Forêts

Chaillot - Théâtre national de la Danse , Paris

Du 16 au 19 septembre 2010
Durée : 4 heures entracte compris

CONTEMPORAIN

,

Coups de coeur

Wajdi Mouawad revient avec son énorme succès. Cette œuvre-somme qui, de part et d’autre de l’Atlantique, à travers les destins successifs de sept femmes, embrasse toute l’histoire du XXème siècle. On y retrouve les multiples richesses d’une écriture épique, lyrique, généreuse comme la belle parlure poétique de son pays d’adoption, le Québec.
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Spectacle terminé depuis le 19 septembre 2010

 

Forêts

De

Wajdi Mouawad

Mise en scène

Wajdi Mouawad

Avec

Jean Alibert

,

Yannick Jaulin

,

Linda Laplante

,

Marie-France Marcotte

,

Bernard Meney

,

Anne-Marie Olivier

,

Marie-Eve Perron

,

Emmanuel Schwartz

,

Guillaume Severac-Schmitz

Forêts…
Panoramique
Soif de l'infini
La presse

  • Forêts…

Représentations en audiodescription les 17 et 19 septembre.

Si l’on veut une histoire, Forêts est peut-être le récit de sept femmes qui, suite à un événement qui s’abat sur la plus jeune d’entre elles, font brutalement face à l’incohérence de leur existence. Cette plongée forcée à laquelle elles auraient bien voulu se soustraire se fera à travers les fragments éclatés d’un crâne humain retrouvé dans le camp de concentration de Dachau en 1946. Grâce au travail acharné d’un paléontologue qui a perdu tout sens et toute cohérence, chacune de ces femmes verra sa raison mise en pièce puisque là, dans les cendres humaines de cette innommable douleur, irreprésentable, elles déchiffreront, abasourdies, les traces et le futur de leur destinée.

Forêts… Forêts… Forêts…

Mais si l’on veut vraiment une histoire, on peut aussi dire qu’il s’agit du récit d’une désertion : quittant le champ de bataille en 1917, un soldat, Lucien Blondel, se réfugie au coeur d’une Forêt. Là; traversant une rivière étrange et obscure serpentant au milieu des arbres, il découvre un zoo où trois femmes vivent au milieu des animaux sauvages. Au coeur de ce paradis improbable, Lucien rencontrera Léonie avec laquelle il vivra une histoire d’amour sans se douter que leur union sera, à l’image de ce siècle, le théâtre de douloureuses déchirures.

Forêts… Forêts…

Forêts est peut-être l’histoire de cette femme, en 1989, qui apprend qu’elle est atteinte d’un mal incurable, son cerveau étant dévoré par une tumeur.

Forêts… Forêts…

Forêts est peut-être l’histoire de Loup qui, à l’age de 16 ans, en 2006, sera forcée d’ouvrir une porte qui la mènera jusqu’aux ténèbres.

Wajdi Mouawad

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  • Panoramique

Forêts est la troisième partie d’un quatuor dont Littoral, créé en 1997 et Incendies créé en 2003, sont les deux premiers opus. Sans être une suite narrative, ces histoires, puisqu’il s’agit d’histoires avant tout, abordent, de manière différente et j’ose l’espérer de manière à chaque fois plus complexe et plus précise, la question de l’héritage. Celui dont on hérite et celui que l’on transmet à notre tour.

Mais là, il ne s’agit pas d’un héritage conscient, il s’agit de tout ce que l’on nous transmet dans le silence, dans l’ignorance et qui pourtant déchire notre existence et broie notre destin. Il s’agit de cet héritage sourd que des générations et des générations peuvent se transmettre jusqu’à ne plus avoir le choix, par trop de douleur, que de briser le tamis qui nous voile la vérité, pour faire en sorte que cet héritage silencieux, devienne un héritage bruyant, évident, cru, étalé là, sous la lumière.

