Wonderful world

1
2
3
4
5

Théâtre de la Bastille , Paris

Du 25 janvier au 02 février 2012

MUSIQUE & DANSE

,

Coups de coeur

Plasticienne, marquée par le théâtre, la performance, la danse mais aussi par le cinéma, Nathalie Béasse élabore de subtiles métamorphoses « entre centre et absence » comme dirait Henri Michaux. Une dynamique proche du rêve où les êtres s'opposent, s'affrontent, se rencontrent entre chien et loup dans un espace intermédiaire, une réalité fluctuante échappant à toute définition.
Continuer la lecture

Spectacle terminé depuis le 02 février 2012

 

Wonderful world

Mise en scène

Nathalie Béasse

Avec

Etienne Fague

,

Karim Fatihi

,

Erik Gerken

,

Pep Garrigues

,

Stéphane Imbert

  • Un spectacle entre théâtre et danse

Le corps espace et le corps dans l'espace. Ce sont d'abord cinq marathoniens affairés dans le mouvement infiniment réitéré d'une course haletante. Comme s'ils tendaient vers un but qui semble toujours s'éloigner.

Cet emportement méthodique cède bientôt la place à d'autres affrontements. Car ce spectacle entre danse et théâtre ingénieusement composé par Nathalie Béasse obéit à un principe d'instabilité. Il s'agit de saisir des phases microscopiques, des instantanés fugitifs, des glissements imperceptibles, le moment où une situation s'apprête à basculer où un mot va être prononcé.

Plasticienne, marquée par le théâtre, la performance, la danse mais aussi par le cinéma, Nathalie Béasse élabore de subtiles métamorphoses « entre centre et absence » comme dirait Henri Michaux. Une dynamique proche du rêve où les êtres s'opposent, s'affrontent, se rencontrent entre chien et loup dans un espace intermédiaire, une réalité fluctuante échappant à toute définition.

Hugues Le Tanneur

  • Une génèse

Wonderful world est né en travaillant deux jours dans une ancienne base sous-marine, le Life à Saint-Nazaire. J’y ai imaginé un homme qui venait de loin en courant pour nous annoncer quelque chose. Je suis très sensible aux espaces. J’écoute beaucoup « parler » les lieux, les architectures. Notre travail a commencé par des courses dans des couloirs. Un homme s’arrête puis dit un texte de messager antique juste après cette course et puis il recommence mais avec un costard-cravate et des mots d’aujourd’hui. On pourrait dire que c’est un spectacle d’anticipation poétique. Des hommes qui s’échapperaient de quelque part, d’une catastrophe, ou peut-être seulement d’eux-mêmes, de leur propre condition, de leur corps...

Un homme veut parler, il est empêché, un homme veut rire, il est empêché. Il s’avance pour nous parler, ils viennent le chercher, le jettent dehors, il revient, il est aussitôt écarté, on le fait disparaître. Ça commencerait comme un film, dans un espace entre le parking et le hall d’un vieux centre des congrès... Ils sont projetés à l’avant, très proches de nous, ils s’adressent à nous dans un temps présent, immédiat, dans une urgence. Empêcher : bas-latin impedicare (prendre au piège) composé du préfixe in (dans) et pedica (liens aux pieds, lacets d’où piège).

Entraver quelqu’un, rendre impossible, irréalisable, s’opposer à, faire obstacle, embarrasser, empêtrer, se défendre de, s’abstenir. Ils sont réunis pour un événement, ils se retrouvent autour d’une table et petit à petit les tensions naissent, les langues se délient, les corps s’expriment. Au début on verra tous ces empêchements, puis petit à petit l’explosion, des explosions. Parler de ce costume qui les enferme, de cette cravate qui les étrangle, de cette peau qui les démange, de cette parole qui n’arrive pas à sortir, de ces doigts qui n’arrivent pas à bouger, de cette course qui n’avance pas.

  • Un propos

Des thèmes s’affirment : comment l’être se débat (ou pas) face à l’empêchement, face à ce chaos intérieur et extérieur, et comment en rire...

« Voilà l’homme tout entier, s’en prenant à sa chaussure alors que c’est son pied le coupable. » Samuel Beckett

Je me pose aussi souvent des questions sur la naissance de la parole, sur comment va sortir le mot. Exprimer des pensées, des sensations devant un groupe, un public, une assemblée, un proche. être à l’écoute des silences entre les mots, être à l’écoute de cette mémoire qui cherche, de ces vides ou de ces trop-pleins. La narration n’est pas logique, chronologique. Les faits ne sont pas mis en avant, mais les situations concrètes servent de point de départ. Des dérapages vers l’onirique, comme des échappées, sur les frontières mentales, être sur un fil...

Un travail sensible qui touche à la perception de celui qui est sur scène et de celui qui regarde. Le rapport au cinéma dans ma recherche est aussi très important. Je pense souvent à la capacité du cinéma à dévoiler un corps, un cadre, un paysage ou bien une sensation, un hors-champ. Je travaille la scène en cadrant, en décadrant, en faisant des gros plans, en concentrant mon regard sur des éléments que je voudrais en premier plan, en arrière-plan, en flou. C’est un langage corporel qui s’écrit, se dévoile pour évoquer notre lien à la réalité, se plonger dans le présent et écouter d’autres espaces-temps. Les interprètes sont là avec le public, dans le temps présent, en relation directe avec lui. On joue quelque chose et à tout moment cela peut s’arrêter. Il faudrait être au bord de l’explosion...

  • Un son

Pour Wonderful world, la création musicale signée par Antoine Monzonis-Calvet, est un travail sur les nappes sonores, les strates, plutôt que des « morceaux ». On retrouve une ambiance musicale proche du cinéma. La musique souligne, sort de la tête des interprètes ou efface parfois le texte. Le son est présent pendant tout le spectacle. Il est conçu comme une dramaturgie sonore, un travail vivant, palpable et a le même statut que le texte. Je cherche des sons de l’ordre de la sensation, de la perception qui créent des atmosphères. Le son est travaillé en même temps que la mise en scène, comme le montage. C’est quelque chose de global : voix, son et présences s’entremêlent.

Nathalie Béasse

  • La presse en parle

« L'esthétique pauvre de Nathalie Béasse, son goût de la boîte blanche et du théâtre en abyme qui tricote Tchekhov avec Dante et les témoignages des ouvriers de chez Peugeot, sa touche très personnelle pour raconter les méandres du psychisme, imposent en douceur une écriture d'auteur. » Le Monde

Pourraient aussi vous intéresser

Avis du public : Wonderful world

0 Note

0 avis

1
2
3
4
5

Excellent


(0)

Très bon


(0)

Bon


(0)

Pas mal


(0)

Peut mieux faire


(0)
Donnez votre avis
Excellent
Très bon
Bon
Pas mal
Peut mieux faire
Vous pouvez consulter notre politique de modération
UTILES + NOTES + NOTES - RÉCENTS ANCIENS

Spectacles consultés récemment