
C’est le récit initiatique d'Estelle Meyer, avec en creux la protection et le regard de la célèbre avocate féministe Gisèle Halimi. Est-ce une grâce ou une fatalité d’être née femme ? Et comment alors déjouer les injonctions ? Niquer la fatalité ? À partir de 12 ans.
À partir de 12 ans.
C’est le récit initiatique, celui de la construction d’une jeune femme, Estelle Meyer, avec en creux la protection et le regard de la célèbre avocate féministe Gisèle Halimi. Est-ce une grâce ou une fatalité d’être née femme ? Et comment alors déjouer les injonctions ? Niquer la fatalité ? Niké, c’est aussi la déesse de la Victoire chez les grec·que·s. Comment exploser les moules préétablis pour s’appartenir enfin et créer une vie libre ? Dans ce dialogue d’amour avec une Gisèle Halimi morte et vivante à la fois, réelle et pourtant rêvée, un chemin de confidences et de révolte s’ouvre pour réinventer humblement et puissamment ce que c’est que d’être vivant·e·s.
À la mort de Gisèle Halimi, je découvre, époustouflée, son œuvre. Cette femme est plus moderne que moi ! Elle tire tout le continent humain de sa clairvoyance et de sa ferveur. Son combat, sa route, ses forces me devancent, me donnent du courage et du sang pour faire battre mes pas. Une sensation d’un rythme cardiaque commun, rappelant l’essentiel : le grand hurlement de vie qui repousse toutes les forces de la mort. Cette rencontre littéraire avec elle, par-delà son décès, la découverte de sa personnalité puis la rencontre des gens qui l’ont côtoyée, ouvrent alors un dialogue incessant en moi. Un rapport talisman à son passage sur terre. Et une confiance dans les difficultés traversées. Celles-ci aboutiront. Il faut les affronter, ouvrir la porte aux monstres, à la cascade de l’enfance, aux mots coincés, faire confiance aux grandes rivières d’air frais que sont l’écriture et le théâtre.
Commencent alors à s’activer en moi : une parole, une mémoire, l’urgence d’écrire, de témoigner et de transformer mes matériaux brûlants. D’en faire quelque chose. D’en faire récit, théâtre et catharsis. Purification des blessures. Il y a en moi tout un continent qui demande à crier, à chanter, à guérir, à dire. Le continent femme. Une révolte qui couve depuis l’avant moi. Dans ma lignée, dans mes veines, les femmes trépignent et attendent. Dans une lignée, il y a ce qui a été dit et ce qui ne l’a pas été. Il y a les absurdités, les traumatismes, l’amour, la sensualité, le silence, l’étrange, le pouvoir, la jouissance, des bébés sortis des jambes de femmes. Mais pour devenir soi, il s’agit de s’emparer de soi, de regarder ses traces pour les comprendre. Et surtout de poser les mots dessus. Que les pulsions se subliment, ouvrent des fenêtres de réparation pour d’autres.
Tout le travail de Gisèle part d’une cause intime pour faire avancer le tout. Le combat, la défense d’une femme devenant celui de toutes les femmes et faisant avancer la société entière. On lui doit le procès de la torture. La législation pour punir et reconnaître enfin le viol. Le droit d’avorter. Des bascules de société fondamentales, immenses à reconquérir et affirmer toujours plus puissamment. Que les victimes soient entendues, défendues et protégées. Déjà en nous-mêmes.
« Ce spectacle-manifeste est aussi une ode à la vie, chantée et dansée, en compagnie de deux talentueux musiciens. La voix grave et ronde d’Estelle Meyer sublime l’amour et la sensualité qu’elle célèbre à foison. L’évocation de la violence vécue à l’adolescence crée cependant une faille inattendue dans ce récit d’abord si drôle et confiant, mené avec le désir, surtout, de captiver l’auditoire. » Télérama TTT
« Estelle Meyer a cette faculté impressionnante de faire de la représentation une offrande et une cérémonie où chacun et chacune a sa place, elle ne prend pas en otage, elle invite. » Sceneweb
« En détaillant les étapes qui ont conduit l’enfant tôt passionnée par le théâtre à la femme puissante qu’elle est maintenant, l’autrice et interprète fait des choses souvent déconsidérées parce que féminines les fondements d’une œuvre belle et complexe. » Politis
« Dirigée au cordeau par Margaux Eskenazi, Estelle Meyer manie les mots aussi bien que la musique, omniprésente ici. (...) Tout chez elle captive : sa présence, son naturel, sa puissance poétique. » Le Canard enchaîné
37 bis, bd de la Chapelle 75010 Paris