L'Avare

Théâtre Dejazet , Paris

Du 02 octobre 2015 au 02 janvier 2016

COMEDIE & BOULEVARD

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CLASSIQUE

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Coups de coeur

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Comédie de moeurs

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Tête d'affiche

Jean-Louis Martinelli transpose à notre époque la comédie noire de Molière. Dans le rôle-titre le magistral Jacques Weber, entouré d'une troupe formidable. Une très belle réussite.
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Spectacle terminé depuis le 02 janvier 2016

 

Photos & vidéos

L'Avare

De

 Molière

Mise en scène

Jean-Louis Martinelli

Avec

Rémi Bichet

,

Christine Citti

,

Vincent Debost

,

Alban Guyon

,

Marion Harlez-Citti

,

Azize Kabouche

,

Paul Minthe

,

Sophie Rodrigues

,

Gilles Vajou

,

Jacques Verzier

,

Jacques Weber

« Donner est un mot pour qui il a tant d’aversion qu’il ne dit jamais : “Je vous donne”, mais : Je vous prête le bonjour”. »

L’Avare est le personnage principal de la pièce de Molière qui aurait pu s’intituler « La Maison d’Harpagon », car ce sont bien les effets de la pathologie de ce dernier sur la sphère familiale que la pièce met en jeu. On peut qualifier de sujet, l’homme qui a la conscience d’appartenir à une communauté. Harpagon se situe à l’opposé de cette définition et incarne la figure absolue de l’individualisme. Individualiste, dont la jouissance ne peut être liée au partage voire à la perte. C’est en ce sens que nous pouvons entendre le jugement de La Flèche visant Harpagon : « C’est l’humain le moins humain de tous les humains ».

L’argent ne sert plus. Il est placé, retenu, au secret. Ici, plus d’échanges, seule la possession compte, revêt le caractère de la valeur suprême, la place de Dieu. L’Avare n'est donc pas le procès de l’argent mais de son mésusage dès lors qu’il ne circule plus.

Harpagon accumule et amasse comme nous l’indique le mémoire (énumération surréaliste) que La Flèche lit à Cléanthe : il mène quasiment une activité de brocanteur et fait commerce de tout, mais chez lui rien ne se voit, tous ses biens sont placés à l’abri des regards, tout est au secret. Et, c’est bien la marque de sa pathologie. L’idée même que l’on sache qu’il pourrait avoir de l’argent l’angoisse et attise sa peur d être volé. Ainsi, il tient les coffres-forts comme de " franches amorces à voleurs " .

En ce sens il a à voir avec l’organisation des sociétés multinationales d’aujourd'hui où l’opacité, le secret sont la règle (montages complexes, paradis fiscaux...) afin de faire disparaître toute trace de l’existence de capitaux. C’est en ce sens que l’on peut d’ailleurs parler d’un texte classique : un texte qui peut, génération après génération, faire écho aux préoccupations du temps de sa représentation et nous questionner dans nos comportements fondamentaux.

Harpagon confond au plus au haut point l’être et l’avoir. Il n'existe que par ce qu'il possède et toute action doit lui rapporter. Il est ainsi soucieux de la dot que peut lui rapporter un mariage hypothétique pour lequel il engage une entremetteuse Frosine qu’il se gardera bien de rétribuer. D’un autre côté, il se réjouit que sa fille Élise puisse épouser Anselme sans avoir à apporter de dot... Il ne rétribue aucun service, n’offre pas le minimum à ses enfants, ne nourrit pas même ses chevaux... Ainsi, pour survivre dans cette maison, chacun en est réduit à la ruse, au cynisme, aux combines de toutes sortes.

Ce sont bien son désir de possession absolu (il convoite d'ailleurs la même jeune fille – Mariane - que son fils) et son adoration mystique de l’argent qui corrompent tous les rapports. Ayant perdu son argent, sa chère cassette enfouie aufond du jardin (paradis fiscal ?), Harpagon s’effondre. Dépossédé de ce qu’il a de plus cher, il est amputé, anéanti. Séparé de lui même il alternera mouvements de dépression et désirs de vengeance. Mais ce mouvement ne résistera pas au désir d’émancipation des plus jeunes et au désir de vengeance des entremetteurs (La Flèche et Frosine).

Enfin Anselme - l’autre père - vient apporter en cette maison des valeurs diamétralement opposées à celles de l’Avare : la générosité, la compréhension et la joie. Ainsi tout l’acte 5 n’est pas seulement la mise en forme bâclée d’un “happy end” de commande mais le mouvement de renversement des valeurs incarnées par Harpagon.

Cette fin peut sembler d’un romanesque naïf mais elle est fondamentale car elle signe la mise à l’écart de « l’humain le moins humain » réduit à mourir seul, dans le tombeau qu’il s’est lui même édifié.

