Le Retour

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Odéon - Théâtre de l'Europe , Paris

Du 18 octobre au 23 décembre 2012
Durée : 2 heures environ

CONTEMPORAIN

,

Coups de coeur

Pour sa première mise en scène comme directeur de l'Odéon, Luc Bondy choisit Le Retour, terrible portrait de famille, écrit par le célèbre dramaturge anglais Harold Pinter. Malgré sa noirceur, la pièce fascine tant les acteurs excellent à faire surgir les nœuds et enjeux de ce retour. Bruno Ganz et Micha Lescot y sont magnifiques !
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Spectacle terminé depuis le 23 décembre 2012

 

Le Retour

De

Harold Pinter

Mise en scène

Luc Bondy

Avec

Bruno Ganz

,

Louis Garrel

,

Pascal Greggory

,

Jérôme Kircher

,

Micha Lescot

,

Emmanuelle Seigner

  • « une île de la solitude »

Il suffit d’entrer chez Pinter pour passer dans un autre monde au verso de nous-mêmes, du côté de notre part secrète, en un point où se rejoignent le rêve et l’insomnie. Voyez Le Retour, qui s’ouvre sur le silence d’un individu lisant le journal. En quelques scènes, ce trompe-l’œil va devenir une toile de Lucian Freud ou de Francis Bacon – « une île de la solitude », dit Luc Bondy – et cela uniquement par le rapport des corps, le tranchant des paroles, la charge d’une violence comprimée à l’extrême.

A une telle partition, il faut des interprètes qui sachent tenir les mille nuances d’un registre qui s’étend de la vague allusion à la menace la plus précise, du sous-entendu presque anodin à l’attaque frontale. Pour aborder la subtile musique de chambre pintérienne, Bondy en a commandé une version nouvelle à un traducteur qui parle couramment tous les dialectes de la tension : Philippe Djian.

Traduction de Philippe Djian

  • « Juste un contact »

RUTH. Nous sommes mariés.

LENNY. En voyage à travers l'Europe, hein ? Vous en avez vu beaucoup ?

RUTH. Nous arrivons d'Italie.

LENNY. Oh, vous êtes tout d'abord allés en Italie, je vois... Et ensuite, il vous a amenée jusqu'ici pour vous présenter la famille, c'est ça ? Eh bien, le vieux sera content de vous voir, je vous le garantis.

RUTH. Bon.

LENNY. Vous avez dit quoi ?

RUTH. Bon.

Pause

LENNY. Où êtes-vous allés, en Italie ?

RUTH. A Venise.

LENNY. Pas cette chère vieille Venise ? Hein ? C'est drôle. Vous savez, j'ai toujours eu l'impression que si j'avais été soldat durant la dernière guerre – mettons durant la Campagne d'Italie – je me serais sûrement retrouvé à Venise. J'ai toujours eu ce sentiment. Le problème était que j'étais trop jeune pour servir, vous voyez. Je n'étais qu'un enfant, j'étais trop petit, sinon j'ai le très net sentiment que je serais sans doute passé par Venise. Oui, j'y serais presque certainement passé avec mon bataillon. Vous permettez que je vous tienne la main ?

RUTH. Pourquoi ?

LENNY. Juste un contact.

Il se lève et se dirige vers elle.

Juste une chatouille.

RUTH. Pourquoi ?

Il baisse les yeux sur elle.

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