Le Roi Arthus

Paris 12e
du 16 mai au 14 juin 2015
3h34 avec 2 entractes

Le Roi Arthus

Le chef-d'oeuvre de Chausson arrive enfin à Paris, avec Roberto Alagna (en alternance), Sophie Koch et Thomas Hampson.
L'unique opéra de Chausson arrive plus d'un siècle après sa composition à Paris. Aux côtés de Sophie Koch, Roberto Alagna (en alternance), et Thomas Hampson, une distribution de premier ordre est accompagnée par l'ochestre dirigé avec superbe par Philippe Jordan, pour son entrée au répertoire.

En langue française.

  • Drame lyrique en trois actes et six tableaux (1903)

Enfin Le Roi Arthus à l’Opéra de Paris ! Le rare chef-d’oeuvre de Chausson lui était destiné et il y arrive (bien) plus d’un siècle après sa composition et sa création posthume, en 1903 au Théâtre de La Monnaie à Bruxelles.

Élève de Massenet et disciple de Franck, Chausson travailla sans relâche à son unique opéra pendant sept ans, de 1888 à 1894. Comme tous les compositeurs de sa génération, Wagner était pour lui une passion et une terreur. « Il faut nous déwagnériser », ne cessait-il de se répéter, tout en composant un drame typiquement post-wagnérien, mais où souffle son âme si individuelle, celle du musicien mélancolique et luxuriant du Poème de l’amour et de la mer. Chausson était conscient de ce paradoxe : « Il y a surtout cet affreux Wagner qui me bouche toutes les voies. Je me fais l’effet d’une fourmi qui rencontre une grosse pierre glissante sur son chemin. Il faut faire mille détours avant de trouver un passage. J’en suis là. Je cherche. J’ai même de la patience et quelque peu d’espérance. »

Chausson a trouvé et il donne aux amours funestes de Lancelot et de Genièvre, au désespoir et à la grandeur d’Arthus les couleurs rêvées d’un Moyen Âge hérité du romantisme et revu par le symbolisme. Aux côtés de Sophie Koch et Roberto Alagna, Thomas Hampson revient à l’Opéra de Paris pour interpréter le majestueux roi Arthus et Philippe Jordan dirige cette fresque grandiose pour son entrée au répertoire.

Le rôle de Lancelot est tenu en alternance par Roberto Alagna et Zoran Todorovitch les 8, 11 et 14 juin.
Avec l'Orchestre et le Choeur de l'Opéra national de Paris.

  • La presse

« C’est d’autant plus regrettable que celle-ci, pour son entrée au répertoire de l’Opéra de Paris, est admirablement servie. Par Philippe Jordan et ses musiciens, en premier lieu. Investis et nuancés, ils triomphent en soulignant tous les sortilèges que la scène se refuse à montrer (...) La distribution n’est pas en reste. Les chœurs, très sollicités, en sont une partie intégrante, et pas la moins glorieuse. Il nous faudrait également faire, dans l’idéal, un paragraphe sur chaque second rôle, puisqu’aucun ne démérite, et que tout le monde chante un français méticuleux. » Clément Taillia, Forum Opéra, 17 mai 2015

« C’est du côté musical qu’on se nourrit. Philippe Jordan rassemble les énergies et libère les tensions avec éclat. (...) Vocalement, le trio principal flamboie. (...) Une mention à François Lis, dont l’Allan rayonnant complète la distribution, soutenue par un chœur et un orchestre galvanisés. » Sylvie Bonier, Le Temps, 18 mai 2015

« Si bonheur musical il y eut, c’est peu dire de la déconvenue scénique. (...) Philippe Jordan a tiré l’opéra vers ses ascendances françaises, distillant des atmosphères brillantes, diffuses ou aériennes, un art subtil de l’articulation, un phrasé clair et mouvant, une netteté de trait salvatrice dans la finesse comme dans l’exubérance. Des chœurs aux solistes, les musiciens ont soutenu la partition avec une flamme admirable. » Marie-Aude Roux, Le Monde, 19 mai 2015

