En attendant Godot

Cartoucherie - Théâtre de l'Aquarium , Paris

Du 03 au 29 mars 2015
Durée : 2 heures

CONTEMPORAIN

,

Coups de coeur

En attendant Godot résonne aujourd’hui avec une forme d’évidence. Ancrer la pièce, sans en réduire la portée universelle, dans la tragédie d’aventures humaines qui se déroulent à nos portes – et parfois sous nos yeux – nous permettra de la faire entendre sous un jour nouveau à nos contemporains. Mis en scène par Jean Lambert-Wild, Lorenzo Malaguerra et Marcel Bozonnet.
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Spectacle terminé depuis le 29 mars 2015

 

Photos & vidéos

En attendant Godot

De

Samuel Beckett

Mise en scène

Marcel Bozonnet

,

Jean Lambert-Wild

,

Lorenzo Malaguerra

Avec

Fargass Assandé

,

Michel Bohiri

,

Marcel Bozonnet

,

Jean Lambert-Wild

,

Lyn Thibault

  • Drôle d'humanité

En attendant Godot résonne aujourd’hui avec une forme d’évidence. En ces temps de flux migratoires, où des populations entières cherchent à échapper aux guerres fratricides, aux famines, à la pauvreté, à l’absence concrète d’une possibilité d’avenir, ce sont des hommes et des femmes qui accomplissent le chemin mouvementé de l’exil.

Il en est aussi qui, lors du trajet, s’empêtrent dans des lieux sans identité, pour toute une série de raisons : attente du passeur, attente d’un visa, attente d’un renvoi, attente d’une sœur ou d’un fils. Ces situations où le but recherché s’efface devant la nécessité de rester là nous ramènent au cœur d’En attendant Godot. Vladimir et Estragon pourraient être ces migrants, collés à une route et sous un arbre, dans l’attente de quelque chose ou de quelqu’un qui leur est indispensable pour aller ailleurs, vers la vie rêvée. Des êtres qui, pour rendre supportables l’insupportable, s’inventent des jeux, des dialogues, des compères, des lunes, des nuits et des jours.

En attendant Godot n’a rien d’absurde, si ce n’est l’absurde du monde à l’intérieur duquel on cherche à créer du sens. Ancrer la pièce, sans en réduire la portée universelle, dans la tragédie d’aventures humaines qui se déroulent à nos portes – et parfois sous nos yeux – nous permettra, c’est notre projet, de la faire entendre sous un jour nouveau à nos contemporains.

Jean Lambert-wild, Marcel Bozonnet, Lorenzo Malaguerra

  • La presse

« (…) Lumineuse idée que d’avoir fait jouer les deux errants de ce chef d’œuvre de Beckett par deux (magnifiques) comédiens ivoiriens ! D’emblée, Vladimir et Estragon deviennent tous les émigrés clandestins, tous les sans-papiers sortis de nulle part, rejetés de partout, en attente d’une meilleure vie, de l’autre côté de la frontière (…). Un quintette truculent, tendre et absurde, bizarrement plein de suspense, entre clownerie et métaphysique. » F. Pascaud, Télérama

« De cette contrainte naît une liberté d’interprétation percutante : on se régale de voir cinq excellents comédiens (dont Lynn Thibault, dans le rôle du jeune garçon) qui font entendre des choses graves sans appuyer : ils sont dans leurs rôles, en impeccables et valeureux serveurs d’En attendant Godot. Pozzo et Lucky ne font que passer, Vladmir et Estragon ne quittent pas la scène de toute la représentation. Ils donnent le meilleur d’eux-mêmes pour nous dire que le pire, même dans le pire, serait de renoncer. » Brigitte Salino, Le Monde, 23 mars 2015

  • Entretien avec les metteurs en scène

Pourquoi cette décision de travailler sur un texte de Samuel Beckett ?

