José Montalvo - Don Quichotte du Trocadéro

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Chaillot - Théâtre national de la Danse , Paris

Du 21 au 30 mai 2014
Durée : 1h30

MUSIQUE & DANSE

,

Ballet

,

Clown

,

Coups de coeur

,

Danse contemporaine

Le chorégraphe José Montalvo réinvente le chevalier errant imaginé par Cervantès, sous l'influence des traditions de la Commedia dell'Arte. Avec la complicité de l'extraordinaire clown Patrice Thibaud et de 14 danseurs. A ne pas manquer !
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Spectacle terminé depuis le 30 mai 2014

 

Photos & vidéos

José Montalvo - Don Quichotte du Trocadéro

De

Léon Minkus

Chorégraphie

José Montalvo

Mise en scène

José Montalvo

Avec

Warren Adian

,

Natacha Balet

,

Abdelkader Benabdallah

,

Simhamed Benhalima

,

Jérémie Champagne

,

Lazaro Cuervo Costa

,

Lucie Dubois

,

Nathalie Fauquette

,

Blaise Kouakou

,

Sandra Mercky

,

Bobo Pani

,

Jennifer Suire

,

Sharon Sultan

,

Patrice Thibaud

Tout public à partir de 10 ans.

  • Essai chorégraphique

José Montalvo nous offre une échappée solitaire sous la forme d'un essai chorégraphique qui confronte la grammaire du geste de la commedia dell'arte aux pratiques corporelles des danses urbaine et contemporaine.

Soit un savant télescopage où, sur scène, la figure de Don Quichotte, à travers le personnage imaginé par Cervantès, ou plutôt sa traduction en danse, croisera un acteur de génie, Patrice Thibaud, habitué de la maison Chaillot.

José Montalvo entend également réactualiser le genre de la commedia dell'arte en convoquant sur scène des interprètes de ses précédentes créations et des petits nouveaux. À ses yeux, le corps comique, c’est le corps de l’humanité.

À plus de 50 ans, Don Quichotte décide de faire de grandes choses : « et je me dis qu’à cet âge, je n'ai pas encore tout expérimenté dans mon approche chorégraphique » s’amuse José Montalvo.

La réflexion autour du comique de gestes et de mouvement qu’est le burlesque va nourrir ce spectacle attendu. On sait le goût de la danse en images propre au chorégraphe. Il y a ajouté une tradition revisitée de la farce, pour notre plus grand plaisir.

Pièce pour 14 interprètes. Musique de Léon Minkus.

  • La presse

« Jamais le mouvement n'a été aussi concentré, dense, savant, chez Montalvo qui veut plus que jamais croire en la danse comme art du bonheur. » Le Monde

« Une compagnie de danseurs vraiment irrésistibles, une énergie jubilatoire sur un zeste de poésie tendre. » Le Figaro

« Maître de la commedia dell'arte, clown blanc et rouge, Patrice Thibaud s'en donne à coeur joie et touche par la justesse de son personnage. » Libération

« Cette déclaration d'amour à la danse de Montalvo fait un bien fou. » Les Echos

  • Entretien avec José Montalvo

1) Quel est le titre de votre nouvelle création ?
Don Quichotte du Trocadéro. Cette pièce est composée :
1) D’un jeu de déconstruction-reconstruction d’un chef d’oeuvre chorégraphique historique.
2) D’un hommage poétique à l’héritage de Cervantès qui trahit la lettre du roman pour mieux en retrouver l’esprit.
3) D’un portrait d’un vieil homme « donquichottesque ».
4) D’un travail autour du comique de geste et de mouvement qu’est le burlesque.
5) Enfin, d’une déclaration d’amour à la danse, que je considère comme un antidépresseur de pointe. Pour autant nous sommes à deux mois de la création, vous le savez, la part d’incertitude, d’aventure peut l’infléchir dans d’autres directions.

2) Quel est ce chef d’oeuvre du passé ?
J’ai imaginé une version très personnelle du ballet Don Quichotte de Marius Petipa mis en musique par Ludwig Minkus et créé à Saint-Pétersbourg en 1869. Ce ballet s’inspire de l’épisode des noces de Gamache extraite de l’oeuvre de Cervantès mais l’on y trouve aussi en filigrane l’évocation d’autres épisodes.

