Montserrat

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Théâtre du Nord-Ouest , Paris

Du 09 mars au 02 juin 2002

CONTEMPORAIN

L’espoir de sauver un homme exceptionnel vaut-il le sacrifice de six innocents ? Un des classiques d’aujourd’hui.
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Spectacle terminé depuis le 02 juin 2002

 

Montserrat

De

Emmanuel Roblès

Mise en scène

Pascal Faber

Avec

Frédérik Antoni

,

Patrice Bouret

,

Frédéric Carcelle

,

Stéphane Dauch

,

Bernard Frémaux

,

Eliane Kherris

,

Xavier Lagarin

,

Gilles Langlois

,

Robert Marcy

,

Bruno Pinchede

,

Virginie Raccosta

Présentation
Ce n’est qu’en descendant au plus profond du puits de la perversité qu’on y trouve des larmes
La barbarie n'a pas d'époque

Au Venezuela, au début du XIX ème siècle, Montserrat, officier espagnol, trahit ses compagnons d’armes, s’oppose par idéal à sa hiérarchie et épouse la cause de Simon Bolivar. Démasqué, cet idéaliste est soumis à la seule torture qui puisse l’atteindre, une torture morale. Six otages, arrêtés au hasard dans la rue, vont constituer l’enjeu d’un chantage. Ils seront exécutés au bout d’une heure si Montserrat ne livre pas Bolivar, chef de la révolte. Montserrat doit donc choisir : livrer à la mort six innocents, ou trahir Bolivar, libérateur potentiel de tout un peuple accablé sous la contrainte d’un colonisateur.

A-t-on le droit de sacrifier à coup sûr quelques innocents pour donner une « éventuelle » chance de liberté et de dignité à tout un peuple ? Qui l’emportera : le pitié immédiate pour six vies humaines, ou une idéologie au service de toute une nation ? Confronté à ce terrible choix, Montserrat entre ainsi dans une culpabilité et une torture morale inséparable de l’action.

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La pièce est un huis clos, une confrontation où sadisme et manipulation atteignent toute leur démesure. Montserrat et Izquierdo sont irrémédiablement pris l’un l’autre dans un engrenage qui finira par les dépasser. Un combat à l’issue duquel il n’y aura pas de vainqueur, un voyage au bout de l’horreur, dans lequel Dieu est « absent ».

Pour conjurer son propre désarroi, ses terreurs, ses peurs effrayantes, Izquierdo fera expier à tous ceux qui ont encore de l’espoir, à tous ceux qui croient en l’avenir de l’homme, ses terreurs paniques ; ce moment où enseveli dans le sable par les insurgés, il ne ressentait plus que sa peur et n’entendait plus que ces rires qui remplissaient le ciel vide. Cette intolérable joie des autres.

Derrière le rire cynique et impudent d’Izquierdo se dissimule la peur la plus atroce de toute puisqu’elle exige pour être conjurée un besoin de cruauté et un incoercible besoin d’humilier, de piétiner chez les autres cette dignité humaine dont il a lui-même perdu tout vestiges. Il a perdu son âme, toutes perspectives, toutes espérances et toutes croyances. Et c’est bien pour conjurer ses propres peurs qu’il manipule et orchestre, dans un insoutenable suspense et de façon spectaculaire, la mort des autres.

Quant à Montserrat, son arme reste la foi en l’homme, « l’espoir de l’homme », qu’il faut coûte que coûte préserver et son combat n’est pas celui d’un fanatique religieux ou d’un quelconque illuminé de Dieu. Le héros de Roblès est totalement confiant dans l’efficacité de son geste. Sa mort sera l’acte le plus lucide et le plus significatif de sa vie entière.

L’homme a l’homme pour compagnon, l’humanité est seule.

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Le thème de la pièce est universel et d’actualité. L’œuvre se joue au présent tant sa contemporanéité est évidente. En effet, cette cruauté, ces massacres, ne sont pas spécifiquement de l’époque Bolivarienne où l’auteur situe sa pièce. Depuis des siècles et au quatre coins du monde, la même douleur fait hurler les hommes.

Ceux qui en 1812 torturaient à mort tous les Vénézueliens, ceux-là ont eut leurs disciples à vrai dire dans la plupart des pays civilisés. Et il est difficile aujourd’hui de s’arranger avec la réalité du nazisme, des déportés du Kosovo, des camps d’extermination de Sébrénica. Difficile de s’arranger avec les massacres d’Algérie, le génocide Rwandais ou les nettoyages ethniques de Serbie. Tous ces morts pour rien et l’on recommence ici où là, dans cette époque ou dans une autre… les mêmes crimes, dans une même ronde et nous reproduisons et rejouons les mêmes tragédies, vingt cinq siècles après celles écrites par Sophocle.

Et c’est par ce souci d’universalité que nous avons choisi de mettre en scène cette œuvre de Emmanuel Roblès, suivant un axe intemporel, sans réelle identification ethnique ou militaire, n’ayant pas peur d’un quelconque anachronisme.

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