Les Joies du devoir

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Cartoucherie - Théâtre du Soleil , Paris

Du 15 au 26 mai 2019
Durée : 1h50

CONTEMPORAIN

Dans une prison pour jeunes délinquants, un jeune homme est envoyé en cellule d'isolement, puni pour avoir rendu copie blanche à une rédaction sur le thème des « Joies du devoir ». Prenant la plume, il remonte le fil de ses souvenirs d'enfance pendant la guerre.
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Spectacle complet

 

Les Joies du devoir

De

Siegfried Lenz

Adaptation

Ismaël Ruggiero

Mise en scène

Sarah Oppenheim

Avec

Maxime Lévêque

,

Fany Mary

,

Rodolphe Poulain

,

Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre

  • D'après La leçon d'Allemand de Siegfried Lenz

Dans une prison pour jeunes délinquants, un jeune homme est envoyé en cellule d'isolement, puni pour avoir rendu copie blanche à une rédaction sur le thème des « Joies du devoir ». Prenant la plume, il remonte le fil de ses souvenirs d'enfance pendant la guerre.

Dix ans plus tôt, dans un village, un artiste, personnage inspiré d'Emil Nolde, est interdit de peindre et se met à créer en cachette un cycle de « peintures invisibles ».

  • Note d'intention

Enfermé dans une prison pour jeunes délinquants pour un crime qui nous est inconnu, Siggi est puni pour avoir rendu page blanche à une rédaction sur « Les joies du devoir ». En cellule d’isolement le temps de sa punition, il se met soudain à écrire sans relâche, et laisse revenir à lui le flot de ses souvenirs d’enfance. Nous sommes en 1943 et le père de Siggi, policier d’un petit village, est chargé d’apporter à son ami d’enfance le peintre Max Nansen une lettre venue de Berlin lui interdisant de peindre. Nansen, inspiré de la figure d’Emil Nolde, se lance alors dans un cycle de « peintures invisibles », et ce malgré la surveillance impitoyable du policier. Pendant ce temps, le jeune Siggi, en opposition de plus en plus franche à son père, tente de soustraire les peintures à la destruction...

Avec Les joies du devoir, je souhaite aborder le thème des « résistances intimes », à travers les parcours croisés d’un adolescent et d’un homme mûr défendant chacun à leur manière leur intégrité sans céder aux ordres, à la censure, aux normes en vigueur.

Siggi et le peintre ne sont pas des résistants anti-nazis. Ce n’est pas par choix idéologique mais par fidélité à ce qui les constitue, qu’ils font acte de résistance en s’opposant à l’absurdité et à la violence du régime. Tandis que le policier du village, figure de l’exécutant aveugle, confond « devoir » et « obéissance » jusqu’à en devenir bourreau, le peintre et Siggi, eux, tiennent obstinément leur ligne de conduite individuelle.

Les joies du devoir soulève la question de la place et des choix de l’individu dans la société, de l’éthique personnelle face aux lois politiques et sociales, de l’autonomie face à la norme. Y est aussi mis en lumière le conflit entre les générations, et notamment la difficulté des jeunes nés en Allemagne pendant ou après la guerre à hériter du lourd passé de leurs parents : alors, comment se désengluer du passé ?

  • Une partition chorale et cinématographique

La prise de parole de Siggi, sa sortie du silence, constituent le fil rouge des Joies du devoir, véritable plongée dans la mémoire par l’écriture. Creusant dans ses souvenirs qui se confondent et s’entremêlent, l’adolescent remonte des profondeurs les morceaux du puzzle de son histoire : bribes de formes et de couleurs, de sons et de sensations, mêlant réalité et fantasmes, souvenirs et hallucinations. Le geste d’écriture est ici très proche de celui du peintre, et écriture et peinture iront parfois jusqu’à se confondre.

La parole de Siggi est active : pour tenter de faire ressurgir des pans effacés de la mémoire, elle cherche, bégaie, bloque, repart, accélère, déborde ou explose, s’apaise. Et dans un présent que vient envahir le passé, elle fait naître des figures et des voix oubliées, par bribes parfois, ou par flots. Emportés dans le rythme de l’effort de dire et d’écrire de Siggi, c’est dans le tempo de ses pensées qu’apparaissent ses souvenirs elliptiques, fragments d’un récit mystérieux et morcelé à reconstituer. L’histoire reste trouée, et seule la scène finale du spectacle vient apporter les éléments de réponse manquants et nous raconter ce qui s’est « vraiment » passé.

Nous éloignant de la vaste épopée et de l’écriture ample de Siegfried Lenz, nous avons travaillé à une écriture acérée, dessinant des personnages « de peu de mots », souvent peu enclins à la parole. Nous avons aussi privilégié une structure elliptique, tenant du montage quasi-cinématographique, afin de plonger le spectateur in media res dans des bribes de souvenirs. Enfin, en mêlant les différents temps de la mémoire venant se télescoper dans la tête de Siggi, nous avons élaboré une partition chorale faisant se croiser des voix et des figures, qui émergent tels des fantômes dans le présent de sa prison.

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