Lorenzaccio

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Cartoucherie - Théâtre de l'Aquarium , Paris

Du 26 septembre au 15 octobre 2017
Durée : 2 heures

CLASSIQUE

Catherine Marnas relève le défi qu’est cette pièce réputée injouable (80 personnages, 36 décors !) et en propose avec ses 8 comédiens fougueux une version resserrée qui virevolte du rire au polar, du rock au baroque, muscle l’intrigue et en magnifie l’actualité politique : flamboyant !
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Lorenzaccio

De

Alfred de Musset

Mise en scène

Catherine Marnas

Avec

Clémentine Couic

,

Julien Duval

,

Zoé Gauchet

,

Francis Leplay

,

Franck Manzoni

,

Jules Sagot

,

Yacine Sif El Islam

,

Bénédicte Simon

  • Lutter sert-il encore à quelque chose ?

1537. Florence est devenue une orgie sans fin vouée au seul « bon plaisir » du tyran Alexandre de Médicis. Indigné par la lâcheté ambiante, le jeune lettré Lorenzo décide d’assassiner lui-même le despote pour rétablir la République. Mais pour y parvenir, il doit prendre le masque de l’ami et s’enfoncer avec lui dans l’abject, quitte à perdre en chemin toutes ses illusions...

La pièce (écrite en 1834) fait étonnamment écho à notre propre désenchantement : lutter sert-il encore à quelque chose quand les politiques semblent cyniquement ne travailler qu’à leur propre reconduction ? Lorenzaccio, devenu dandy ricaneur, en fait le pari fou. Tout comme Lorenzaccio, Catherine Marnas relève le défi qu’est cette pièce réputée injouable (80 personnages, 36 décors !) et en propose avec ses 8 comédiens fougueux une version resserrée qui virevolte du rire au polar, du rock au baroque, muscle l’intrigue et en magnifie l’actualité politique : flamboyant !

  • La presse

« C. Marnas donne à voir le monde devenu théâtre, celui qui se joue aujourd’hui au quotidien dans les médias et sur la scène politique. Une petite pépite anachronique. » Les Inrockuptibles

« Jeunesses perdues, indignez-vous ! Catherine Marnas signe une mise en scène « trash » et percutante d'un Lorenzaccio de notre temps. » Didier Méreuze, La Croix

« Une mise en scène enlevée, réfléchie, qui interroge le coeur même du texte de Musset de façon tonique en refusant les effluves romantiques. Avec une belle distribution. » Le Monde.fr

  • Pile ou face

Malgré la légèreté apparente de la formulation, je crois qu’il faut prendre très au sérieux le pari que lance Lorenzo à Philippe avant d’accomplir son geste. Pile : est-ce que le meurtre sera inutile ? Face : est-ce que les républicains en profiteront pour rétablir : « La plus belle république qui ait vécu sur la terre » ? Même si Lorenzo affecte de ne pas y croire, il l’espère, et c’est le résultat de ce défi qu’il viendra jeter avec la clef de sa chambre au pied de Philippe, lui crachant à la figure tout le désespoir, le mal-être, l’amertume d’une génération. Bien sûr, la référence historique de l’époque de Louis-Philippe est claire. La réflexion acerbe et douloureuse sur l’inanité de toute action politique après la révolution « récupérée » de 1830 fait évidemment écho aujourd’hui. Il n’est pas nécessaire de s’y étendre si ce n’est d’aller fouiller un peu plus loin dans les parallèles plus implicites avec notre époque par bien des aspects «Louis-Philipparde». C’est d’ailleurs devenu un terme journalistique courant, un adjectif commun. Jeunesse déçue, crise économique, monde politique vulgaire et cynique, valeur absolue de l’économie, tendances réactionnaires... On pourrait énumérer bien des points communs qui sont bien sûr présents dans la mise en scène.

