Music Hall

Boutonnière , Paris

Du 26 novembre au 19 décembre 2009
Durée : 1h30

CONTEMPORAIN

,

Coups de coeur

Allez découvrir la célèbre pièce de Jean-Luc Lagarce au cœur d’une ancienne fabrique de boutons, devenue petit théâtre. Cette mise en scène pleine de finesse mêle à ces confidences d’artistes de vieux airs de tango argentin. L’émotion des acteurs donne à ce texte des accents saisissants de vérité !
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Spectacle terminé depuis le 19 décembre 2009

 

Music Hall

De

Jean-Luc Lagarce

Mise en scène

Sophie Gazel

Avec

Yves Buchin

,

Pablo Contestabile

,

Laurence Guatarbes

A propos de Music Hall
Notes de mise en scène
Extraits de presse

  • A propos de Music-Hall

Sur de vieux airs de tango argentin et quelques pas empruntés à la Milonga, dans l'intimité d'un cabaret abîmé par les années, la Fille et les deux Boys vont faire leur numéro. Pourtant ce soir n'est pas un soir comme tous les autres ; alors qu'ils se protègent derrière des pas de danse qui démontrent une certaine dignité, ils contemplent leur manque absolu de contrôle de leur destiné et nous livrent leur histoire en témoignant des jours de gloire passés et des humiliations vécues lors des tournées pour « gagner leur vie » tant bien que mal… Ce soir c'est leur vie d'artiste qu'ils racontent, leur vie à tout prix, avec ou sans public.

Music-Hall (pièce écrite en 1989) est l’histoire de trois artistes qui vont de ville en ville pour jouer leur spectacle et gagner leur vie autant qu’il leur est possible malgré les conditions misérables qu’ils rencontrent dans chaque lieu qui les accueille.

« Comme tous les soirs, dans cette ville-là comme dans toutes les autres villes (…) la Fille jouera sa petite histoire, prendra des mines, habile à prendre des mines, fredonnera chansonnette et esquissera pas de danse. Comme tous les soirs, dans cette ville-là comme dans toutes les autres villes, elle racontera la journée terrible qui s’achève, la journée pénible qui s’achève, récit des diverses humiliations et aléas divers. » Jean-Luc Lagarce

« Une nuit, à la sortie de la gare de Besançon (Doubs), j'ai vu sous la neige, portant ses valises et renonçant aux taxis, s'éloigner le chanteur Ringo Willy Cat, celui-là qui épousa la chanteuse Sheila, qui fut une grande vedette, comme nous disions, qui chanta avec lorsqu'ils se marièrent, "Laisse les gondoles à Venise..." - mon frère et moi, nous reprenions le refrain en choeur - et qui venait pour deux soirs, un vendredi et un samedi, chanter ses anciens succès dans une boîte à streap-tease de cette froide ville de l'Est. Le plafond était si bas - je ne m'en souviens plus - le plafond était si bas que l'actrice décida de ne pas mettre ses souliers à hauts talons de peur de toucher les projecteurs avec son chignon alambiqué. Derrière un rideau, une fois, et cela parlait d'acteurs encore, une chanteuse fondit en larmes aussitôt le rideau baissé et toute la salle l'entendit et éclata de rire. » Jean-Luc Lagarce, octobre 1989

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  • Notes de mise en scène

Music-hall est la première pièce de Jean Luc Lagarce que j’ai lue il y a 11 ans. J'ai d'abord éprouvéun sentiment de reconnaissance et de gratitude … quelqu’un avait su décrire enfin ce dont on n’ose jamais parler parce que la pudeur nous en empêche et l’aveu de l’humiliation n’est jamais chose facile.

