Les trois soeurs

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MC93 , Bobigny

Du 10 au 12 mai 2014
Durée : 3h15 avec entracte

CLASSIQUE

,

Coups de coeur

,

En langue étrangère

,

Russe

Lev Dodine revient pour 3 dates exceptionnelles avec Les trois soeurs de Tchekhov. « Pourquoi on vit, pourquoi on souffre ? » Il ne donne pas de réponses, mais a certainement tiré la pièce vers une noirceur inhabituelle, comme si elle avait été écrite à la fin du XXe siècle et pas en 1900. En russe surtitré en français.
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Spectacle terminé depuis le 12 mai 2014

 

Photos & vidéos

Les trois soeurs

De

Anton Tchekhov

Mise en scène

Lev Dodine

Avec

Natalya Akimova

,

Alexander Bikovsky

,

Eliaveta Boiyarskaya

,

Tatiana Chestakova

,

Danila Chevchenko

,

Igor Ivanov

,

Eléna Kalinina

,

Ekaterina Kleopina

,

Anatoly Kolibyanov

,

Sergey Kourychev

,

Sergey Kozyrev

,

Stanislav Nikolsky

,

Polina Prohodko

,

Daria Roumyantseva

,

Piotr Semak

,

Elena Solomonova

,

Igor Tchernevich

,

Irina Tytchinina

,

Sergey Vlassov

,

Alexandre Zavialov

En russe surtitré en français.

Le retour de Lev Dodine
Une histoire complexe et discordante
La presse

  • Le retour de Lev Dodine

À l’époque de la censure soviétique, Lev Dodine affirme un théâtre engagé et critique, Frères et Soeurs (Abramov), Les Étoiles dans le ciel matinal (Galine), Gaudeamus (Kaliédine). Ce n’est qu’après la disparition de ce contrôle strict des oeuvres qu’il se met à monter des classiques, en commençant par Tchekhov. La Mouette date de 1896, Oncle Vania de 1897, Les Trois Soeurs de 1901, La Cerisaie de 1904. Dans ces pièces qui annoncent le siècle, on sent déjà l’histoire à l’oeuvre, 1905 est déjà là. Un monde finit, un autre monde commence. Et Tchekhov apparaît dans le théâtre de Dodine comme une sorte de préface au XXe siècle.

Je me suis toujours demandé ce qui avait poussé Dodine à « passer » à Tchekhov après Galine, Kaledine et surtout Abramov.

Pendant des années, la saison au Théâtre Maly commençait quasi-rituellement avec un autre texte d’Abramov, Dom (La Maison). Cette maison pour Dodine, c’est ce Théâtre Maly de la rue Rubinstein, à deux pas de la Nevsky que toute sa troupe habite. C’était sans doute ce thème de la maison qui l’a inspiré quand, à 50 ans tout juste, il monte La Cerisaie, cette autre maison que le nouveau siècle emportera.

En 2011, Dodine a 67 ans. La vie « a passé » et il se moque bien « d’aller à Moscou » comme Les Trois Soeurs, surtout après avoir sillonné avec ses comédiens toute la planète du théâtre. Mais, la vie, la vie, quand on la contemple derrière soi, ressemble bien à ce morne hiver russe dans cette plaine sans fin. Au troisième acte des Trois Soeurs, la ville est en flamme. Mais la maison est intacte. Quant au quatrième acte, comme toujours chez Tchekhov, c’est celui des valises : tout le monde s’en va.

Tchekhov écrit Les Trois Soeurs en 1901. Pour les plus grands artistes, cette pièce est souvent le moment d’un bilan, d’une confession intime. Tchekhov disait vouloir écrire un vaudeville, il n’a pas vraiment réussi. Ces trois femmes qui habitent une petite ville russe pleine de moustiques et où il fait toujours froid ne perdent rien de leur charme ni de leur actualité. Envie d’aimer, d’être libre, de participer à la vraie vie et d’être utile, de faire la fête… Une envie de vivre, tout simplement. Ce ne sera pas pour elles, mais pour les générations à venir…

« Pourquoi on vit, pourquoi on souffre ? » Le spectacle de Dodine ne donne pas de réponses à ces questions. Mais il a certainement tiré la pièce vers une noirceur inhabituelle, comme si elle avait été écrite à la fin du XXe siècle et pas en 1900.

