
Seul en scène, royalement drôle, Xavier Simonin nous donne à voir et à entendre, avec virtuosité, l'une des œuvres les plus singulières de la littérature française contemporaine signée Éric Chevillard dont la langue libre, inventive, percutante s’avère un bonheur absolu.
Lorsque l'Européen pose le pied sur le sol africain, il est d'abord désemparé. Puis, sous le soleil de la brousse, s'ouvre à lui un grand poème...
Seul en scène, royalement drôle, Xavier Simonin nous donne à voir et à entendre, avec virtuosité, l'une des œuvres les plus singulières de la littérature française contemporaine signée Éric Chevillard dont la langue libre, inventive, percutante s’avère un bonheur absolu.
Passeport en poche, courez donc jusqu’à la Huchette pour un embarquement immédiat !
De mon enfance en Afrique, j’ai gardé plus que des souvenirs. En 2026, me voici toujours arpentant les pistes de brousse sahéliennes.
L’Afrique a-t-elle joué un rôle dans mon désir de monter sur des scènes de théâtre ? Je ne saurais le dire. Mais il est évident que des morceaux d’Afrique alimentent depuis toujours mon univers de création en France.
Mon père, naturaliste et sans doute né au creux d’un arbre, a transmis à la fratrie de quatre que nous sommes le goût des grands mammifères d’Afrique puis celui plus fragile des oiseaux d’Europe à notre retour en France. Des baobabs devenus hêtres, des champignons, des insectes, des lichens, les bouquetins remplaçants les lions, et dans nos jumelles la rousserole effarvatte en lieu et place de l’ombrette africaine, tout un monde venu soudainement compléter l’autre.
Un collègue comédien avisé m’offrit un soir, en cadeau de première dans ma loge, mon premier « Chevillard ». De Chevillard en Chevillard, le goût des mots et des situations alla crescendo dans une envie de les faire entendre, sans les conserver à mon jubilatoire plaisir de lecteur. Jusqu’à la rencontre ultime...forcément : Oreille Rouge !
Tout y est ! L’Afrique, la nature, ce savoureux décalage qui « nous » raconte si bien.
La graine semée, germe et avec elle la sève pour développer sa ramure. L’envie joyeuse d’incarner sur scène ce personnage devant se rendre au Mali. De partager avec un public cette prose inimitable, les sensations africaines et les ébahissements de cet auteur sorti de son contexte hexagonal. la page qui s’ouvre est irrémédiablement immaculée.
Ici, l’approche est minimaliste. L’envie de créer la surprise de façon discrète. Inattendue. Avec un roman d’Eric Chevillard, on ne sait jamais à quoi s’attendre. Je souhaiterais que le spectateur de théâtre ait la même surprise après que son billet soit déchiré par l’ouvreuse. Dans la multitude d’un Paris estival, niché au creux d’un théâtre tout en humilité, j’aimerais tenter de faire résonner un petit bruit qui, Si Dieu veut ! comme le lointain tam-tam envoie un signal de convergence à toutes les oreilles rouges, capterait celles-ci progressivement.
La proposition de jeu est de dédoubler le propos. Tantôt narrateur, tantôt personnage. Cet aller-retour permettant d’être tour à tour le sujet ou bien en anthropologie du sujet. Parfois dans l’action ou la tête du personnage, parfois en spectateur ou sous la loupe du monde qui regarde s’agiter la fourmi devant la miette.
Seul en scène. Une tonalité dominante accompagnera le spectacle. Celle de ces univers cinématographiques où des journalistes passaient des nuits sans sommeil à tirer sur des cigarettes toujours au mégot (Convoquons Jean Rouch !), ces tranches de vie où la photo tirait sur le sépia. Ceci permettant d’incruster des ruptures d’expositions élégantes quand on doit resserrer sur les nuits du personnage ou bien sur de soudaines brûlures au soleil d’Afrique.
Ce spectacle se veut léger pour pouvoir être jouer partout. En Afrique pourquoi pas ? Il n’est pas prétentieux. Il est à l’image du personnage. Tout étonné de se retrouver au milieu du monde, lui qui rêvait de la cour d’honneur ! Il partira sur les pistes... et commence par le velours parisien.
Pour l’heure, c’est au conteur de délivrer fidèlement non seulement la lettre mais l’esprit de l’auteur. Et Dieu sait s’il en a !
Xavier Simonin
Adaptation du roman d’Eric Chevillard. Un auteur original et spirituel, un langage riche et juste, tout cela porté par un acteur (Xavier Simonin) fin et doté d’une palette de jeu incroyable…Un combo parfait ! Voyage et rires garantis, et en chemin, l’Afrique se dévoile à nous, entre imaginaire et dur réalités. Il faut absolument voir cette pièce!
Pour 1 Notes
Adaptation du roman d’Eric Chevillard. Un auteur original et spirituel, un langage riche et juste, tout cela porté par un acteur (Xavier Simonin) fin et doté d’une palette de jeu incroyable…Un combo parfait ! Voyage et rires garantis, et en chemin, l’Afrique se dévoile à nous, entre imaginaire et dur réalités. Il faut absolument voir cette pièce!
23, rue de la Huchette 75005 Paris