Nous sommes repus mais pas repentis (Déjeuner chez Wittgenstein)

Théâtre de Gennevilliers (T2G) , Gennevilliers

Du 08 au 17 mars 2018
Durée : 2h55 avec un entracte

CONTEMPORAIN

,

Coups de coeur

Voss, penseur infirme, neurasthénique et puéril, sort de sa maison de repos pour s’enfermer dans la maison de ses parents et y jouer les tyrans domestiques aux dépens de ses deux sœurs actrices, condamnées à un étouffement de la chair « à perpétuité ». Ostracisme familial sur fond de vaisselle brisée... Séverine Chavrier met en scène Thomas Bernhard.
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Spectacle terminé depuis le 17 mars 2018

 

Photos & vidéos

Nous sommes repus mais pas repentis (Déjeuner chez Wittgenstein)

De

Thomas Bernhard

Mise en scène

Séverine Chavrier

Avec

Marie Bos

,

Séverine Chavrier

,

Laurent Papot

  • Repas à coups de marteau

Voss, penseur infirme, neurasthénique et puéril, sort de sa maison de repos pour s’enfermer dans la maison de ses parents et y jouer les tyrans domestiques aux dépens de ses deux sœurs actrices, Ritter et Dene, condamnées à un étouffement de la chair « à perpétuité ». Ostracisme familial sur fond de vaisselle brisée... Ritter, Dene, Voss, sont aussi les véritables noms des trois comédiens qui créèrent l’œuvre traduite sous le titre de Déjeuner chez Wittgenstein – un trio d’« acteurs intelligent s» que Thomas Bernhard admirait suffisamment pour leur dédier sa pièce en la baptisant de leurs noms. Alors, pourquoi « Wittgenstein » ? Parce que Bernhard a non seulement nommé le philosophe dans une note liminaire, mais parsemé les répliques d’allusions précises et ironiques à son célèbre compatriote, rejeton d’une illustre famille viennoise, qui enseigna à Cambridge avant de partir vivre en Norvège, loin de tous, dans une cabane en rondins. Cela étant, dans le corps du texte proprement dit, l’auteur du Tractatus Logico-Philosophicus est devenu Ludwig Worringer, patient distingué du docteur Frege... Alors, Voss incarne-t-il l’un des fondateurs de l’empirisme logique, ou un maniaque qui ne supporte de porter que des caleçons de coton grossier et de fabrication suisse ? Est-il génial, sénile, l’un et l’autre, l’un par l’autre ? Ou un totem de plus qu’il faut saisir à deux mains pour fracasser toutes les autres idoles culturelles à la ronde, comme autant de porcelaines fines dans ce « repas à coups de marteau » ?

Metteure en scène, pianiste et comédienne, Séverine Chavrier pratique un théâtre nourri des multiples facettes de sa personnalité : le corps, la musique, la vidéo, la parole. Toutes sont convoquées à ce Déjeuner chez Wittgenstein, ici librement agrémenté d’extraits d’autres œuvres : Le Naufragé, Maîtres anciens, Un Souffle, Mes Prix littéraires ou encore Des Arbres à abattre, dont elle a tiré ce qu’elle appelle plaisamment « des monologues d’ontologie ». Elle s’est mise à l’écoute de la voix si singulière de Bernhard, obstinée, insistante, exagérant toujours pour mieux dénoncer, sur fond d’horreur à l’autrichienne, la persistance plus ou moins camouflée des tentations fascisantes de la vieille Europe. Pratiquant une « culture en acte qui s’affirme et s’infirme », travaillant pour et contre sa propre tradition, au creux de « l’écart entre Schubert et Hitler », l’imprécateur viennois ne s’est jamais lassé de gratter la plaie, voire de « mettre les doigts dedans » pour la remettre à vif, afin que jamais les traces de l’Histoire ne cicatrisent, sans laisser le moindre répit ni à lui-même ni à son public. Aucune catharsis n’est à espérer dans ce jeu de massacre « où il ne s’agit pas de recoller les morceaux mais bien de les briser encore », entre mise en scène de soi et mise à l’épreuve de l’autre, avec une véhémence noire qui n’exclut pas l’humour.

