Sidi Larbi Cherkaoui - Mjlonga

du 27 novembre au 7 décembre 2013

Sidi Larbi Cherkaoui - Mjlonga

Fascinant mélange des genres traditionnels et contemporains du tango du 21ème siècle, l’événement chorégraphique le plus attendu

Coup de cœur de la rédaction Le 27 novembre 2013

Avec dix danseurs de tango, deux danseurs contemporains et une formation de cinq musiciens, mjlonga de Sidi Larbi Cherkaoui promet un fascinant mélange des genres traditionnels et contemporains du tango du 21ème siècle.
  • Un fascinant mélange des genres

Ancré au plus profond de la culture argentine, le tango captive le monde avec sa sensualité, son pouvoir et sa beauté. Cet attrait irrésistible a conduit Sidi Larbi Cherkaoui à créer mjlonga.

Sidi Larbi Cherkaoui est internationalement reconnu pour son don de l'innovation et ses productions avec des artistes comme Akram Khan et Maria Pagés. Pour son nouveau spectacle de danse mjlonga, il collabore cette fois avec des musiciens et des danseurs argentins et contemporains pour créer un tango imprégné de son propre et unique style.

Avec dix danseurs de tango, deux danseurs contemporains et une formation de cinq musiciens, m¡longa promet un fascinant mélange des genres traditionnels et contemporains du tango du 21ème siècle.

« Ce qui m'attire le plus dans le tango, c'est cet éternel enlacement des danseurs. Lorsqu'un couple danse, nous sentons ce dialogue hypnotique entre des corps intuitivement connectés, ne faisant qu'un. Il y a quelque chose de semblable dans ma danse, enracinée dans le contact physique, et c'est ce qui est inhérent au tango. » Sidi Larbi Cherkaoui

Chorégraphie : Sidi Larbi Cherkaoui
Scénographie et vidéos : Eugenio Szwarcer
Musique : Fernando Marzán et Szymon Brzoska

  • Tango radical

En revisitant le tango à sa lumière contemporaine, Sidi Larbi Cherkaoui met la relation humaine au centre et insuffle une énergie décapante aux clichés plaqués sur la tradition. Dos à dos, l'homme et la femme esquissent quelques pas de tango traditionnel, exposant leurs corps et leurs jambes dans un retournement chorégraphique radical. Trois hommes dansent en cercle, mains étroitement liées, multipliant les figures improbables exhibant sans fard le sensualité. Une femme s'immisce dans un couple créant une insoutenable dissonance qui s'équilibre peu à peu en triade harmonieuse. Proposée par Sidi Larbi Cherkaoui, chorégraphe sensible d'une grande force créative, m¡longa est une magnifique relecture du tango entre ruptures et décalages, mais il y subsiste toujours un profond respect pour ce qui est et a été, et avec une grande délicatesse. Caresse pour l'âme, pour le corps, cette création renouvelle le regard porté sur le tango.

Sidi Larbi Cherkaoui. Un nom de sage pour un chorégraphe résolument contemporain capable de créer des liens à travers le temps. Fils d'immigré marocain et de mère flamande né à Anvers, Sidi Larbi Cherkaoui sublime le multiculturalisme dans le respect des identités. « Au fond, ce n'est pas la dissemblance qui m'intéresse, c'est le lien qui se crée entre les différences », affirme-t-il. Ses chorégraphies théâtralisées explorent la question identitaire sous toutes ses facettes et la restitue entre sublimation de l'esthétique et mise en valeur de la spiritualité humaine comme dans son triptyque Foi, Myth et Babel (words) ou ses récentes créations avec des moines Shaolin et autour du flamenco, avec Maria Pagés.

Avec une enfance à fleur de peau entre des parents qui ont laissé leur sens artistique au placard pour se consacrer entièrement au travail, Sidi Larbi Cherkaoui devait être ailleurs. « Je me sentais prisonnier de cette vie. J'ai eu une perforation de l'estomac à quinze ans due au stress : qu'aurait pu subir un homme de quarante ans. Je devais fabriquer mon propre destin, sinon j'allais littéralement mourir. »

Il abandonne ses études et devient danseur de variété à la télévision belge en imitant à la perfection ceux qu'il a longuement observés sur le petit écran. « Mes professeurs ne comprenaient pas : selon eux il y avait les gens intelligents qui ne bougeaient pas et les imbéciles qui dansaient ! Pour moi, au contraire, l'art de la danse était beaucoup plus complexe qu'une équation mathématique. »

Remarqué pour son talent d'autodidacte, il décide d'entamer une formation professionnelle en danse contemporaine. Son style énergique et fluide séduit. Dès ses premières chorégraphies, on le considère comme « l'enfant prodige » de la danse contemporaine internationale. « En passant par la discipline du corps. Je me suis libéré l'esprit. La danse m'a aidé à réfléchir plus librement. A avoir une pensée originale. »

