La Révolte

Bouffes du Nord , Paris

Du 02 au 25 avril 2015
Durée : 1h20

CLASSIQUE

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Coups de coeur

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Tête d'affiche

Marc Paquien met en scène Anouk Grinberg dans ce drame poétique de Villiers de L’Isle-Adam, qui dépasse les limites du simple drame ou de la pièce féministe. Dans cette histoire sidérante, une femme décide à minuit de quitter son mari, pour revenir quatre heures plus tard, quand elle comprend qu’elle n’aura pas la force de réaliser son rêve : vivre.
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Spectacle terminé depuis le 25 avril 2015

 

Photos & vidéos

La Révolte

De

Auguste de Villiers de l'Isle-Adam

Mise en scène

Marc Paquien

Avec

Hervé Briaux

,

Anouk Grinberg

  • Manifeste poétique

« Je n’écris que pour les personnes atteintes d’âme. » Voilà ce qu’affirme le jeune auteur de trente ans qui se lance, en 1870, dans un véritable manifeste poétique.

Avec La Révolte, Villiers de L’Isle-Adam écrit une pièce d’avant-garde. Il ouvre la porte à un théâtre nouveau, dans lequel des héroïnes affirment leurs exigences de liberté et d’affranchissement.

La Révolte dépasse les limites du simple drame ou de la pièce féministe. Il s’agit d’un brasier incandescent. Dans cette histoire scandaleuse, sidérante, une femme décide à minuit de quitter son mari, pour revenir quatre heures plus tard, quand elle comprend qu’elle n’aura pas la force de réaliser son rêve : vivre.

Faire entendre, aujourd’hui, la voix de Villiers de L’Isle-Adam, c’est tendre un miroir vers notre propre captivité. C’est s’adresser à tous ceux qui cherchent à vivre leur monde intérieur, à quitter le monde des apparences pour celui de l’être.

Marc Paquien

  • La presse

« Le metteur en scène ne s’est pas contenté de choisir un duo de comédiens virtuoses – Anouk Grinberg et Hervé Briaux –, il leur a imposé un « régime sec »  : un jeu âpre, précis qui jamais ne sombre dans le pathos ou l’excès. Anouk Grinberg alterne la retenue et la détresse avec une rare élégance. Dans ses scènes les plus tragiques, elle semble incarner toute la poésie et la beauté du monde. » Philippe Chevilley, Les Echos, 10 avril 2015

« C’est un texte fort, d’une écriture magnifique, acérée, qui porte haut le cri de la révolte. (...) tout est extrêmement soigné et tenu dans la mise en scène tendue de Marc Paquien. Le texte y trouve un écho profond. » Annie Chénieux, le JDD, 15 avril 2015

  • Note d'intention

Il y a plusieurs mystères dans cette pièce.

Tout d’abord, celui d’un homme qui choisit de donner la parole à une femme. Puis, comment cette femme exaltée se met à incarner à elle seule l’aspiration à un monde poétique contre celui des billets de banque. Un être humain doué de vie intérieure serait donc forcément de sexe féminin en cette fin du 19ème siècle ? Au point qu’un poète comme Villiers de l’Isle-Adam trouve en elle son meilleur porte-parole, et pourquoi pas son double...

Le long fil de parole dévidé par Elisabeth est un plaidoyer pour la vie de l’esprit contre la vie matérielle et même contre la vie sociale. Félix est un capitaliste, concret, qui fait des affaires. Il n’aime pas l’originalité, il n’aime ni les montagnes trop hautes ni les vallées trop creuses. Sa vie est moyenne, sans aspérités et il est heureux ainsi. Il n’a pas d’état d’âme, n’est pas sentimental. Toute son intelligence il l’applique à son organisation de la vie : il travaille, travaille.

Face à lui, une femme plus jeune, qui est née poète, sensible. Mariée à un banquier par ses parents qui ne la comprennent pas non plus, elle aurait aimé employer ses forces à aimer et être aimée de son mari. Mais elle ne reçoit qu’abandon et condescendance. Cette Elisabeth est une petite soeur de la Molly Bloom de Joyce (interprétée par Anouk Grinberg ici même aux Bouffes du Nord). L’une et l’autre de ces femmes ont placé trop d’espoir dans l’amour et avaient une idée beaucoup trop romantique du mariage : « Je ne vous souhaite pas de vous douter jamais de ce que vous avez perdu ! », lance froidement Elisabeth à Félix.

L’amour des femmes est-il donc toujours trop grand pour les hommes ? Ayant payé « sa dette sociale » comme elle le dit, Elisabeth aurait voulu partir sans explication. Lorsque Félix incapable d’imagination tente de réduire son départ à un simple adultère, elle entreprend alors de parler et comme dans un phénomène analytique, entre en elle-même pour dire et accoucher d’une parole à voix haute. Ainsi, elle tente une dernière fois de faire accéder Félix à son intériorité mais en vain. Il ne comprend rien, même pas le sens du mot rêver, à quoi Elisabeth répond : « Vous n’avez que le néant à m’offrir à la place du rêve ». Ce texte est un ravage. Il contient la violence des paroles vraies – Elisabeth ne se nomme-t-elle pas « celle qui ne veut pas mentir » ? – et à la fin de son étrange monologue, on aurait aimé en rester là : à un départ sans regrets.

C’est là qu’intervient un nouveau mystère : si Villiers de l’Isle-Adam avait été une femme, aurait-il, aurait-elle écrit le retour d’Elisabeth ? « On n’efface pas », dit Elisabeth. Alors, qui est cette nouvelle femme « atteinte d’un ennui éternel » qui revient s’asseoir, quelques heures plus tard, à la table des comptes ? Lorsqu’elle frissonnait dans la nuit, accablée par le sentiment de solitude et d’exil, on aurait aimé que cette Elisabeth entende une voix, une seule : celle de l’écrivain Colette, qui écrira plus tard, beaucoup plus tard, au XXème siècle : « Renaître n’a jamais été au-dessus de mes forces ». En 1870, il était encore trop tôt pour Elisabeth...

Blandine Masson (collaboration artistique)

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Avis du public : La Révolte

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Sylvie G. (29 avis) 23 avril 2015

la révolte texte interessant et bien interpréta mais mise en scéne peu inventive. Le personnage d' Anouk Grimberg est trop dans la retenue, où est la révolte? interiorisée?
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Philippe D. (1 avis) 18 avril 2015

Dans un hall de gare Incompatibilité entre la salle (gigantesque, froide, perdue, immense) et le drame intimiste qui se joue. Anouk Grimbert n'a pas la voix pour emplir les M3 du théâtre des Bouffes. On perd 3 mots sur 4. Dommage, dommage
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Ronald Z. (20 avis) 12 avril 2015

Belle pièce Une découverte, magnifiquement interprétée par Anouk Grimbergen.
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