Le songe d'une nuit d'été

du 31 janvier au 2 février 2008

Le songe d'une nuit d'été

Une soirée masquée passablement arrosée touche à sa fin. Et voilà qu’un des convives entame un strip-tease, comme le signal d’une plongée dans le chaos, la confusion, la perte d’identité. Comme si les invités de cette fête un peu spéciale ne pensaient plus qu’à une chose, s’oublier, devenir quelqu’un d’autre, transgresser les limites. Un Songe plus qu’explosif, fruit de la collaboration du directeur de la Schaubühne de Berlin, Thomas Ostermeier, et de la chorégraphe Constanza Macras. Spectacle en allemand, surtitré en français.

Spectacle en allemand, surtitré en français.

  • Fêtes et rites de la confusion

Cette pièce de nuit, où dans l’obscurité d’une forêt propice les personnages se perdent comme livrés aux caprices et fantaisies d’une divinité malicieuse, relève de la pure poésie. Ce n’est pas franchement sur ce terrain que l’on attendait un metteur en scène comme Thomas Ostermeier dont les spectacles nous ont plutôt habitués jusqu’ici au naturalisme parfois le plus extrême. Ce serait pourtant mal connaître ce jeune et brillant directeur du théâtre de la Schaubühne à Berlin.

Celui-ci en effet n’aime rien tant que changer son fusil d’épaule et déteste plus que tout se cantonner dans un genre. Renommé pour ses mises en scène d’auteurs contemporains tels que Marius von Mayenburg, Jon Fosse, Mark Ravenhill ou Sarah Kane, Thomas Ostermeier a su aussi aborder avec bonheur des dramaturges aussi différents que Bertolt Brecht, Anton Tchekhov ou Henrik Ibsen. Cependant, on ne l’imaginait pas s’inviter avec la même aisance, le même brio, au pays des fées, dans ce royaume de fantaisie insaisissable et chatoyant né de l’imagination charmante et tellement drôle de Shakespeare. Et pourtant, avec la complicité de la chorégraphe Constanza Macras, le metteur en scène donne une adaptation des plus enjouées de ce texte.

C’est une version moderne, actualisée du Songe qu’ils nous font découvrir en transposant la pièce dans un monde tout à fait délirant mais en même temps pas si éloigné du nôtre. Tout commence au moment où une soirée masquée passablement arrosée, sans parler d’autres substances, touche à sa fin. L’ambiance est retombée, les musiciens de l’orchestre se préparent à rentrer chez eux. Et voilà qu’un des convives entame un strip-tease, ce qui est comme le signal d’une plongée dans le chaos, la confusion, la perte d’identité. Comme si les invités de cette fête un peu spéciale ne pensaient plus désormais qu’à une chose, s’oublier, devenir quelqu’un d’autre, transgresser les limites.

Hugues Le Tanneur

Texte en allemand de Frank Günther.

  • Cet animal en nous

Etroite collaboration du directeur de la Schaubühne de Berlin, Thomas Ostermeier, et de la chorégraphe Constanza Macras, pour un Songe d’une nuit d’été plus qu’explosif.

Ostermeier, qui a abandonné pour cette production son néoréalisme critique, cherche, avec Macras, l’animal qui est en nous, le point G de la pièce, loin du monde poétique et pittoresque de Shakespeare. Celui-ci est pratiquement laissé pour compte, comme le sont les caractéristiques de la plupart des personnages. Les onze comédiens et danseurs jonglent avec les rôles et les sexes. Perte totale de contrôle. Même le programme de salle ne donne pas le who’s who. Une course aux hormones. Une débandade.

Jan Pappelbaum a construit sur scène une boîte de nuit, une espèce de lounge seventies rétro avec véranda et balustrade, escalier sur le côté et quantité de portes battantes. Deux canapés sont à disposition pour s’y vautrer. Accueilli par les comédiens à grand renfort de baisers et de coups, le public doit passer sur scène pour s’asseoir dans la salle. L’atmosphère est fantastique, chargée d’érotisme. Un groupe en costard joue de la musique d’ambiance. La Schaubühne se déhanche. Le théâtre berlinois n’avait pas été d’aussi bonne humeur depuis longtemps.

Ce qui démarre comme une fête décontractée, avec striptease, disco russe et pénis parlant, devient bientôt une danse de Saint Guy, aussi impudemment anarchiste qu’une nuit sabbatique sur le mont Chauve. Une sorcière donne des gifles à coups de chaussure, des comédiens salivent sous leurs masques d’animaux, des corps s’envolent, tremblants et convulsés, se déchirant et se tripotant les uns les autres. Ostermeier et Macras nous montrent des images chocs de luxure et de frustration. Les comédiens se jettent dans ce théâtre corporel expressif comme s’ils se libéraient, ne se dérobant jamais derrière les danseurs professionnels qui baragouinent dans leur langue maternelle. Bettina Hoppe, nouvelle venue, dégage autant d’énergie qu’un boxeur dans le dernier round, frappant avec la même détermination qu’Hermia ou Titania. Lars Eidinger endosse le rôle d’un satyre excentrique en constante métamorphose, tandis que Robert Breyer fait de Puck un torero fuyant qui aime se déguiser en Maya l’abeille.

La musique de cette gymnastique hormonale – Haendel, hard-rock et électro-pop – a été arrangée par le New-Yorkais Chris Dahlgren, bassiste de jazz, accompagné par Maurice de Martin et Alex Nowitz. Ce dernier, devenu chanteur hermaphrodite, intègre habilement à la mise en scène sa formidable voix de contre-ténor et son anglais shakespearien irréprochable.

Christine Dössel, Süddeutsche Zeitung – 6 juillet 2006 (extraits)

Sélection d’avis du public

Le songe d'une nuit d'été Le 3 octobre 2007 à 09h17

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Spectacle terminé depuis le samedi 2 février 2008

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