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  • Soif de l'infini

Ecrire est une noyade. Une asphyxie dans une mer située en nous. Appelée l’innommable, c’est une mer au fond de laquelle se cachent des poissons étranges et tordus, laids et dérangeants. Ecrire est une noyade pour tenter de saisir, sans les laisser glisser, ces poissons horriblement magnifiques.

Pourquoi ? Parce que ce sont là les miroirs les moins déformants dans lesquels nous pouvons nous regarder tels que nous sommes. Voir son reflet est une chose rare, unique. Cela n’arrive qu’une fois dans une vie. Beaucoup fuient ce miroir insupportable et préfèrent se chercher des miroirs tamisés, décorant et maquillant notre teint à notre avantage. Mais depuis toujours, il existe en l’Homme une sorte d’innocence qui le pousse à chercher, malgré la douleur, la perfection de son reflet. OEdipe s’est crevé les yeux. Qui verra jamais ce qu’a vu OEdipe ?

Ecrire est une noyade en soi. Tout artiste est Narcisse. D’où le miroir. La mort est certaine, mais c’est un chant desirène que peu de gens parviennent à entendre. C’est la voix qui vous appelle par votre nom. Il est impossible de ne pas y répondre, ou alors c’est la folie si on vous garde attaché à l’intérieur, pour vous calmer, vous faire entendre raison, comme on dit. Justement, ce que l’auteur entend, ce n’est pas la raison, c’est son nom. Ce nom qu’il pressent au fond de lui-même, le poisson-soi. C’est de cela dont il est toujours question. De poisson-soi.

Il gît au fond de nous. Mais ce "fond" là n’est pas une position anatomique précise. Il est situé dans le sentiment de l’existence qui nous échappe à tous les instants. Le poisson-soi, comme une danse au milieu de la noirceur, tourne en son aquarium sans vitre, car ce qui forme les parois de notre sentiment de l’existence où se promène le poisson-soi, c’est cette soif insatiable de l’infini que nous portons tous. La soif insatiable de l’infini est l’aquarium du poisson-soi. Ecrire, c’est alors plonger sa main en cette eau obscure et profonde dans laquelle baigne notre existence. Plonger la main et tenter, pour une infinie intuition (J’aurai pu dire pour une infinie seconde, mais le temps n’a pas accès au poisson-soi, il ne se nourrit pas de seconde, il se nourrit, au contraire, de ce présent qui disparaît toujours, il se nourrit du fugitif sentiment de la présence) donc, plonger sa main, pour une infinie intuition, tenter de frôler le poisson-soi. Le frôler seulement.

Le génie est celui qui a su le tenir entre ses mains, le ramenant au temps, pour une seconde, et le relâchant. Ecrire, c’est frôler le poisson-soi pour que naisse l’intuition.

Wajdi Mouawad

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  • La presse

« [...] un rendez-vous scénique et onirique d’ombres et de lumières, avec l’audace brute et rugueuse d’affronter la réalité tragique de conflits familiaux et mondiaux. (...) La pièce de Wajdi Mouawad dessine effrontément une épopée d’aujourd’hui, bourrée de nombreux personnages typés traversant les temps et les lieux jusqu’à descendre dans l’infiniment petit en simulant la pénétration de la tumeur maligne dans le cerveau malade. Cabines médicales, zoo improbable, visions inaugurales, scènes collectives ou intimistes, rien ne manque à ces inventions de l’existence, parfois magnifiques, parfois scabreuses, qui n’évitent pas la sensation du too much. Reste la force indiscutable d’un chœur d’acteurs au plein engagement vocal et physique. Saluons dans ce tableau exaspéré l’évidence de bêtes de scène aux ravages endiablés. » Véronique Hotte, La Terrasse, octobre 2006

