MacBeth

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Gyptis Théâtre , Marseille

Du 22 janvier au 09 février 2013
Durée : 2 heures

CLASSIQUE

Plongés dans une métaphysique du Mal, nous voyons l’obscurité gagner le Monde et le pourrir irrémédiablement. Dans le silence funèbre des champs de bataille, la barbarie des combats achevés, les arbres de la forêt magique sont décapités, calcinés, noirs squelettes d’une fin du monde annoncée.
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Spectacle terminé depuis le 09 février 2013

 

Photos & vidéos

MacBeth

De

William Shakespeare

Mise en scène

Françoise Chatôt

Avec

Agnès Audiffren

,

Didier Bourguignon

,

Aude Candela

,

Jacques Germain

,

Michel Grisoni

,

Maïa Jarville

,

Martin Kamoun

,

Rémi Pedevilla

,

Charles-Éric Petit

Après Roméo et Juliette, créer Macbeth allait presque de soi. Cette autre histoire de couple trouvant l’accomplissement de sa sexualité dans la quête, tout aussi érotique, du pouvoir me fascinait.

Puis, en grattant cette écorce forcément collée à la peau de Macbeth, je me suis rendu compte que le vrai sujet était masqué. Cette pièce qui semble de prime abord une fable tragique sur le pouvoir se révèle être aussi, plus fondamentalement, celle de la corruption du monde par le Mal, jusqu’à sa destruction totale. Comme si, dans un Éden rêvé, un paradis terrestre, où le cosmos est en harmonie avec une nature inviolée, le Mal s’infiltrait, pénétrait sournoisement, contaminant petit à petit un monde lumineux pour le rendre aux ténèbres.

Les sorcières, nymphes ou dryades, êtres surnaturels peuplant cette nature vierge, ne sont ni bonnes ni mauvaises. Libre à soi d’interpréter leurs oracles, comptines, danses et incantations, comme bon lui semble. Leurs prédictions se révèleront fatales pour Macbeth parce qu’elles révèlent son désir inconscient du pouvoir royal. Il ne lui reste que le passage à l’acte, qu’attise avec ardeur Lady Macbeth, pour devenir meurtrier.

Ce premier meurtre bouleverse l’ordre établi : l’air, la terre, la mer, la nature entière en est ébranlée. Car ici le Mal accouplé au remord rend fou ; dès qu’il a tué le roi Duncan, Macbeth ressent une terreur confinant très vite à la démence qui s’avèrera furieuse ; il se retrouve seul, coupable, meurtre après meurtre, dans un engrenage inéluctable.

Lady Macbeth qui paraissait plus déterminée et consciente, finira par s’effondrer également, dans une hallucination obsessionnelle.

Plongés dans une métaphysique du Mal, nous voyons l’obscurité gagner le Monde et le pourrir irrémédiablement. Dans le silence funèbre des champs de bataille, la barbarie des combats achevés, les arbres de la forêt magique sont décapités, calcinés, noirs squelettes d’une fin du monde annoncée.

Une mise en scène rêvée agirait comme si un monde clair et merveilleux se transformait en une boule noire qui roule irrésistiblement et de plus en plus vite vers son explosion finale plongeant le monde dans le noir Chaos.
Françoise Chatôt

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