Au but

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Théâtre de Poche-Montparnasse , Paris

Du 09 septembre au 05 novembre 2017
Durée : 1h20

CONTEMPORAIN

Une mère et sa fille ont assisté à la première de Sauve qui peut. La fille a applaudi avec grand enthousiasme. La mère n’a pas applaudi, pas tout de suite : « Jeter leur propre saleté à la tête de gens qui ne comprennent rien et applaudissent à mort ». Pourtant, la mère a invité l’auteur à venir séjourner avec elles au bord de la mer. Le lendemain, elles l’attendent en finissant de préparer les bagages pour leur départ. Une nouvelle pièce commence : Au but, dans laquelle Thomas Bernhard exerce sa verve grinçante pour brosser une comédie hautement autobiographique.
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Au but

De

Thomas Bernhard

Mise en scène

Christophe Perton

Avec

Manuela Beltran

,

Léna Bréban

,

Yannick Morzelle

,

Dominique Valadié

  • La pièce la plus autobiographique de Thomas Bernhard

Une mère et sa fille ont assisté à une représentation de la pièce Sauve qui peut, une de ces pièces qui démolissent tout, qui rabaissent tout, jusqu’à ce que tout soit démoli. La fille a applaudi avec le plus grand enthousiasme. La mère n’a pas applaudi, pas tout de suite. Et puis, tout à coup, elle n’a pas pu s’en empêcher, elle a applaudi, elle aussi.

Mais ensuite, en sortant du théâtre, elle a eu honte parce que, « quand la scène est couverte de saleté, qu’est-ce d’autre que de la saleté ? » Après le spectacle, la fille voulait un autographe de l’auteur. Donc mère et fille l’ont rencontré : un tout jeune homme. Et là, brusquement, la mère l’a invité à venir séjourner quelque temps avec elles au bord de la mer, à Katwijk. Étrangement le jeune auteur a accepté tout de suite. Les deux femmes sont rentrées chez elles. Très tôt, le lendemain matin, elles attendent l’auteur en finissant de préparer les bagages pour Katwijk. Une nouvelle pièce commence : Au but. Mais, comme le dit la mère : « quand nous sommes arrivées au but, tout se renverse ».

  • Note d'intention

Et voilà donc que le jeune homme apparaît, comme un double du jeune Thomas Bernhard, qui observe et décortique dans une mise en abîme drolatique ces personnages qu’il connaît si bien, qu’il aime et déteste tout en même temps et à qui il enfile consciencieusement les camisoles de force d’un petit théâtre magistral où se mêlent le souvenir d’un grand père clown et miséreux, d’une enfant bâtarde accouchée dans les toilettes d’une auberge, du maudit génie d’un richard Wagner incarné dans un nourrisson précocement ridé comme un vieillard mourant : ténèbres et lumière, injure et poésie, l’essence même de l’existence qui se répète en une boucle infernale, joyeuse et triomphale : à la manière d’un Boléro (de Ravel).

Cette musique obstinée, entêtante, c’est le souffle qui rythme puissamment la pièce la plus autobiographique de Thomas Bernhard, Au but dont le titre allemand signifie littéralement : « Toucher au but ». Ce souffle épique c’est le contraire d’une litanie atone, c’est une vitalité corrosive qui maintient en éveil, réveille la conscience et rince les idéaux lénifiants dans la bouche intarissable de la mère crucifiant l’auteur sur la croix du réel : « Vous rêvez et ne faites rien, vous voyez la misère et ne faites rien, vous êtes l’observateur de cette putréfaction mais vous ne faites rien : c’est la malédiction de l’auteur dramatique, c’est trop peu cher Monsieur de regarder et d’attendre, ils le font tous, tous regardent et attendent, ils observent la putréfaction et pourrissent avec ».

Christophe Perton

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