Séverine Chavrier s’est passionnée pour cette rage d’artiste « terriblement vivante » qui prend le risque de l’autodestruction. De cette rencontre avec Bernhard, elle espère voir surgir ce qu’il appelait « Un théâtre du corps et de la peur de l’esprit », se nourrissant de l’énergie du saccage et de la provocation pour parvenir à la grande santé : des éclats d’un théâtre dans tous ses états, « Dans le théâtre, sur le théâtre, contre le théâtre, sous le théâtre ».

  • La presse

« Ces dissonances, discordances et autres disharmonies dans un monde par ailleurs nourri jusqu’aux fibres les plus profondes de Schubert et de Beethoven, provoquent une fascination qui ne se dément pas, tout au long de la représentation. D’autant plus que le travail sur le jeu est lui aussi remarquable, original, et proche de la performance.  » Fabienne Darge, Le Monde, 30 mars 2018

« Par des voies opposées, Lupa et Chavrier font belle œuvre de théâtre au chevet de Thomas Bernhard. Lupa est comme un double scénique de Bernhard. Chavrier comme une première et exceptionnelle lectrice. La relation de Severine Chavrier avec l’auteur Bernhard, et avec lui tout l’héritage du théâtre occidental, épouse volontiers celle de Voss (...) : une exaspération où l’amour ne va pas sans haine, la vie sans la mort, la dévotion aux idoles sans leur mise au pilori. Chavrier dit vouloir par sa mise en scène « remuer le “terreau puant de regrets et de terreur mêlées” au cœur de la pièce.» Avec ses deux acteurs, elle y réussit pleinement./Troublant et passionnant. » Jean-Pierre Thibaudat, blog Médiapart, 11 mars 2018

« Deux soeurs retrouvent un frère génial et borderline dans le décor rance de leur enfance. Une adaptation musico-survoltée du Déjeuner chez Wittgenstein de Thomas Bernhard. » Frédérique Roussel, Next libération

« un féroce et drôle rituel d’exorcisme » Fabienne Pascaud, télérama sortir

« ... ou comment Séverine Chavrier jette un pavé dans la mare et nous submerge de son talent. » Marie Plantin, Pariscope

« Séverine Chavrier, Marie Bos (remarquable de finesse) et Laurent Papot (excellent !) impressionnent par leur engagement et la qualité de leur interprétation, qui interrogent la nature singulière de tout acte artistique dans notre monde.  » Agnès Santi, La Terrasse

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Ghislain T. (1 avis) 04 avril 2018

Nous sommes repus mais pas repentis Vu au CDNT de Tours le 03 juin 2018 :insupportable, prétentieux, suffisant, une pièce hystérique intello-foutage de gueule complètement imperméable à nous misérables spectateurs, je me suis arrêté à Bac +3 donc amis spectateur si tu n'as pas bac + 30, tu seras incapable de comprendre cette pièce. Les ficelles de ce spectacle sont des cordes à amarrer les paquebots, un acteur qui marche 50 fois sur un tapis d'assiettes réduit en miette (tapis sous lequel à été disposé des micros pour faire un son plus trash, meme procédé avec la table et le piano couramment fracassés) tout ceci pour nous faire comprendre le désordre et le chaos dans la tête de ce frère schizophrène "qui n'est pas sans nous rappeler,...n'est ce pas , le désordre et la bestialité de la 2ieme guerre mondiale et j'oubliais .. la tyrannie du monde et la méchanceté des dictateurs ", c'est très finement démontrer avec des vidéos incompréhensible flou en arrière plan, du frère et de ces 2 sœurs marchant dans la neige accompagné de passages "camera tout en délicatesse de nazi beuglant sa haine,...ici tout est dans la suggestion qui pèse 3 tonnes. Heureusement qu'il y avait un entracte (après 1h30 qd même ) grâce auquel j'ai pu m’échapper. Amis spectateur , si tu aimes le théâtre avec des émotions ...des vrais, si tu aimes réfléchir à ce que tu as vu en scène.... et à ce que cela t'a vraiment apporté dans ta vie, court,fuit échappe toi de ce théâtre stérile et conceptuel.
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Patrice C. (32 avis) 23 mai 2016

nous sommes repus mais pas .. certainement la mises en scène la plus originale et la plus intéréssante de la saison,( le nom de la metteure en scène Séverine Chevrier qui joue d'ailleurs dans la pièce est à garder en mémoire) avec une utilisation intelligente de la vidéo et de la musique, tout en respectant l'œuvre de Th Bernhardt ,des comédiens époustouflant
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