacillant de Louis-Philippe, les privilèges des riches et l'impatience du peuple, pour que les ondes de choc de la révolution qui guettait pénètrent dans le cabinet de travail où les deux hommes écrivent ensemble. Le désaccord sur le parti à prendre, la mise en danger des intérêts communs, l'apport de l'un et de l'autre dans le succès des romans, la pièce que nous écrivions avançait comme la chronique d'une rupture annoncée.

Un duel de plumes qui savent combien leurs attaques peuvent être cruelles et dévastatrices, entre la vision d'un Maquet convaincu que Dumas ne serait rien sans lui, et celle d'un Dumas qui se croit déjà immortel et balaie la révolte de revers de manches de plus en plus fébriles.

Si, des années plus tard, Maquet a perdu le procès qu'il a intenté à Dumas en reconnaissance de sa paternité sur ses oeuvres, il a obtenu une revanche symbolique. Les oeuvres de Dumas, en effet, ne sont pas tombées dans le domaine public soixante-dix ans après sa mort (comme le veut la loi) mais soixante-dix ans après celle de Maquet.

Les Trois Mousquetaires, La Reine Margot, Le Comte de Monte-Cristo n'existent que parce qu'il y avait l'un et parce qu'il y avait l'autre.

Cyril Gély, Eric Rouquette

  • Note d'intention du metteur en scène

Bien souvent dans notre jeunesse, les premiers émois de l’addiction littéraire viennent des oeuvres d’Alexandre Dumas. Je me souviens de ces nuits où sous la couette avec ma lampe poche, je luttais contre le sommeil pour savoir ce qu’il allait arriver à Edmond Dantès. Les oeuvres d’Alexandre Dumas font partie de notre mémoire collective, de notre patrimoine. Alors comment imaginer que les écrits les plus marquants du grand homme soient le fruit de deux plumes… Et pourtant !

Si la signature de Dumas est passée à la postérité, celle de Maquet est très méconnue.

Ils ont pourtant écrit ensemble : Les trois mousquetaires, Le comte de Monte-Cristo, 20 ans après, la suite des trois mousquetaires, La reine Margot, Le vicomte de Bragelonne et tant d’autres… Soit les plus grands succès de Dumas. Je n’ai d’ailleurs appris cette collaboration qu’en voyant la pièce de Cyril Gély et Eric Rouquette à la création, il y a quinze ans.

La grande force de ce texte est qu’au-delà de la personnalité hors norme d’Alexandre Dumas et de la problématique de la paternité d’une oeuvre, elle traite du besoin de reconnaissance. En cela, son propos devient vraiment universel. Et chacun peut se reconnaître dans une situation qu’il a accepté de subir pendant trop longtemps et qui soudainement lui devient insupportable. Un besoin d’exister, qui devient irrépressible. Mais comme dans un couple, Dumas est bien trop confortable dans cet arrangement pour accepter qu’il soit remis en cause. Il est prisonnier de son image et a fini par se mentir à lui même…

La grande intelligence des auteurs est aussi dans le choix de l’élément déclencheur du conflit. Ils situent l’action de la pièce le 24 février 1848. Dumas est alors à son apogée. Il est adulé par ses lecteurs, a fait un construire son théâtre (le théâtre historique) et son château à Port-Marly. Mais ce jour de 1848, l’abdication de Louis-Philippe face à une nouvelle révolution va bouleverser les relations entre Dumas et Maquet. Prenant le pari de la régence plutôt que de la république, Dumas veut envoyer un courrier en ce sens à l’assemblée. Maquet refuse, lui a bien senti et compris la révolte de la rue. Il s’oppose formellement à Dumas, cela mettrait en danger « nos intérêts », lui dit-il. Cette forme possessive « nos » et ce refus vont être le point de départ de la discorde.

Toute l’habileté des auteurs est aussi de faire résonner la petite et la grande histoire. Comme un clin d’oeil aux oeuvres de Dumas-Maquet qui utilisaient fréquemment cette mise en perspective.

Si Dumas n’a sans doute pas voulu partager sa gloire, c’est qu’il était mué par une envie de revanche sur la société. Un besoin d’exister lui aussi, et de briller. Son père, le Général Dumas, avait été injustement dégradé par Napoléon. Alexandre avait ce besoin d’ascension sociale qui lui collait au corps. On a souvent pu dire que Maquet était le nègre de Dumas, ce terme était utilisé du temps de Dumas comme une insulte envers ses origines. La vérité c’est que c’est peut-être la plus fantastique collaboration littéraire qui ait pu exister.