« Un voyage, aussi, qui remonte et remoule le temps du théâtre et de la littérature, de la tragédie antique au conte contemporain, de la saga au roman initiatique. Six générations de femmes sont au coeur de ces Forêts, profondes comme peut l'être la vie quand un secret traverse, ronge et détruit une famille qui le subit. (...) Wajdi Mouawad dresse un incandescent hymne à la vie, magnifié par des acteurs à la hauteur de son enjeu. » Brigitte Salino, Le Monde, 14 Mai 2006

« Un spectacle plus que foisonnant. Une réussite. » Fabienne Arvers, Les Inrockuptibles, 10 octobre 2006

« Wajdi Mouawad prouve (…) avec Forêts (…) qu’il est l’un des auteurs dramatiques les plus marquants du moment. Décrivant les périples de personnages partis en quête de leurs racines, il arrive à écrire et mettre en scène un théâtre authentiquement populaire. Pourquoi, sinon, les spectateurs resteraient-ils durant quatre heures scotchés à leur siège ? » Joshka Schidlow, blog Télérama, 10 octobre 2006

« Il y a un peu des Mille et une nuits dans cet épique théâtre-là. Il y a du conte et des légendes, des mythes et des fantasmes, des histoires et de l’Histoire. Le Libano Québécois Wajdi Mouawad ose le récit fleuve qui brasse et embrasse, qui n’a pas peur du cri et du chant, du naïf et du pervers, du mélo et du merveilleux, qui fait parler les vivants et les morts. » Fabienne Pascaud, Télérama, 21 octobre 2006

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Olivier B. (1 avis) 20 octobre 2006

RE: Forêts Effectivement essentiel, vital! Moi aussi je pourrai dire que j'y étais... J'avais déjà vu Littoral, Incendies et Un obus dans le coeur (j'avais déjà été bouleversé) mais maintenant j'ose affirmer que Wajdi Mouawad est le plus important (dans tous les sens du terme)dramaturge de notre époque et que peu d'auteurs ont sa profondeur, sa gravité semblable aux jeux d'enfants, son humour et sa rage dévastateurs. L'acte de création est si sincère que cela en devient bouleversant. Nous sommes ici bien loin des spectacles "prêt-à-penser", calculés, formatés et dénués de sens et d'émotion. Dimanche dernier, j'ai eu l'impression d'avoir été consumé: une boule de neige qui brûle les doigts... Et au salut,c'est les yeux embrumés et le coeur en lambeaux que je me suis levé devant ces comédiens miraculeux. Un petit conseil, il faudrait juste avertir le public que ce spectacle peut nuire à la santé: j'étais si ému à la sortie que j'ai failli avoir un accident! Faites passer le message...
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S X. (152 avis) 09 octobre 2006

RE: Forêts Une épopée superbe, qui traverse les époques, les continents, les générations. Une pièce sur la guerre, la filiation, les promesses qu'on tient où non, l'amour, l'amitié, sa place dans le monde. C'est drôle, c'est tragique, c'est foisonnant, c'est intense, c'est magnifiquement écrit, interprété et mis en scène. S'il ne fallait voir qu'une pièce cette saison, cette décennie..., ce serait celle-là.
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Philippe E. (13 avis) 07 octobre 2006

Forêts CHEF-D'OEUVRE ... Si jamais vous souhaitez assister un jour à une pièce qui peut se targuer d'avoir réellement ce qualificatif, courrez-voir « Forêts ». Imaginaire surdimensionné + écriture fluide et vive au plus près de la nature des personnages créés + très grand art de la rythmique permettant une compréhension facile et totale des évènements ainsi qu'un suspens prégnant + humour déconcertant = un GENIE, et le mot n'est pas galvaudé, nommé Wajdi Mouawad. Croyez bien que je fus un simple spectateur tout tremblant d'émotion à la sortie et comme frappé de stupeur. Que vous trouviez le théâtre ennuyeux et fastidieux ou que vous en soyez amateur, voir ce spectacle est indispensable tout comme peuvent l'être de lire les classiques de la littérature et de voir les plus grands films du cinéma. Je pourrais dire à mes enfants et à mes petits enfants, j'y étais.
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