Manque

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Théâtre de la Bastille , Paris

Du 06 mars au 01 avril 2001

CLASSIQUE

De Sarah Kane, on parle de la violence de ses textes. Quelque chose en elle vous "saute à la gorge", en effet. Mais il me semble que nous devrions d’abord entendre sa musique. Celle d’un auteur fulgurant dont les quatre pièces ne s’épuisent pas. C’est ce qui justifie sa présence deux fo
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Spectacle terminé depuis le 01 avril 2001

 

Manque

De

Sarah Kane

Mise en scène

Jean-Marie Patte

Avec

Astrid Bas

,

Elsa Bosc

,

Sébastien Bravard

,

Marc Toupence

Voici la dernière pièce de Sarah Kane. Il s’agit d’une pièce sans personnage, sans représentation « réaliste » : c’est un texte musical. Les musiciens tiennent le quatuor pour la plus difficile et la plus noble des compositions. Crave (Manque) est un quatuor. Une polyphonie dans l’espace, organisée selon une cadence et des thèmes très nets, le tout d’une extrême précision.

Sarah Kane se tient au plus proche d’elle-même. « Parce qu’il est dans la nature même de l’amour de désirer un avenir. » écrit-elle, Crave est le chant de ce manque, un creux infini où l’espoir est devenu gouffre. Crave est un chant, unique.

Il fallait que cette pièce soit éprouvée par un musicien.

Par Jean-Marie Patte

Manque de Sarah Kane peut se lire comme une partition de musique, mais une partition singulière qui oscille entre ruptures et harmonie, cris et chant.

Quatre voix se donnent à entendre, quatre voix que nous sommes tout d’abord incapables d’identifier, de distinguer. Les mots éclatent au dehors, ils se succèdent et s’entrechoquent : A B C et M parlent. Ils parlent mais ils ne s’adressent pas, ne dialoguent pas. Chacun reste seul, déroule le fil de son histoire, de sa mémoire, de sa douleur. Chacun dit, mais nul ne répond ou à côté, dans la brisure. Les mots sont tranchants, ils ne s’attendent pas, ne s’entendent pas. Absence de communication, solitude généralisée, tel pourrait être le constat de l’écriture de Sarah Kane, le manque dont il serait précisément question. Mais son propos semble plus vaste, plus subtil, il interroge le statut même du langage, sa possibilité de dire, de permettre le dire. Et c’est l’inattendu qui se produit soudain. Un inattendu qu’elle nous donne à entendre : une concordance de voix, une mélodie, une parole à quatre. Les mots cessent de se non-répondre, ils se poursuivent et se complètent. La brutalité générale, l’éclatement des codes et des logiques, la cacophonie ont bousculé dans leur contraire.

Avec Sarah Kane, tout se passe comme si c’était du cœur même du chaos, dans la radicalisation du désordre de la langue, et là seulement, que quelque chose pouvait survenir : un échange, un partage. Non pas dans le dialogue, qui serait par définition impossible, mais dans l’épuisement du soliloque, dans sa consumation jubilatoire.

Lecture de Manque par Stéphanie Chaillou

"Le grand chef d’orchestre (...), c’est l’homme qui est descendu au fond de sa musique et qui remonte à la surface avec tous ses secrets." "La connaissance (...), c’est une faculté de contact, une intuition naturelle, une révélation dont j’oserai dire qu’elle est d’essence musicale."

Jacques Copeau
anthologie subjective de Catherine Dasté
NRF Gallimard

De Sarah Kane, on parle de la violence de ses textes. Quelque chose en elle vous "saute à la gorge", en effet. Mais il me semble que nous devrions d’abord entendre sa musique. Celle d’un auteur fulgurant dont les quatre pièces ne s’épuisent pas. C’est ce qui justifie sa présence deux fois dans cette saison. J.-M. H.

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