Jean-Louis Martinelli

  • La presse

« On recommande chaleureusement cet Avare. » France Culture, La Dispute

« Molière nous dépeint cet Avare avec joie et férocité. Il est magistralement incarné par Jacques Weber entouré d’une troupe formidable, familier du travail de Jean-Louis Martinelli. » France Inter

« L’Avare de Molière est en ce moment à l’affiche du Théâtre Déjazet et on aime beaucoup. » France Info

« C'est le grand Jacques. Pas de doute. (...) La Frosine de Christine Citti est rouée à souhait. C'est une comédienne très fine et qui a pris, avec le temps, une autorité qui va très bien à Frosine. » Le Figaro, Armelle Héliot

« Jacques Weber n'a pas la silhouette d'un Harpagon ascétique. (…) C'est un ogre sans jouissance. Il dévore, il écrase les autres. (…) Même avachi dans son fauteuil, sa méchanceté fait des dégâts. Monstre pathétique, il n'oublie pas de faire rire. » Le Figaro et Vous, Etienne Sorin

« Sur une mise en scène de Jean-Louis Martinelli, la pièce de Molière se décline avec une modernité confondante. Savoureux. » L’Humanité, Pierre Barbancey

« Avec Jacques Weber dans le rôle-titre, Jean-Louis Martinelli brosse un portrait nuancé, sobre et sans fard de la maisonnée d’Harpagon, laissant voir les tristes ravages d’un rapport perverti à l’argent. Une sombre comédie… » La Terrasse, Agnès Santi

« Un spectacle à déguster en famille, détendu, contemporain, décomplexé, qui tend la main à tous ceux que le Classique intimide, et dans un des plus ravissants théâtres de Paris. » Froggy’s delight, Christian-Luc Morel

« Un Avare comme vous ne l’avez jamais vu. » Atlantico, Philippe Jousserand

« La mise en scène sobre de Jean-Louis Martinelli donne un courant d’air frais à la comédie de Molière avec une bande de jeunes acteurs épatants. Un régal. Jacques Weber magnifique. » Artistikrezo, Hélène Kuttner

« Cet Avare semble promis à un grand succès et signe le grand retour sur scène d’un Jacques Weber au top de ses capacités physiques. Un classique qui se déguste sans broncher. » Hier au théâtre, Thomas Ngohong

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Avis du public : L'Avare

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Catherine P. (1 avis) 12 janvier 2016

Excellent spectacle, du Molière joué dans des costumes et des décors d'aujourd'hui : le texte n'en parait que plus moderne.
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Caroline R. (1 avis) 04 janvier 2016

Quelle générosité dans ce spectacle Une mise en scène rythmée, réglée au cordeau, des décors pourtant minimalistes très graphiques et des acteurs, tous bons, qui se donnent la réplique avec entrain sans qu'aucun n'essaye de dominer, pas même l'extraordinaire J.Weber. Tour ceci au service d'un texte dont on redécouvre la modernité. Que demander de plus? c'est le théâtre dans ce qu'il a de plus authentique. La fin en musique, clin d’œil à notre temps, est un dernier moment de partage.
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Olivier D. (4 avis) 03 janvier 2016

Très belle soirée avec Molière, maître Jacques et les autres Quel plaisir de revoir le grand Jacques Weber dans cette belle mise en scène, avec une talentueuse et harmonieuse troupe ! Une jolie vision de l'Avare, moderne mais aussi sobre et drôle. Seule l'acoustique du vieux Dejazet et l'étroitesse de certaines places nuisent (un peu) au plaisir de ce spectacle vraiment réussi.
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Marie-francoise M. (12 avis) 03 janvier 2016

l'avare Le meilleur Avare jamais vu ! une interprétation nouvelle du texte et des acteurs formidable dans un très joli petit théâtre. Pourvu qu'ils décident de le prolonger car je veux y amener des amis et le revoir moi-même !
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Frédéric F. (1 avis) 03 janvier 2016

fabuleux Dommage que nous ayons vu la dernière on y serait retourne tant le jeu d acteur de Jacques Weber et la mise en scène dont excellentissime Avoir absolument si vous en avez l occasion
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Daniele C. (3 avis) 03 janvier 2016

L'Avare au théâtre Déjazet Très beau spectacle avec un Jacques Weber grandiose dans le rôle titre. Et puis le plaisir de redécouvrir Molière avec sa modernité et sa critique caustique de son époque. Il décortique avec quel humour et quelle ironie les comportements contraires à la vie, à l'amour, à l'altruisme, à la joie. Très bonne soirée.
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Corinne D. (18 avis) 02 janvier 2016

Redécouvrir l'Avare une mise en scène et un jeu d'acteurs qui rendent enfin compréhensibles les longs passages de cette pièce que j'ai toujours trouvés inutiles. La scène de La Flèche (montre-moi tes mains) et celle de la cassette étaient jusque-là pour moi les grands moments de bravoure, toutes les autres scènes n'étant que des faire-valoir, mais là ce n'est plus du tout le cas, chaque mot compte, chaque phrase prend de l'importance et toute la pièce s'organise... Bravo et merci
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Anne G. (1 avis) 01 janvier 2016

Tres bon spectacle Anne accompagnée de Pierre 11ans Merci la troupe Merci au directeur de théâtre qui nous a accueilli chaleureusement
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Annie L. (3 avis) 01 janvier 2016

PROJECTION DE LA VOIX DES JEUNES COMEDIENS Dommage que dans la mise en scène, les comédiens parlant dos au public ne projettent pas leur voix, de même qu'en début de pièce, nous étions au fond de l'orchestre et avons "manqué" certaines répliques. Sinon cette version rafraichie de l'Avare est très agréable et Jacques Weber toujours aussi talentueux.
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Marie-Pia G. (2 avis) 01 janvier 2016

L'Avare Formidable mise en scène pour cette pièce qui n'a pas pris une ride en presque 350 ans. Les acteurs (sauf Anselme) sont exceptionnels. L'adaptation moderne fait ressortir le double sens de toutes les situations ou les sous-entendus qu'une mise en scène classique et en costumes d'époque ne rendrait pas perceptibles à certaines oreilles d'aujourd'hui. On sent que les acteurs se régalent et ils nous régalent. Jacques Weber est exceptionnel, tous les rôles de sa carrière enrichissent cet Harpagon dont le côté misérable nous rappelle notre condition à tous. Un spectacle à ne pas rater!
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