J’ai essayé de créer un dialogue intime, dynamique, décomplexé, entre cette oeuvre historique et la recherche d’une écriture contemporaine qui se présente comme un plaidoyer pour une esthétique métisse. Une écriture chorégraphique qui procède d’un art du mélange des pratiques corporelles, explore des zones de confrontations réciproques, joue de leur métissage, de leurs interpénétrations. Je tente de créer de nouvelles formes d’expression artistique qui naissent de ces métissages. Mêlant les références en toute liberté, je cherche à élaborer des dispositifs signifiants.

Renonçant à l’idée d’une corporalité idéale appliquée à tous, conscient que chaque pratique est porteuse d’univers mentaux et de jouissances spécifiques. A mon sens, ces métissages ne se réduisent pas à un simple formalisme, les pratiques corporelles ne sont jamais neutres, jamais purement instrumentales. Elles impliquent des enjeux symboliques puissants d’ordre politique, sensible et philosophique.

Avec cette nouvelle création, j’ai voulu aller beaucoup plus loin dans ma réflexion sur les vertus du mélange et de l’hybridation, abordées dans mes pièces antérieures avec la complicité de Dominique Hervieu. M’obliger à de nouveaux déplacements à de nouveaux défis qui amènent tous mes acquis à se défaire et à se reconstruire pour, j’espère, découvrir des territoires chorégraphiques nouveaux.

3) Pouvez-vous nous donner un exemple de ce dialogue ?
La partition chorégraphique de la pièce accueille des extraits du Don Quichotte de Petipa. Variations chorégraphiques que nous avons répétées grâce à la participation exceptionnelle de Carole Arbo pédagogue éblouissante, ancienne danseuse étoile de l’opéra de Paris. Carole m’a fait l’amitié d’accepter d’être répétitrice de cette pièce pour les parties historiques. Je la remercie pour sa générosité, son talent. C’est avec beaucoup de plaisir que les danseurs se sont approprié ces fragments des variations Petipa, chacun avec sa personnalité. Dans un deuxième temps, les danseurs ont transformé ces variations chorégraphiques par le biais d’entremêlements, de juxtapositions avec d’autres pratiques corporelles ou des éléments spécifiquement chorégraphiques que nous avions développés au sein de la Compagnie avec Dominique Hervieu.

4) Pourquoi avoir choisi le Quichotte de Minkus-Petipa ?
Cette oeuvre est née d’une rencontre et d’une conversation amicale et passionnée avec Patrice Thibaud sur les différences et les similitudes entre le burlesque de geste et la danse. Tout dans le burlesque participe de l’expression des sentiments humains. Par ses mimiques, le burlesque semble dire de façon explicite ce qui semble caché dans la danse. Très vite est né le désir de confronter ces deux pratiques dans une même oeuvre. J’étais très heureux à l’idée que Patrice participe à cette création. Créateur lui-même de nombreux spectacles, Patrice est un poète, un acrobate, un trapéziste du rire. Il a l’intelligence et la profondeur humaines des grands artistes comiques. La perspective de cette collaboration m’enchantait. La question qui se posait fut de trouver une oeuvre suffisamment souple, ouverte mais aussi solide pour être autre chose qu’un pur prétexte. Don Quichotte nous est apparu comme une évidence ; peut-être notre double culture espagnole et française n’y était pas pour rien. C’est le premier grand roman moderne qui trempe sa plume dans l’encre du burlesque. Je lui ai fait part de mon attachement à l’héritage de Cervantès, ainsi que d’une « espagnolade » qui avait marqué l’histoire de mon art le Don Quichotte Minkus-Petipa. Par ailleurs, la musique se prêtait tout à fait cette oeuvre dont l’aspect burlesque est l’une des lignes conductrices. J’ai demandé à Sayem1, un jeune et talentueux arrangeur et compositeur de musique actuelle de penser à une relecture décalée de l’oeuvre.