Maquet était un grand lettré, très érudit à 8 ans il pouvait réciter par coeur les cent-vingt-trois fables de Phèdre. Il était réfléchi, méticuleux, structuré, extrêmement travailleur. A cela s’ajoutait l’instinct, la folie, l’invention, la démesure de Dumas. Cette fusion de rigueur et d’explosion a donné lieu à certaines des pages les plus passionnantes de la littérature française. Mais là où la situation devient théâtrale, conflictuelle c’est que Dumas ne le reconnaissait pas. Le génie sans travail n’est rien. Dumas était sûrement le génie mais paresseux… ou plus exactement il aimait beaucoup trop les plaisirs de la vie. En étant si différents, ils étaient les deux faces d’une même pièce. Il était primordial pour moi de retrouver cet antagonisme dans les deux acteurs qui les incarneraient. Et je ne pouvais rêver plus belle opposition complémentaire avec Davy Sardou et Xavier Lemaire. Toute la truculence de Dumas et son extravagance trouvent une formidable résonnance avec Xavier Lemaire. Et son étonnante ressemblance physique avec le personnage ainsi que son sens du théâtre donneront tout le relief au monument Dumas. Pour Maquet, Davy Sardou a cette force de pensée très intense nécessaire au personnage. Cet art de déclencher une réplique tendue comme un arc, de vivre le conflit intérieur, de contenir une émotion pour la laisser exploser en se révoltant.

Et puis, il y a l’élément déclencheur ou plus exactement le Sergent Maréchal des logis Mulot incarné par Thomas Sagols. J’ai choisi de traiter ce personnage à la manière d’un Gavroche. Un gamin de Paris qui a la lourde charge d’annoncer les grandes nouvelles à Dumas : l’abdication puis la proclamation de la république. La gouaille et la verve de Thomas Sagols font merveille dans ce personnage. Le plaisir de cette pièce sera aussi de se replonger visuellement dans IXX ème siècle.

L’action se déroule dans l’annexe de la propriété de Port-Marly. Un lieu surnommé : « Le château de Monte-Cristo », dans lequel Dumas avait son cabinet de travail et parquait Maquet des heures durant. Avec Olivier Prost, le scénographe, nous avons choisi de jouer sur les différents espaces de travail entre Maquet et Dumas, reflétant leur personnalité et la hiérarchie de leur relation. Dumas ne se gêne pas pour mettre son collaborateur dans l’inconfort en se réservant le divan et des agapes tandis que l’espace de Maquet est encore en travaux. Ce cabinet donne sur le parc de Port-Marly, dont on parle souvent dans la pièce. La révolution est au dehors et les fenêtres sont cette ouverture vers ce monde en mouvement. Le bruit de la rumeur nous parviendra occasionnellement tandis que la nuit tombera imperceptiblement dans ce cabinet. Ce jeu d’ombres et lumière ne sera pas sans faire écho aux positions respectives de Maquet et Dumas. Le contraste se retrouvera également dans les costumes de Virginie H. Dumas aimait les accessoires, les bijoux, les tenues voyantes. Tout le contraire de Maquet qui aspirait à la sobriété.

Cette pièce est aussi l’occasion pour moi de collaborer une nouvelle fois avec mon père, Laurent Petitgirard, qui me fait le plaisir de composer la musique du spectacle. Je suis très heureux de pouvoir remonter ce texte, qui a pour moi a tout de la force d’un classique. Je remercie les auteurs tout d’abord pour leur confiance, les acteurs, ainsi que toute l’équipe artistique et de production de m’accompagner dans ce beau projet. Ainsi donc : « Un pour tous, tous pour… Signé Dumas »

Je finirai par une devise que Dumas se donnait dans son travail et qui pourrait s’appliquer à toute entreprise artistique : « Commencer par l’intérêt plutôt que par l’ennui ; commencer par l’action au lieu de commencer par la préparation. »

Tristan Petitgirard

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Lucie75014 (4 avis) 22 août 2018

Excellent J’au Vu cette pièce en Avignon. Magnifiques interprétations. Dumas comme je l’avais imaginé ! Je recommande fortement
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