
Le dernier opéra de Mozart brille par son humanité dans une obscure clarté. La mise en scène épurée de Willy Decker offre une réflexion sur le pouvoir où le pardon et la réconciliation s’exposent dans toute leur force et leur fragilité.
Spectacle en italien, surtitré en français et en anglais.
Le titre de La Clémence de Titus l’annonce d’emblée : l’empereur de Rome, bien que trahi par son ami qui a tenté de le tuer pour l’amour d’une femme, saura pardonner aux conjurés. Ce thème de la clémence est un classique pour les opéras, surtout quand ils sont issus d’une commande royale.
C’est précisément le cas de cette œuvre, composée en dix-huit jours seulement par Mozart pour Prague en 1791 à l’occasion du couronnement de Leopold II, en parallèle de La Flûte enchantée et du Requiem. Malgré un livret du poète Metastasio maintes fois utilisé par d’autres compositeurs, et une forme musicale – l’opera seria – déjà dépassée, la musique subtile et délicate de Mozart fait éclater la justesse des sentiments.
Dans la mise en scène stylisée de Willy Decker, un bloc de marbre au centre du plateau révèle peu à peu la face cachée de l’empereur : celle d’un homme seul et blessé.
Décors et costumes : John Macfarlane
Lumières : Hans Toelstede
Cheffe des Chœurs : Ching-Lien Wu
Distribution en alternance :
Tito Vespasiano : Pavol Breslik (du 24 nov. au 7 déc.) ou Matthew Polenzani (du 10 au 25 déc.)
Commande des États de Bohême pour le couronnement, à Prague, de l'empereur Léopold II, La Clémence de Titus a été composé en un temps record d'à peine trois semaines, sur un livret de Métastase (le plus célèbre librettiste du XVIIIe siècle), qui avait déjà servi à de nombreux musiciens (dont Hasse et Jommelli) et que Caterino Mazzolà, le poète de la Cour de Saxe, avait remis au goût du jour. Il appartient au genre seria, c’est-à-dire à un genre qui obligeait à de rigoureuses contraintes formelles (succession d'airs reliés par des récitatifs), auquel Mozart s’était beaucoup plié pendant sa jeunesse, mais qu'il avait lui-même fait éclater, en particulier dans Idomeneo.
Pour toutes ces raisons, La Clémence de Titus a été longtemps le moins aimé et le moins joué des opéras de maturité du compositeur. Il est vrai qu’après les audaces des Noces de Figaro et de Don Giovanni, l’œuvre peut paraître conventionnelle et rétrograde. Pourtant, Mozart y a mis une flamme et une humanité qui parviennent à faire revivre un genre éteint et il y a composé quelques-unes de ses plus belles pages, caractéristiques, par la sobriété et la transparence de leur instrumentation, de sa dernière période créatrice. La Clémence de Titus peut également être considéré, sur le plan politique, comme une réflexion sur le Pouvoir, où triomphe un thème cher au cœur du compositeur : celui du pardon. Lors de sa création, l’impératrice Marie-Louise aurait qualifié l’œuvre de « porcheria tedesca ! » (« cochonnerie allemande ! »).
Place de l'Opéra 75009 Paris
Réservation possible également au 01 40 13 84 65 pour les places non disponibles en ligne et/ou pour les choisir.
Accès en salle uniquement sur présentation du billet électronique que vous recevez par e-mail peu de temps après votre réservation.