5) Est-ce une parodie ?
La parodie suppose la dépréciation de l’original qui se retrouve convoqué dans la chorégraphie pour être moqué. J’ai essayé de créer des variations chorégraphiques qui m’autorisent des postures différentes : l’hommage, l’ironie, la dérision, le retournement de sens…

6) Y a-t-il quelque chose d’autobiographique dans le choix de cette oeuvre en résonance lointaine avec l’oeuvre de Cervantès ?
Oui peut-être le désir de ne pas oublier mes rires d’enfants, lorsque ma grand-mère me lisait pour la première fois « Don Quijoté de Cervantès ». Pour ne pas oublier les bonheurs de mes premiers cours de danse, quand ne comptait rien d’autre que de réussir un grand battement sur une musique de Minkus jouée au piano. Mais surtout, je crois avoir choisi cette oeuvre pour le bonheur de satisfaire ce besoin de gaîté, qui est au fond de nous, moins avoué que le goût de la tristesse, du désastre, de la catastrophe, mais non moins profond. Comme tout enfant espagnol, nous avions le souvenir de cendriers, de nappes de stylos donquichottesques. Enfin, pour faire un point à une étape de ma vie, en restant fidèle à l’héritage de Cervantès, mais aussi à la danse dans ce qu’elle peut avoir de virtuose donc d’inactuel et de donquichottesque aujourd’hui.

 7) Qu’appelez-vous l’héritage de Cervantès ? N’est-ce pas étrange pour un chorégraphe de se référer à cet écrivain ?
Comme vous le savez Cervantès est une source d’inspiration pour beaucoup de compositeurs, de peintres, de cinéastes, d’illustrateurs, de metteurs en scène et de chorégraphes. J’aime beaucoup la belle expression de Carlos Fuentes : « Métisser c’est Cervantiser… C’est trouver la vocation de l’inclusion, dépasser le maléfice de l’exclusion. » Il me semble que le piège à éviter pour un chorégraphe est de tomber dans l’illustration pure et simple du roman, tenter de restituer pas à pas son déroulement. D’ailleurs comment ce serait possible ? Il y a près de six cent personnages dans le Don quichotte de Cervantès ! Mon parti-pris est plutôt de tenter de rendre hommage aux principes qui constituent le roman, aux dispositifs formels qui contiennent en germe trois siècles de production romanesque, c’est cela que j’appelle l’héritage de Cervantès…

8) Pouvez-vous les répertorier ?
Ce n’est pas facile, mais rapidement pour moi c’est faire oeuvre nouvelle par la mise en scène critique des oeuvres du passé. Une part de la nouveauté du Quichotte tient très précisément au rapport très étroit qu’il entretient avec la tradition. Cela est vrai de toute oeuvre novatrice pour reprendre Carlos Fuentes. Il n’est pas de création nouvelle qui ne s’appuie sur une tradition qui la précède mais comme toute tradition ne peut survivre sans l’apport de créations nouvelles. Je suis très attaché aussi au dialogue des genres sur lequel Cervantès a fondé la modernité narrative : le roman comme libération de l’imagination, le roman dans le roman, le récit inséré qui interrompt le récit principal, brouillant le principe d’unité et de pureté pour consacrer le droit à l’impureté et à la diversité. Les noces de Gamaches sont un exemple de ces histoires enchâssées. Alors voilà : remplaçons roman par chorégraphie…

9) Comment avez-vous choisi vos interprètes ?
Je garde une grande fidélité à mes interprètes, Sharon était interprète dans le Jardin io io ito ito ainsi que Sim, Blaise… une pièce que nous avons créée il y a plus de 15 ans. Bobo était interprète dans la pièce Paradis c’est dire qu’il a vu naître la compagnie. Warren dansait dans Porgy and Bess, Jérémie est venu nous rejoindre dans la pièce Lalala Gershwin, Natacha dans Orphée… Joëlle et Delphine qui sont répétitrices en alternance, collaborent avec moi depuis la création de la compagnie, elles ont interprété la quasi-totalité de mes pièces. Quant à Fouad, lui aussi répétiteur aujourd’hui dansait avec nous depuis On danfe. Pour moi ce sont tous des interprètes d’exception. Je suis très fier qu’ils soient présents dans cette création. De jeunes talents sont venus nous rejoindre : Sandra, Nathalie, Lazaro, Abdallah, Jennifer. Ce sont eux aussi des interprètes hors-norme. C’est la nécessité de créer un nouvel ensemble qui m’a guidé, un nouvel être ensemble, sans perdre l’identité et la personnalité de chaque danseur leur pratique leur histoire leur imaginaire.

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