  • La création

Chausson travailla sans relâche à son unique opéra pendant plus de sept ans, de 1887 à 1895. Comme tous les compositeurs de sa génération, Wagner était pour lui une passion et une terreur. « Il faut nous déwagnériser », ne cessait-il de répéter, tout en composant un drame typiquement post-wagnérien, mais où souffle son âme si individuelle, celle du musicien mélancolique et luxuriant du Poème de l’amour et de la mer. Chausson était conscient de ce paradoxe : « Il y a surtout cet affreux Wagner qui me bouche toutes les voies. Je me fais l’effet d’une fourmi qui rencontre une grosse pierre glissante sur son chemin. Il faut faire mille détours avant de trouver un passage. J’en suis là. Je cherche. J’ai même de la patience et quelque peu d’espérance ». Chausson a trouvé et il donne aux amours funestes de Lancelot et de Genièvre, au désespoir et à la grandeur d’Arthus les couleurs rêvées d’un Moyen Âge hérité du romantisme et revu par le symbolisme. Malgré le parallélisme du sujet – Lancelot et Genièvre semblent de proches parents de Tristan et Isolde et Arthus évoque irrésistiblement la figure du Roi Marke – et même si quelques réminiscences musicales s’y rattachent, Le Roi Arthus est tout sauf une copie de Tristan et Isolde. L’influence wagnérienne est certes présente (par la densité symphonique de la partition et l’emploi des thèmes conducteurs, par exemple) mais Chausson, pour son premier et unique opéra, manifeste une originalité toute personnelle dans la transparence impressionniste de l’orchestration et le raffinement d’un langage harmonique se rapportant davantage à César Franck qu’à Wagner.

Le Roi Arthus ne sera créé que quatre ans après la mort du compositeur, le 30 novembre 1903, au Théâtre Royal de La Monnaie de Bruxelles. L’opéra sera très peu joué par la suite et n’a jamais été représenté intégralement à l’Opéra de Paris. Le troisième acte a été donné en 1916 au Palais Garnier sous la direction de Vincent d’Indy. Il faudra ensuite attendre 1981 pour que le public parisien découvre l’œuvre dans son intégralité en concert à Radio-France. Quelques productions scéniques se sont succédé entre 1996 et 2014 : Opéra de Dortmund / Opéra de Montpellier (mise en scène de John Dew), Festival de Bregenz (Günter Krämer, 1996), La Monnaie de Bruxelles (Matthew Jocelyn, 2003), Opéra du Rhin à Strasbourg (Keith Warner, 2014).

  • Argument

ACTE I
Premier tableau
En présence de la Cour, le roi Arthus fait l'éloge des chevaliers de la Table Ronde qui ont mis les Saxons en déroute ; il célèbre surtout les mérites de Lancelot, ce qui attise la jalousie de Mordred, le neveu d'Arthus. Lancelot convient d'un rendez-vous avec Genièvre, l'épouse du roi Arthus, ce qui n’échappe pas à Mordred.

Deuxième tableau
Lyonnel, l'écuyer de Lancelot, veille sur la rencontre des amants, tout en déplorant l'amour de son maître pour Genièvre, qui trahit la confiance du roi. Mais les amants oublient le monde et ses considérations morales. Mordred surprend le couple. Il est terrassé par Lancelot, qui le laisse pour mort.

ACTE II
Premier tableau
Le chant d'un laboureur, qui célèbre les exploits du roi Arthus, exacerbe davantage encore les remords de Lancelot. Genièvre, escortée par Lyonnel, lui apprend que Mordred est en vie et les a dénoncés, mais qu’Arthus ne lui prête pas foi et veut entendre Lancelot. Lancelot doit opter entre une vie de mensonge à la cour ou la fuite. Il choisit de s’enfuir avec Genièvre.

Deuxième tableau
Arthus voit son œuvre menacée de toutes parts. Il refuse de croire à la trahison de Lancelot. Il invoque la mémoire de Merlin, son compagnon des premières heures. Le fantôme de celui-ci lui apparaît entre les branches d’un pommier et lui annonce la fin des Chevaliers de la Table Ronde et sa mort prochaine. Il disparaît lorsqu'Arthus lui demande si Lancelot et Genièvre sont coupables. Arthus appelle ses chevaliers ; ceux-ci lui rapportent que la reine est introuvable. Arthus, qui comprend que Genièvre est partie avec Lancelot, appelle à la poursuite du ravisseur.

ACTE III
Premier tableau
Genièvre croit en la victoire de Lancelot, mais celui-ci refuse de se battre contre Arthus. Le devoir a pris chez lui le pas sur l’amour. Désarmé, il se jette dans la mêlée, au-devant d'une mort certaine. Genièvre se suicide.

Deuxième tableau
Découvrant Lancelot mourant, Arthus, malgré son accablement devant la trahison de ceux qu’il aimait, pardonne au couple félon. Lancelot rend l’âme en prédisant à Arthus que sa pensée sera éternelle. Aspirant à la mort, Arthus jette ses armes à la mer et monte dans une nacelle, tandis que le soleil sombre dans la mer. Un cœur céleste l’appelle à accéder à un au-delà mystique où il dormira dans la paix éternelle avant de renaître.

Sélection d’avis du public

Le 25 novembre 2014 à 13h41

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Spectacle terminé depuis le dimanche 14 juin 2015

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