Il ne manque désormais plus à Lev Dodine qu’à monter Ivanov, la première grande pièce de Tchekhov portée à la scène, écrite en 1887, pour parachever la quasi-intégrale du dramaturge. Dodine a monté en 1994 La Cerisaie, en 1995 Platonov (en Russie « la pièce sans nom »), puis La Mouette et Oncle Vania au début des années 2000, et enfin Les Trois Soeurs en 2011. Il reviendra à l’histoire contemporaine avec Vie et Destin, création mondiale à la MC93.

Patrick Sommier

Créé en 2011, le spectacle a reçu de nombreuses récompenses en Russie dont le prix du meilleur spectacle de la Commission d’experts auprès du gouvernement de Saint-Pétersbourg, le prix du public de la Société Théâtrale en 2011 ainsi que des nominations aux « Herses d’or » de Saint-Pétersbourg.

Par le Maly Drama Théâtre. Distribution en alternance.

  • Une histoire complexe et discordante

Les Trois Soeurs a été créée le 31 janvier 1901 au Théâtre d’art de Moscou. Écrite durant l’année 1900, cette oeuvre tirerait son inspiration des soeurs Ottilia, Margarita et Evelina Zimmermann, rencontrées par Tchekhov à Perm, lorsqu’il s’y arrêta en route vers l’île de Sakhaline, en 1890.

Argument
Les membres de la famille Prozorov, composée de trois soeurs, Macha, Olga et Irina et de leur frère Andreï, partagent une demeure provinciale, dans la campagne profonde de Russie. Andreï est lui-même marié à Natacha.

La pièce débute par la fête d’Irina, un an après la mort de leur père, marquant la fin du deuil et le début, croit-on, d’une nouvelle vie. La petite ville de province, près de laquelle se trouve la demeure, accueille un régiment qui vient d’arriver. La vie des Prozorov s’avère dominée par l’ennui et n’est rythmée que par les visites d’officiers venus de la garnison voisine, et devenus peu à peu comme des membres de cette famille atteinte du mal de vivre.

Un rêve habite cependant les trois soeurs : retourner à Moscou, la ville de leur enfance heureuse. Pas de héros, peu d’action ; cette pièce va à l’encontre du schéma classique en mettant en scène des personnages extrêmement humains qui voient leur vie peu à peu s’étioler, avec le désespoir de n’avoir rien construit, rien entrepris.

Entre conversations absurdes et grands débats philosophiques, entre mariages ratés et désespoirs amoureux, Tchekhov aborde dans Les Trois Soeurs les thèmes du temps qui passe et qui détruit les rêves, de l’importance du travail et de l’autonomie, de l’ennui et de l’amour.

Une histoire complexe et discordante
« Les Trois Soeurs est une des plus grandes pièces du répertoire théâtral mondial, l’une des pièces les plus complexes de Tchekhov ; Oncle Vania est pour moi sa pièce la plus belle et la plus harmonieuse, Les Trois Soeurs son histoire la plus complexe et la plus discordante.

Il s’agit d’un pan entier de vie vu par Tchekhov à travers sa personnalité, son imagination, la perception douloureuse de sa maladie, sa vision à la fois sceptique et optimiste de la vie telle qu’elle nous échappe parfois, indépendemment de nos désirs et de nos aspirations. Tchekhov évoque le poids de la vie et du destin auquel il faut résister tout en sachant que nous perdrons ce combat. Il parle avec ferveur du formidable désespoir de notre vie, de la divergence tragique entre nos désirs et la réalité, de l’importance d’être toujours fidèle à soi-même et à la dignité humaine. Les Trois Soeurs est une pièce sur ceux qui ont des idéaux, que l’on pourrait probablement appeler « intelligentsia », bien que dans toutes les couches de la société il existe des gens avec ou sans idéaux, et d’autres qui les ont perdus.