Mais ce qui m’attire dans cette pièce est en quelque sorte plus obscur, plus ténu : une sorte d’intuition, un écho à la fois poétique et philosophique. Lorenzo, comme une métaphore de notre inquiétude, est à l’affût d’une rumeur lointaine, rumeur du futur dont on ne sait s’il s’agit d’un grondement d’apocalypse annoncée- thèse la plus partagée et que l’on a tous plus ou moins intégrée (catastrophe écologique, démographique, nucléaire...), peur qui paralyse et amène la dépression diffuse que l’on vit actuellement. Ou bien y aurait-il un espoir, un changement possible mais lequel ? Le geste de Lorenzo serait donc une manière d’accélérer le processus, une façon de jouer aux dés pour être fixé plus vite : l’attente est trop longue. C’est cette impatience qui m’a amenée à resserrer le texte et à réduire le nombre des personnages tout en respectant scrupuleusement la langue de Musset. L’action est très centrée sur Lorenzo, le rapprochant de son frère shakespearien Hamlet. La pièce peut être vue comme l’extériorisation du bouillonnement de ses propres interrogations. Comme autant de doubles, certains personnages sont des figures, des postures différentes : changer la tyrannie par l’amour comme la marquise, agir sans réfléchir comme Pierre... Mais le double le plus évident est Philippe. Souvent caricaturé dans les mises en scène, Philippe Strozzi, « L’homme sans bras », est largement réhabilité.

La grande scène de Lorenzo et Philippe devient en quelque sorte l’axe central : une sorte de dialogue à l’intérieur de nos propres têtes. L’humaniste Philippe veut s’accrocher à sa croyance au savoir, à la culture et à l’humanité et le désespoir de Lorenzo correspond à nos doutes face au côté noir du réel et du vécu :

« J’ai plongé... j’ai vu les hommes tels qu’ils sont ». Face à certains événements, il est difficile de garder ses idéaux intacts et de ne pas verser dans un désespoir misanthrope. Restent sur le pavé les victimes collatérales : les jeunes étudiants, mais aussi les femmes, la mère de Lorenzo, Catherine, Louise... Cette vision de Lorenzaccio est sans doute plus dure et plus noire que l’image que nous pouvons nous faire du romantisme classique. Mais Musset ne tranche pas et c’est là toute la subtilité de son écriture, il exacerbe les questions. Lorenzo cristallise nos tensions : désirs d’angélisme, de sauvetage de l’humanité et, en même temps, dandy ricanant, cynique, nonchalant et blasé. Vision que j’espère non désespérément nihiliste mais aspiration à un regard en distance, allégé, distance énoncée par Lorenzo « Ce que vous dites là est parfaitement vrai et parfaitement faux comme tout au monde ».

  • Jeux de pouvoir

Lorenzaccio est un drame romantique, en cinq actes, écrit par Alfred de Musset, en 1834, sur une idée de George Sand, qui lui avait confié le manuscrit de sa scène historique inédite intitulée Une conspiration en 1537. Il est publié en août 1834, dans le premier tome de la seconde livraison d’Un Spectacle dans un fauteuil. Il y présente un héros romantique, Lorenzo.

L’intrigue de cette pièce est une reprise d’événements réels racontés dans une chronique de la Renaissance sur la vie de Florence au XVIe siècle : La Storia fiorentina de Benedetto Varchi. Mais Musset a modifié la fin de l’histoire. En effet dans la réalité, Lorenzo s’enfuit, reste en vie encore quelques années et sa mère lui survit, alors que le personnage de la pièce se laisse tuer après avoir appris le décès de celle qui lui a donné la vie. Les anachronismes et « erreurs » historiques sont en fait nombreux dans le drame, montrant à quel point la fidélité historique n’était pas la priorité du dramaturge. En ce sens, on peut donc bien dire que c’est un drame historique que Musset a écrit à partir d’une scène historique.

Il a été joué, pour la première fois, de façon posthume, au théâtre de la Renaissance en 1896, dans une version en cinq actes et un épilogue, mise en scène par Armand d’Artois, avec Sarah Bernhardt dans le rôle-titre.L’action se déroule à Florence en janvier 1537. Lorenzo de Médicis, jeune débauché cynique, pourvoit aux plaisirs de son cousin, le tyran de Florence, le duc Alexandre de Médicis. Peu à peu derrière le masque de l’homme corrompu apparaît un autre Lorenzo, bien différent du méprisé Lorenzaccio, puisqu’il aspire à assassiner le duc et ainsi à offrir aux Florentins la possibilité de reconquérir leur liberté. Le drame politique se double d’un drame psychologique ; dans une longue confession (acte III, scène 3) Lorenzo avoue son impossibilité à renouer avec l’enfant idéaliste qu’il a été ; habité par l’idée du meurtre d’Alexandre, qui seul lui donne une consistance, il ne pourra lui survivre. Le dernier acte, après la mort du duc, confirme la vision pessimiste de Lorenzo : Florence se donne un nouveau maître, Cosme de Médicis, et condamne à mort celui qui aurait dû être son libérateur.

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