Cheveux

Manufacture des Abbesses , Paris

Du 27 août au 04 octobre 2017

CONTEMPORAIN

C’est sensible, les cheveux. Ça révèle un caractère, une culture, un statut. Ça porte une mémoire, une tradition. Ça trahit. Ça occupe. Ça préoccupe. Et si on donnait la parole aux décoiffés, aux crépus, aux crêtés, aux chauves, aux obsessionnels, aux fétichistes, aux voleurs de tresses, aux vendeurs de mèches, aux résistants capillaires ? Juste pour voir, où vous en êtes, vous, avec vos cheveux.
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Spectacle terminé depuis le 04 octobre 2017

 

Cheveux

Mise en scène

Laureline Collavizza

,

Julie Fonroget

Avec

Laureline Collavizza

,

Julie Fonroget

  • Les cheveux comme un signe d'appartenance

Porteurs d’une symbolique profonde, ancrés dans l’inconscient individuel et collectif, les cheveux parlent de l’histoire personnelle et de celle de l’humanité. Perdre ses cheveux, avoir des cheveux blancs ou cacher ses cheveux, c’est montrer la maladie, la vieillesse ou cacher sa féminité. Or, dans une société obsédée par la jeunesse et la beauté (en particulier celle des femmes), les cheveux doivent être montrés, soignés et domestiqués selon un certain standard : naturel, lisse et soyeux.

Nous démêlons ces injonctions et les angoisses qui en émanent à partir de témoignages personnels mais aussi de recherches sociologiques, historiques et psychologiques. Il s’agit de partir de l’intime pour élargir par cercles concentriques à des dimensions plus collectives, culturelles, sociétales et politiques.

Avec délicatesse et dérision, nous prenons en charge la parole des décoiffés, des chauves, des obsessionnels ou fétichistes du cheveu, des voleurs de tresses, des vendeurs de mèches et des résistants capillaires.

  • Note d'intention

En travaillant sur la question de la laïcité, je me suis interrogée sur le fait de cacher ses cheveux au nom d’une religion ou d’une tradition culturelle. Sans avoir d’avis définitif sur cette pratique, je me suis rendue compte qu’elle m’obsédait de plus en plus, au point de me demander ce qui pouvait me toucher autant, n’étant moi-même pas pratiquante et n’ayant personne dans mon entourage qui se couvrait la tête au nom d’unereligion. C’est là que j’ai compris que mon obsession venait de mon histoire personnelle. Ma mère, atteinte d’un cancer avait perdu ses cheveux et habillait son crâne nu d’un foulard qu’il m’arrivait souvent de nouer pour elle. Quand elle avait trop chaud, elle finissait par l’enlever et j’éprouvais un sentiment de honte et de malaise. Plus tard, j’ai été coiffeuse dans un salon parisien pour financer mes études. J’ai observé et expérimenté ce qu’il y avait à la fois d’intime et de social dans les cheveux. Porteurs d’une symbolique profonde, ancrée dans l’inconscient individuel et collectif, les cheveux parlent de l’histoire personnelle et de celle de l’humanité.

Perdre ses cheveux, avoir des cheveux blancs ou cacher ses cheveux, c’est montrer la maladie, la vieillesse ou cacher sa féminité. Or, dans une société obsédée par la jeunesse et la beauté (en particulier celle des femmes), les cheveux doivent être montrés, soignés et domestiqués selon un certain standard : naturel, lisse et soyeux.

Nous démêlons ces injonctions et les angoisses qui en émanent à partir de témoignages personnels mais aussi de recherches sociologiques, historiques et psychologiques. Il s’agit de partir de l’intime pour élargir par cercles concentriques à des dimensions plus collectives, culturelles, sociétales et politiques. En poursuivant notre démarche d’un théâtre documentaire qui interroge le spectateur, nous tressons une écriture à la fois textuelle et visuelle en prenant les cheveux comme une matière plastique et littéraire.

Avec délicatesse et dérision,nous prenons en charge la parole des décoiffés, des chauves, des obsessionnels ou fétichistes du cheveux, des voleurs de tresses,des vendeurs de mèches et des résistants capillaires.

Laureline Collavizza, octobre 2016

  • Extrait

Marie-Madeleine : Au début, j’étais encore décente et discrète.
 Mes cheveux étaient alors toujours bien peignés et attachés d’une manière impeccable. Mon geste d’essuyage de pieds avec ma chevelure avait été perçu comme un signe de repentir. Puis, au fil du temps, mescheveuxsesontdénouésetontprisuneimportanceincroyable.
 Ce dénouement des cheveux provoqua une sorte de basculement progressif et subtil.

De la pénitente je deviens la sulfureuse. On dévoilait mon désir comme dans ce tableau de Titien où l’on me voit me cacher maladroitement avec ma petite main. Je me tiens la tête renversée en arrière, dans l’attitude conventionnelle de l’extase. Je serai entièrement nuesi mon extravagante chevelure d’orfauve neme recouvrait, tel un fleuve dont la source part du front, descend, contourne le relief enflammé de l’oreille, enveloppe ensuite les épaules et la gorge.

On pourrait en rester là, mais non, ce coquin de Titien fait glisser le flot entre les seins, se déploie au niveau du sexe et s’élargit enfin en bas des reins. Finalement, que cherche à démontrer Titien ? Que je ne suis plus l’inévitable prisonnière de mes angoisses. Mes cheveux sont le symbole de mes péchés qui ruissellent et de ma libération sexuelle alors que je m’étais contentée jusqu’ici de les discipliner et de les lustrer à coups de brosse et de peigne ? Je suis victime d’une décadence artistique.

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Olivier M. (1 avis) 29 août 2017

Un très bon moment Un sujet original, une mise en scène rythmée où s'alternent scènes loufoques et témoignages plus sérieux. Allez voir Cheveux !
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