Hélas

Cartoucherie - Théâtre de la Tempête , Paris

Du 10 janvier au 09 février 2020
Durée : 1h40

CONTEMPORAIN

,

Coups de coeur

,

Absurde

Un repas de famille qui se rejoue en boucle, c'est le point de départ que propose Nicole Genovese. Une pièce déjantée, drôle et déroutante.
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Spectacle terminé depuis le 09 février 2020

 

Photos & vidéos

Hélas

De

Nicole Genovese

Mise en scène

Claude Vanessa

Avec

André Antébi

,

Sébastien Chassagne

,

Nicole Genovese

,

Nathalie Pagnac

,

Bruno Roubicek

,

Adrienne Winling

  • La répétition d'un repas

Tout a déjà été dit, certes, eh bien... autant le redire. C’est le secret de Nicole Genovese dans ce repas de famille déjanté, dadaïste, qui se rejoue en boucle malgré les diverses tentatives que certains de ses protagonistes osent pour s’en affranchir : Papa, Maman, Fils et Fille vont dîner ensemble tous les soirs de leur vie, pour toujours. Un brave oncle Michel et une adjointe à la culture férue de la série tévé Plus belle la vie vont contrarier leur projet, à la recherche peut-être d’une vérité neuve, régénératrice.

  • La presse

« Nicole Genovese crée un spectacle aux couches innombrables, qui s’empilent comme les assiettes sur la table, aussi indescriptible qu’indécryptable. A la fin émane une profonde nostalgie, comme l’expression conjuguée d’un amour et du regret de cet amour. Feu nourri de désirs contradictoires et d’esthétiques entrecroisées qui alimentent un repas comico-tragique, Hélas est littéralement hors-pair. » Eric Demey, La Terrasse, 19 décembre 2019

« C’est là que pointe le génie de Genovese : tout a été dit, et bien... autant le redire. C’est l’euréka du spectacle, le secret de ce repas de famille brindzingue, dadaïste et plus encore tatiïste, croquignolesque et néanmoins désarmant, poussant l’increvable comique de répétition au-delà du pathétique et de la violence extrême dans ses derniers retranchements déjantés... » Médiapart

« La charge est féroce. Le rire se crispe. Il y a là, dans ce portrait de famille corrosif, une distance brechtienne qui nous renvoie à notre propre médiocrité, à nos petites mesquineries, à notre indifférence à l’autre, aux autres. Bon sang, où Nicole Genovese nous embarque-t-elle ? Son spectacle ne ressemble à rien de ce que l’on peut voir et entendre aujourd’hui... » L'Humanité

  • Intention

Car en vérité, mon processus de création est sensiblement le même depuis que j’écris des pièces de théâtre (depuis vingt ans, si on considère que j’ai écrit ma première pièce à 14 ans). Je me réveille, je bois le thé, et soudain je m’installe dans mon petit bureau utérin, entourée de livres et d’étoffes de mon cru. J’écris. En août 2016, j’ai écrit une pièce qui pourrait s’appeler hélas, avec un « h  » minuscule si petit qu’il semblerait né d’un matin issoldunois, au milieu des prunes et des brumes, la bouche tendue vers le sein de la création, fils d’un Intermarché franchisé et d’un ouvrage relié cuir de la philosophe allemande Hannah Arendt, souple et mystérieux.

Ce que j’identifie post-écriture, c’est un besoin de partager avec les gens une réflexion que je poursuis depuis juin 2011 autour des vertus sociales de la série télévisée Plus Belle La Vie. Lectures d’ouvrages sociologiques, articles de presse nationale et internationale – ai visionné et répertorié près de 2 000 épisodes que j’ai classés par thématiques sociales, politiques, audaces scénaristiques –, étude de sondages Ifop, cartons rouges du CSA (la série française qui en collectionne le plus)... Je me suis passionnée pour la série depuis quelques années et un beau matin, c’est hélas que j’ai écrit.

La pièce met en scène une famille composée de Père et Mère, souverains autour d’une nappe, et de Fils et Fille, principaux candidats à l’insurrection. En pratique, il s’agit d’une scène très conventionnelle de dîner familial qui, tel un système autoritaire abrutissant, va se répéter à l’infini. Le vide qui caractérise le langage dont usent les personnages dans leurs échanges est une partition envoûtante de laquelle il est difficile de s’extraire quand on a le goût du confort. Aussi des éléments extérieurs à la famille (l’oncle Michel et l’adjointe à la culture) vont permettre à ceux qui en expriment le besoin de gagner en confiance et devenir artisans de leur libération.

Dans hélas, la famille est une cellule de référence qui me permet d’étudier la vanité des communautés et d’éprouver la frontière qu’il y a entre libération et liberté. La violence qui y est exprimée me rappelle celle des Bâtisseurs d’Empire ou Le Schmürz de Boris Vian  ; plus proche du Grand-Guignol que de la peinture réaliste, et parce que le théâtre permet d’exulter publiquement les pulsions anti-sociales, la violence oppressante et humiliante dont fait état hélas justifie et même nourrit la victoire des justes. En somme, hélas est une dramaturgie de l’émancipation.

Résumons-nous. J’ai écrit un texte. Je le monterai dans un décor carton-pâte avec des costumes Monoprix 1992 et de très beaux acteurs. L’équipe réunie pour trahir mes projections autoritaires fera le reste.

Nicole Genovese

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Avis du public : Hélas

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Clothilde (14 avis) 07 février 2020

Surprenant Déjanté et très bien interprété ! Belle surprise
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Marie-Christine S. (2 avis) 22 janvier 2020

Hélas D'excellents comédiens ; une piqure de rappel de Ionesco et Pirandelle dans un contexte très parlant aujourd'hui .
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