Sidi Larbi Cherkaoui voyage aux confins de l'être et du monde. Il associe macro et microcosme dans un constant va-et-vient. « J'aime l'artisanat, les références anciennes. J'adore les emmener dans un univers très contemporain où elles reprennent sens dans l'instant présent. »

  • Entretien avec Sidi Larbi Cherkanoui

Vous faites même intervenir une danseuse dans un duo ?
J'aime bien quand elle s'infiltre à l'intérieur du couple. Cela crée soudain une énorme tension. Comme dans la vraie vie où il se passe des choses à côté d'une vie conjugale. C'est basé sur le réel lorsque des éléments extérieurs nous déstabilisent au début, mais avec lesquels on apprend à vivre. Même à trois, on peut restaurer l'harmonie. Au bout du compte, ce que chacun cherche, c'est la sécurité émotionnelle et on peut la trouver dans des constellations différentes.

N'est-ce pas ce qui vous guide, la recherche de l'harmonie en toute chose ?
La recherche de la relation en tout cas. Relation et harmonie sont très proches. C'est vrai qu'on peut avoir des relations agressives, mais parfois l'agression est là parce qu'elle est voulue par les acteurs.

Qu'est-ce que selon vous raconte intrinsèquement le tango ?
C'est une danse qui parle de l'être humain en général. Comment nous sommes les uns avec les autres, comment on se tient l'un à l'autre. Le tango évoque concrètement le partage du poids. De la responsabilité. Même si c'est un homme qui guide, finalement, c'est la femme qui choisit à quel moment et si elle veut répondre ou pas. II y a un dialogue. L'un doit attendre l'autre. C'est vraiment un reflet, une métaphore des relations humaines. Chaque couple a sa manière de correspondre et de se correspondre. De converser, mais tout se fait en silence. Il n'y a que le corps, à peine le regard. Les yeux ne se cherchent pas. C'est juste le ressenti et le toucher. Sans la parole. J'avais envie d'honorer cette manière de communiquer qui est dans les jambes et le poids partagé.

D'ailleurs, vous avez affirmé un jour que vous étiez un fou de communication. Tous vos spectacles s'en inspirent-ils ?
Je suis intéressé par toutes les possibilités de connections entre les êtres. Je suis effectivement un fou de communication qui a la sensation d'être toujours connecté. Avec la certitude que les choses et les êtres résonnent les uns avec les autres, que tout résonne avec tout. Comme une sorte de symphonie qui se crée sans cesse. La séparation pour moi est une convention. Le territoire est une illusion. II y a toujours un va-et-vient, une osmose possible.

Est-ce parce que le tango est une danse de la relation qu'il vous accompagne depuis vos débuts ?
Oui. Dans Rien de rien, mon premier spectacle en 2000, j'ai mis en scène un tango sans bras entre deux danseurs. En 2004, dans Tempus Fugit, une pièce créée pour le Festival d'Avignon, je dansais un tango en embrassant ma partenaire. Et puis, de 2008 à 2010, j'ai repris des cours de tango à Buenos Aires pour préparer ce projet-ci.
Je ne suis pas un danseur de tango, mais je le comprends et je le ressens. Au bout du compte, c'est toujours une technique à apprendre. Je me suis rendu compte que c'est une danse extrêmement logique, très mathématique. Et, dans ce contexte, les mathématiques confinent au mystique. Parce qu'il y a des moments si précis que la danse en devient d'une beauté et d'une sensibilité extraordinaires. J'aime ce rapport cosmique. Ainsi la milonga est un espace où beaucoup de couples dansent ensemble comme s'ils orbitaient les uns autour des autres. J'ai aussi voulu le représenter dans le spectacle.

Dans ce spectacle, il y a de très beaux moments de danse seulement entre femmes ou seulement entres hommes, pourquoi ?
Dans le tango, on pousse les identités, le féminin et le masculin, dans des archétypes. Les deux ont une grande force sensuelle. Moi je suis plus contemporain avec un rapport plus ambigu à la sexualité. Plus androgyne. C'est une manière de vivre que l'aime, mais. A Buenos Aires, la façon dont chacun pousse à fond son identité sexuelle sans que cela ne devienne un combat entre les sexes me fascine Une mise en évidence de la différence sans que l'une ait le pas sur l'autre. L'égalité parfaite Je trouve cela sublime

En parlant d'identité, le tango n'est-il pas une danse de l'immigration ?
Oui, c'est une danse extrêmement hybride. Pour moi qui suis de double culture, marocaine par mon père, flamande par ma mère, cela me parle beaucoup. Aujourd'hui, on peut avoir l'impression que le tango est une culture monolithique. Mais c'est une danse faite d'influences diverses comme peut l'être la culture d'un pays. Mon pays, la Belgique, en est un exemple, mais les politiciens l'oublient...

Corinne Jaquiéry

  • Presse

« [Milonga est] une création renversante à tous points de vue.» Philippe Noisette, Les Echos, 04 octobre 2013

« Un final superbe » Philippe Noisette, Les Echos, 19.11.2013

Sidi Larbi Cherkaoui - Mjlonga – Bande-annonce

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