
Blanche a quarante-six ans. Elle est en surpoids, se trouve grosse et enchaîne les régimes. C’est à partir de ces trois réalités, somme toute assez banales, qu’elle va mener une réflexion sur son corps et son rapport à la nourriture.
Déterminée à aller au fond des choses et d’elle-même, Blanche va se confronter sans concession à ses démons intérieurs et révéler le mal qui la ronge : la boulimie. Spectacle autour de la compulsion alimentaire, de l’ennui, du manque, et des mécanismes pour les combler, ce monologue est un cri, l’expulsion de colères et de désirs trop longtemps enfouis, la tentative de remplir par la parole tout ce qui l’a trop souvent été par la nourriture.
Aujourd’hui, lorsqu’on parle de surpoids, que ce soit dans les reportages ou dans la fiction, on aborde souvent la question par le prisme de la grossophobie, de la société de consommation ou de la malbouffe. On s’y intéresse trop peu par le biais de la psychologie. Il est pourtant essentiel. Bien sûr l’addiction au sucre, les aliments transformés et bourrés d’additifs expliquent en partie le surpoids et l’obésité comme fléaux et maux de siècle. Mais c’est ici la question intime du « pour-quoi » qui importe. Pourquoi je mange en si grande quantité ? Qu’est-ce qui se passe au moment de ma crise de boulimie ou d’hyperphagie ? Qu’est-ce que ce comportement compulsif vient combler ?
Blanche est une femme « comme tout le monde ». Elle est en surpoids comme beaucoup ; elle se lance dans d’interminables diètes comme beaucoup ; elle se trouve « énorme » comme beaucoup ; déteste son corps comme beaucoup… Mais elle juge aussi les autres, comme beaucoup ; se compare, comme beaucoup ; dit des horreurs et enchaîne les clichés comme beaucoup.
Il est important pour moi de faire de Blanche une femme comme tant d’autres. Complexe, bourrée de contradictions, ambivalente. Il ne s’agit pas ici de dénoncer (la grossophobie et la société de consommation) mais bien de donner à voir ; une femme qui a intégré malgré elle les stéréotypes de classe, de genre et de poids. En faire une anti-héroïne par excellence. Blanche est grossophobe car la haine de soi est si forte qu’elle mène inéluctablement à la haine des autres, en particulier de ceux qui nous ressemblent.
J’ai le désir d’oser tout dire, de considérer la scène comme le lieu de la catharsis, et de l’expulsion des passions. Appuyer là où ça fait mal.
C’est en allant dans les détails les plus personnels, en sublimant son propre « je », en le fouillant, le triturant, que Blanche pourra toucher, paradoxalement, à l’universel.
Guillaume Druez
« Rarement monologue et comédienne confèrent si finement les ravages, les angoisses et les regrets causés par la boulimie. Une confession intime qui passionnera les maigres comme les gros. » Télérama
« On accuse le choc. » La Pointe
« Cru, intime, décapant, une comédienne magnétique. » Le Soir
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