Création d’un contexte
Pour raconter cette histoire je choisis de créer un contexte musical. Sur de vieux airs de tango argentin et quelques pas empruntés à la Milonga, dans l’intimité d’un cabaret abîmé par les années, la Fille et les deux Boys vont faire leur numéro. Alors qu’ils se protègent derrière des pas de danse qui démontrent une certaine dignité, ils contemplent leur manque absolu de contrôle de leur destiné et nous livrent leur histoire en témoignant des jours de gloire passés et des humiliations vécues lors des tournées pour « gagner leur vie » tant bien que mal.

Faire un état des lieux des conditions artistiques qui sont celles des petites compagnies
Ce qui motive mon intérêt pour ce texte c’est de pouvoir mettre en scène ce mystère qui est celui des artistes de la scène, prêts à tous les compromis et tous les sacrifices pour être ne serait- ce que quelques instants sur scène dans la lumière sous le regard d’autres… le public.

Un humour qui puise sa force dans la dérision
Si les personnages de Music Hall sont drôles c’est parce que l’on rit nerveusement, fébrilement, face à la tragédie qui est la leur et qu’ils nous offrent avec pudeur, humour et dérision. Je souhaite mettre en valeur cet humour grâce au jeu de la Fille qui va utiliser les obstacles qui sont ceux rencontrés en même temps qu’elle en parle au public.

Elle démontre en même temps qu’elle dénonce. Elle montre le parcours qu’elle doit inventer lorsqu’il n’y a pas de porte au fond de la scène, elle montre ce qu’est un déplacement « lent et désinvolte », elle joue les différents obstacles rencontrés pour effectuer ses chorégraphies sur tout ce qui n’est pas son tabouret sur pied élevés.

Ici j’en profite pour travailler la mise en scène des objets, le tabouret sur pied élevés, la chaise, le tabouret à traire les vaches …véritables partenaires de jeu et pièces essentielles du comique de dérision. « Comment faire un tour complet sur une chaise, je leur demandais, comment faire un tour complet, comme ça … Bon j’y arrivais ! Et je tournais, je faisais un tour complet… »

Pourquoi le tango ?
C’est vers 1880 que l’on s’accorde à situer la naissance du tango comme le produit de la culture du peuple très mélangé des taudis des villes portuaires de Buenos Aires, Rosario et Montevideo. C’est ensuite à Buenos Aires qu’il s’est particulièrement développé. On peut imaginer gueux locaux et émigrés, réunis par leur misère se réchauffant mutuellement autour d’un feu ou d’un poêle et se chantant les uns les autres des airs de leur pays d’origine.

Les premières chansons évoquent des histoires de sexe, de règlement de compte, descriptions des meilleures méthodes pour berner les filles…

A partir de 1917 il évolue vers de nouvelles manières en exprimant, avec nettement plus de délicatesse, des sentiments mélancoliques, faits de rage contenue et de tristesse exacerbée ou encore de considérations métaphysiques. C’est en ce point que je souhaite faire le lien avec les personnages de Music-hall. S’ils ont quelque chose à voir avec cette situation du déracinement permanent, ils portent aussi une parole proche des thèmes que l’on retrouve dans les histoires de tango … car dans le Tango il s’agit bien de véritables histoires qui racontent la vie des hommes avec ses accents dramatiques et passionnés, avec ses thèmes récurrents qui sont l’amour et ses déchirements et les témoignages de la misère humaine.

Cette partie de création musicale, me permet de faire exprimer autrement aux personnages ce qui se dit déjà dans le texte de Jean Luc Lagarce, en donnant à cette expression un corps et une esthétique artistique qui sera comme la continuité du texte.

L’utilisation du tango me permet d’illustrer, de mettre en image des contrastes intéressants pour servir la dramaturgie : Une situation de plus en plus noire et désespérée / des corps qui gardent coûte que coûte leur dignité car le Tango offre au corps maintien, allure, noblesse et arrogance, le Tango exprimant la noblesse de l’esprit humain qui apprend à supporter ses souffrances.

Mon travail de mise en scène et de mise en relation du texte de J.-L. Lagarce avec le Tango sera de créer un espace musical propice au récit et à la contemplation de la triste destinée qui a conduit nos personnages jusqu’au soir de la représentation.