Lorenzo Malaguerra  : Beckett a exploré les limites du théâtre. Son écriture concerne tout autant le corps que la voix, c’est une écriture très chorégraphique et qui est d’une extrême précision sur tout ce qui doit avoir lieu sur scène. J’aime beaucoup cette précision, cette exigence qui est posée là et qui replace l’auteur au centre de la machine théâtrale. Beckett fait de l’écriture de plateau, au sens où on l’entend aujourd’hui ; il est en cela très contemporain et je dirais même qu’il est très contemporain avant tous les autres. Et puis ce qu’il y a aussi dans son travail, c’est ce terrible humour, grinçant d’intelligence, qui nous expose des êtres tordus aux prises avec leur humanité, qui peut être minable ou grandiose.

Le texte résonne de façon politique et contemporaine du fait que les personnages de Vladimir et Estragon sont interprétés par Fargass Assandé et Michel Bohiri.

Marcel Bozonnet : C’est en effet ce qu’illustre l’idée de Jean Lambert-wild de donner ces rôles à deux comédiens ivoiriens. Quelque chose de la confrontation Nord-Sud et du grand mouvement migratoire sera présent. Et par ailleurs, il est important que les grands classiques de la littérature française - et En attendant Godot est un de ces classiques – soient interprétés aussi par des acteurs noirs. D’autant que ce théâtre est universel et qu’il résonne dans le monde entier. En attendant Godot continue de réfléchir le monde. Il y a cette question qui hante le texte : qu’est-ce qu’on fait ? Et cette réponse, que je trouve très angoissée : on attend Godot... Ici, aujourd’hui, en Europe, c’est cette question de la sidération, du fait d’être là et de ne rien faire, alors qu’on voit la guerre en Syrie, les dizaines de milliers de morts, les disparus, les réfugiés. Qu’est-ce qu’on fait ? On ne fait rien, on attend Godot.

Quelles idées avez-vous eues quant à une possible mise en scène ?

Jean-Lambert Wild : Il n’y a pas besoin d’avoir des idées : il suffit de respecter les didascalies. Je pense qu’il ne faut surtout pas avoir d’idées ! Il faut lire, relire, se laisser guider par ce qui est écrit. Simplicité, légèreté, intensité. Notre seul point de départ fut d’identifier Vladimir, Estragon, Pozzo, Lucky et l’enfant. Tout se dit avec cela. La question de la direction des acteurs porte sur la métrique du texte : comment poser, tenir, attaquer ces notes, comment respirer, comment rendre les effets comiques, burlesques, sans que cela soit grossier ? Comment avoir de la légèreté sans qu’elle soit racoleuse, comment créer de la tragédie dans le rire ? Ce sont des questions compliquées, mais ce ne sont pas des idées : il s’agit seulement de jouer. Cette mathématique du jeu nous dévoilera sûrement des équations que nous ne soupçonnions pas, des choses auxquelles on ne prête pas toujours attention. L’écriture de Beckett est en cela à la f ois diluée et concentrée.

Jean Lambert-wild, Marcel Bozonnet, Lorenzo Malaguerra

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Avis du public : En attendant Godot

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Thierry W. (1 avis) 29 mars 2015

En attendant Godot formidable
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ClaudeM (24 avis) 29 mars 2015

En attendant Godot Excellent voire exceptionnel La pièce trouve une nouvelle jeunesse avec des acteurs bien décaléd
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elisabeths (16 avis) 27 mars 2015

en attendant godot Très bien joué, et très belle mise scène, beaucoup de lycéens dans la salle , ce qui fait plaisir, cependant cette pièce est quand même un peu trop longue (2h05)
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Marjorie H. (2 avis) 16 mars 2015

En attendant Godot Très beau travail des comédiens , excellente mise en scène .Un grand moment de redécouverte de Beckett .Merci et Bravo
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Dominique C. (1 avis) 16 mars 2015

En attendant Godot Une très belle représentation du chef d'oeuvre de Beckett. Des comédiens justes. Au service du texte. Un grand bravo.
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Marjorie H. (2 avis) 16 mars 2015

J'espère que ce spectacle va faire du chemin !! il traite de graves problèmes actuels de l'humanité

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