Le bruit des arbres qui tombent

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Théâtre de la Bastille , Paris

Du 28 septembre au 14 octobre 2017
Durée : 1h30

CONTEMPORAIN

Nathalie Béasse revient cette saison avec une nouvelle création, dans la lignée esthétique de Happy Child, entre théâtre, danse et arts plastiques. Plus que les mots, ce sont les corps, les images et les sensations qui prédominent dans ce spectacle visuel, sonore et incontestablement poétique.
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Le bruit des arbres qui tombent

De

Nathalie Béasse

Mise en scène

Nathalie Béasse

Avec

Estelle Delcambre

,

Karim Fatihi

,

Erik Gerken

,

Clément Goupille

  • De la suite dans les idées

Dans Roses (janvier 2015), elle s'était lancé le défi d'adapter Richard III de William Shakespeare. Nathalie Béasse revient cette saison avec une nouvelle création, dans la lignée esthétique de Happy Child, entre théâtre, danse et arts plastiques.

Plus que les mots, ce sont les corps, les images et les sensations qui prédominent dans ce spectacle visuel, sonore et incontestablement poétique. Nathalie Béasse y explore les failles et les difficultés d'exister d'une humanité en prise avec la Nature. L'arbre qui tombe, c'est un homme empêché qui chute, mais qui, lui, peut possiblement se relever. Par l'intermédiaire de focus sur quatre individus se dessinent des instantanés de vie qui composent sur scène de véritables tableaux vivants, drôles, organiques et sensitifs. Pour le spectateur, c'est une palette d'émotions qui s'ouvre, allant du rire à la contemplation.

Maxime Bodin

  • Note d'intention

Pour l’instant on va se raconter une histoire avec des sortes de gros plans sur quatre individus. Des individus d’une même famille. Je vais continuer autour du thème de la fratrie, du groupe, de la meute. Je vais aborder l’être humain avec sa difficulté à être, à exprimer des choses. Son empêchement, son rapport au groupe et sa solitude mais toujours de manière physique et parfois burlesque. Au départ le plateau est nu. Je cherche des fulgurances comme si les acteurs sortaient du plateau, comme s’ils étaient des êtres qui habitaient la matière même du théâtre.

Ces acteurs deviennent des personnages, métaphoriques, des allégories. Les choses se fabriquent dans l’instant présent, très intense. Je travaille de manière ludique, joyeuse même si ça parle de choses tragiques. On est toujours dans le plaisir de jouer comme des enfants et d’inventer avec une bûche qui tombe, un son, une musique, la chair. Nous cherchons toujours à être dans un rapport impulsif et organique aux éléments qui sont mis en place sur le plateau. Le vert toujours est assez important, le marron. La couleur, les matières sont tout de suite là.

Pour Happy child c’était le lainage, il fallait que ça soit blanc beige. Chaque élément m’évoque des souvenirs, que ce soit le costume, le décor, un tissu. Je ne peux pas travailler avec les acteurs en survêtement, c’est impossible. À la fin de Roses, le grand drap de tissu que le groupe tient ensemble, on va le retrouver au début du Bruit des arbres qui tombent mais d’une manière et d’une matière différente. La première image sera une grande bâche en mouvement. L’eau, la terre seront présentes. J’essaye d’amener des éléments symboliques de la nature sur le plateau qui sont comme des fragments, des morceaux de paysages.

Mon texte n’est pas que dans les mots, il est aussi dans la matière. Ce n’est pas un concept, ça vient parce que c’est comme cela que j’ai envie de parler de la relation de l’être humain à la nature.La création sonore sera aussi très importante, très puissante dans cette pièce. Un univers musical très cinématographique composé de balades, de nappes atmosphériques est déjà posé.

  • Les premières répétitions en extérieur

Ce sont des sources d’inspiration, j’ai besoin d’être dans du réel, dans ce rapport au paysage qui amène une histoire parce que ça aussi c’est mon texte qui n’est ni verbal ni oral. Mon texte c’est le paysage, les gens, la musique, la lumière. Ce ne sont que des choses qui résonnent. Au début du travail la boîte noire me fait un petit peu peur et je vais être plus inspirée, plus dans un rapport cinématographique et pictural, si je suis directement plongée dans un décor naturel.

Cela permet aussi d’imprégner les acteurs d’un environnement pour qu’ils aient ça en mémoire quand on travaille en intérieur. Cela nous construit un imaginaire et une mémoire commune. Pour le bruit des arbres qui tombent, on a travaillé beaucoup autour de la Loire, la plage, la vallée, la roche, le sable, la terre. Tout mon travail de répétition est une histoire commune, qu’il soit d’aller chercher des costumes à Rural Service, un accessoire (une bêche ou une pelle). Tout ça, le quotidien, raconte des choses. Tout est source d’inspiration. On ne se coupe pas du réel.

  • Le bruit des arbres qui tombent

Dans le titre j’avais envie que ce soit une phrase, pas un mot. J’avais envie de poésie dans le titre. J’avais envie qu’on comprenne ce titre et qu’il soit très évocateur. Les poèmes des indiens parlent de la nature toujours en lien avec l’humain. il y a un imaginaire visuel et sonore qui me parle également. Je trouvais aussi que c’était bien d’écrire le bruit, le mot bruit. On a l’impression d’entendre les branches qui craquent, d’entendre ce qui s’écrit. Quand je vois un arbre, je vois un homme. Comme il y a beaucoup de chutes dans mes spectacles, je voyais des hommes qui tombaient. Mais ce sera aussi au public de se raconter son histoire...

Nathalie Béasse

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