Je crois qu’aujourd’hui, dans le monde entier, bon nombre d’entre nous ne comprennent que trop bien ce que sont les espoirs déçus, les projets avortés, les illusions perdues, les amours impossibles, ce qu’est ce langage sévère de la vie, ce que signifie rester soi même et préserver sa dignité en dépit de tout. »

Lev Dodine

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  • La presse

« D’une étonnante alchimie entre délicatesse et audace, la mise en scène de Dodine est marquée par des performances vibrantes, précises et profondes pour chacun des rôles. Les personnages de Tchekhov sont plein de contradictions, parfois en plein bonheur, parfois en pleine tourmente. Mais ces acteurs russes semblent avoir un talent intuitif pour faire ressentir ces fluctuations avec d’authentiques expressions. » Charles Isherwood, The New-York Times

« Chacun des personnages, même secondaires, est sujet à une vraie recherche par le metteur en scène et à une découverte pour le spectateur. Dodine nous montre un panorama magique de l’univers de Tchekhov : cet univers est plein de désir et de désespoir, plein de réalisme dans son acception la plus poétique. » Libero (Italie)

« Dodine est un maître lorsqu’il s’agit de diriger des comédiens : je n’ai jamais vu une meilleure Olga que celle jouée par Irina Tytchinina. Plutôt qu’à une habituelle professeure vieillotte, nous sommes confrontés à une superbe jeune femme qui, à cause de son arrogance intellectuelle, a raté la chance de se marier. Il y a aussi une complexité étonnante du côté des personnages de Macha et d’Irina, qui laissent deviner le désespoir des femmes conscientes de s’être mariées ou engagées avec le mauvais homme. Le théâtre russe à son plus haut niveau.  » Michael Billington, The Guardian

« La mise en scène de Dodine est tragique et cruelle mais en même temps éclairée d’une lumière intérieure. Et cette lumière est celle de l’Art, le vrai. Quand une tragédie est faite avec une telle perfection artistique, vous ne pouvez pas ressentir le désespoir de la pièce. Cette lumière brille tellement qu’elle surpasse le désespoir. » Newspaper Moscow Culture

« Dodine a créé un miracle. La compagnie du Maly Drama Theatre déborde de vie, de réflexions, d’art inspiré de l’univers de Tchekhov. Ce théâtre a mûri au cours des quinze dernières années. Et aujourd’hui, comme un orchestre arrivé à maturité, à l’excellence menée par un génie, cette compagnie est capable de jouer les pièces musicales les plus complexes. Derrière le texte très connu des Trois Soeurs, on découvre la poignante et magistrale analyse par Dodine de la vie humaine, telle qu’elle est. » Newspaper Novaya Gazeta

« Avec Les Trois Soeurs, Dodine répond enfin à la question à laquelle public et critiques n’osaient répondre. De nos jours, est-il possible de mettre en scène une pièce de Tchekhov, qui serait à la fois moderne, intégrant un point de vue d’aujourd’hui, et qui serait aussi fondée sur les valeurs du théâtre psychologique russe traditionnel – basé autant sur le texte que l’incroyable capacité des comédiens à incarner leurs personnages avec une virtuosité intégrant de nouveaux sens à leurs personnages d’hier. Le travail de Dodine est terriblement et tragiquement moderne. Pas une minute de faux espoir, pas une once de sentimentalisme. L’excellente leçon que Dodine nous donne est celle que l’Art vous fait oublier que nous sommes de simples mortels. Pour chacun des personnages, Dodine a trouvé quelque chose de frais, nouveau et humain. Et laisse deviner quelque chose de très important autour de l’identité des Russes. Il a saisi ce mystérieux et terrifiant mélange d’empathie et d’indifférence, de compassion et d’aveuglement, d’amour de la vie et d’évasion, le mélange inhérent à chacun des personnages de Tchekhov. » Newspaper Kommersant

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