Traitement du temps 
Pour travailler la proximité et l’intimité avec le public je souhaite utiliser les outils propres à l’art du conte et du griot qui offre un traitement du temps particulier. Il y a le temps du conteur, du griot, incarné par l’un des deux boys accompagné de son accordéon où il conte au public certains épisodes intimes de leur existence et de leur déchéance pendant que les autres personnages sont dans un temps ralenti qui offre une dimension onirique. Et puis il y a le temps de l’action où les trois personnages vivent sous les yeux du public les obstacles qui sont les leurs et s’expriment à travers le tango. Ce passage d’un temps à l’autre offre une qualité différente selon le contenu du texte… il y a le temps de la confession, récit de leur existence, et le temps de l’action, de la relation et du spectacle musical, chanté et dansé.

Traitement de l’espace et de la scénographie
Un espace qui raconte déjà l’histoire par son aspect misérable, usé par le temps, couleurs défraîchies et qui marque son identité grâce à quelques reliques de mauvais goût qui viennent rappeler qu’il s’agit d’un cabaret. Un comptoir de bar, quelques tables guéridons dans la continuité des gradins de la salle où viendra aussi s’installer le public.

Nous aurons le plaisir de retrouver l’espace du Théâtre de la Boutonnière intéressant par ses dimensions atypiques, car il contraint à renouveler les dispositifs scéniques en donnant constamment des défis d’ordre pratique qui permettent une adaptation entièrement dédiée au lieu de sa création : faire en sorte que l’on se dise que le lieu est fait pour cette pièce et vice et versa. Par ses dimensions le Théâtre de la Boutonnière offre une intimité avec le public qui peut avoir l’impression d’être accueilli au cœur même du dispositif scénique et de l’espace dramatique. Il est dans le lieu même où se déroule le drame et partage en quelque sorte l’espace scénique avec les personnages de Music-hall.

Enfin et pour terminer, ce travail de mise en scène est pour moi l’occasion d'aborder un thème d’actualité : la remise en question de l’exception culturelle française dans sa forme et dans son système de fonctionnement. On se pose tous les mêmes questions : que vont devenir « les petits » lieux et « les petites » compagnies déjà réduites à une existence de survie ? Jusqu’où l’artiste est-il prêt à aller pour poursuivre le spectacle ? The Show must go on?

Sophie Gazel, Paris le 6 Septembre 2008

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  • Extraits de presse
  • « Sublime et désinvolte, un Music Hall sensuel et renversant... » Les Trois Coups

    «  On parle de la « petite musique » de Marguerite Duras. On peut parler ausi de celle de Lagarce. Elle nous prend au creux de l’estomac, elle ne nous lâche pas, comme un refrain mélancolique, longtemps après avoir quitté le théâtre...  » Le Figaro

    « ...La pièce est poignante et ces trois comédiens généreux émeuvent d’un bout à l’autre. » Marie Oridinis

    « ...On quitte la représentation, troublés, touchés par la grâce et la fragilité des acteurs, bercés par la mélancolie rieuse des rythmes tangos, comme si on y lisait la chronique d'une mort annoncée, celle des troupes de théâtre qui parent encore nos villes des paillettes du music hall. » Froogy's Delight

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    Viviane C. (1 avis) 16 novembre 2009

    Music Hall Je suis très heureuse que se joue à nouveau ce spectacle que j'ai adoré. Le charme fou du lieu, la poésie de Lagarce, la présence magnifique de cette actrice, qui petit à petit et de plus en plus fort nous révèle toute sa fragilité, sa vulnérabilité, son humanité, que d'émotions!!! J'en ai encore la chair de poule! Ce soir là je n'avais pas pris le temps de vous remercier pour cette soirée, mais c'est certain, je vais revenir et cette fois-ci promis je resterai pour partager un verre avec vous et ainsi vous rencontrer. Amitiés Viviane Carré
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