Stavanger

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Studio Hébertot , Paris

Du 17 février au 09 avril 2017
Durée : 1h15

CONTEMPORAIN

Face à l'inconnu, tout être a ses questions. Sans aucun doute, nous partageons les mêmes.
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Spectacle terminé depuis le 09 avril 2017

 

Stavanger

De

Olivier Sourisse

Mise en scène

Quentin Defalt

Avec

Thomas Lempire

,

Sylvia Roux

  • Une nuit

Face à l'inconnu, tout être a ses questions. Sans aucun doute, nous partageons les mêmes.

L'avocate Florence Bernstein vient de convaincre un jeune homme, Simon, de ne pas rester allongé sur les rails du quai n° 5. Choqué, désemparé, il accepte de la suivre chez elle. Ces deux êtres perdus et solitaires vont profiter du temps suspendu de la nuit pour se livrer l'un à l'autre, tenter de panser leurs plaies, échanger sur leur vie, leur passé, jusqu'à la découverte extraordinaire d'un intérêt commun : Stavanger, ville portuaire de Norvège. On s'étonnerait de cette coïncidence dans une nuit ordinaire.

Mais vivent-ils une nuit ordinaire ?

  • Révéler les contrastes

Il n’est pas aisé de parler de ce spectacle sans en révéler la fin. Mais parler de la fin gâcherait tout plaisir aux futurs spectateurs. Alors que dire ? Stavanger est vraiment ce que l’on peut qualifier de pièce d’ambiance. Seuls, deux protagonistes, dans un espace clos, qui ne vont rien faire d’autre que de se parler, se sonder, se livrer, se juger, se dévoiler, l’un à l’autre, jusqu’à...

Il est un peu absurde de dire que la direction d’acteurs va être très importante, elle l’est évidement toujours ! Mais sans doute à des degrés différents. Dans Stavanger, la mise en scène même repose presque intégralement sur la direction d’acteurs. Dans cette pièce d’ambiance, de sensations, d’envies, tout n’est que jeu de non-dits, de silence, de tentatives. Tentatives de prendre la parole, de prendre le dessus, de prendre la fuite.

Les deux personnages, Simon et Florence, se rencontrent, elle l’a sauvé. Leurs différences sont évidentes, leur opposition manifeste. Il a froid, il le dit, souvent, cela l’obsède. Elle a envie de musique, de champagne, de danse, de chaleur, là aussi peut-être jusqu’à l’obsession. Il est tourmenté, elle semble sereine. Elle est chez elle, il semble perdu. Et pourtant, c’est criant, quelque chose les lie. Mettre en scène Stavanger, c’est donc dessiner les oppositions, les différences, les contrastes c’est faire naître les ambiguïtés, et les tensions véhiculées par le huis clos, c’est s’amuser à dérouler le fil d’une pelote de sentiments emmêlés au fur et à mesure que l’on avance vers le drame.

Et pour laisser s’exprimer pleinement le jeu des acteurs, central, essentiel, un grand soin sera apporté à l’univers de la pièce, au cadre. En premier lieu un travail de lumière extrêmement rigoureux sera réalisé. Précis et radical. Sans fioriture. Les tableaux, quatre en tout, se déroulent tous dans le même décor, la nuit. Cependant, les directions de lumières changeront. Une impression étrange, improbable, surprenante de rotation de l’espace naîtra alors chez le spectateur. La lumière doit porter les acteurs vers un autre espace-temps.

La scénographie sera épurée et chromatique : une grande table et une petite console en inox, deux chaises et un fauteuil. Un décor anguleux, froid, presque clinique. Enfin, une nappe sonore, présente en permanence pourra donner l’impression d’entendre un train sur les rails, des voix lointaines et inaudibles. Peu perceptible, cette nappe sonore ressurgira de temps à autre afin de sous-tendre le drame.

Quentin Defalt

  • Écrire pour mettre une voix sur des non-­dits

Ecrire sur la réconciliation m’a toujours hanté. Davantage si elle émane d’un secret que relie deux êtres que la vie a séparé. Une réconciliation qui commence par une étrange errance sur un quai, se poursuit dans un endroit changeant au fur et à mesure de l’avancée de leur rencontre, pour se consumer par le feu des étoiles, dans la pureté de Stavanger.

À la naissance, face au monde, on se sent démuni. C’est le cas pour Florence, la sœur, comme pour Simon, le frère. La première parce qu’elle grandit d’une façon ordinaire, accueillie sans effusion de joie par une mère effacée, en proie à une dépression chronique, et un père qui ne consent à l’être que par tradition, par l’instinct de survie qui domine la race humaine. Le second est né quelques années plus tard. Il apparut dans cette famille où l’ambition n’est pas une priorité, où l’on ne cherche pas à l’élever au rang d’élite. On l’envoie en vacances chez le cousin pour avoir la paix. Sans aucune aide, il doit trouver sa voie.

A l’âge adulte, ce sentiment de vide chez un enfant, agit forcément comme un désir de revivre son enfance. C’est d’autant plus vrai chez Florence, qui en découvrant le secret sur son frère, va puiser en elle cette force mystérieuse qu’elle possède et qui va l’aider à rattraper ce temps perdu. Avec Stavanger, j’ai voulu trouver la clef qui permet de modifier le cours d’une vie. A travers le prisme d’un secret de famille, on aborde l’enfance, ce qu’elle a été, ce qu’elle aurait dû être. Et pour que l’effet soit à la mesure de la conclusion, il fallait une entrée de jeu inhabituelle.

Un jeu que seuls deux acteurs que je connaissais bien pouvaient, à mes yeux, incarner, Sylvia Roux et Thomas Lempire. À les voir ensemble, oui, l’évidence était là. J’avais trouvé Florence et Simon.

Olivier Sourisse

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