Les asperges à Rommel

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Aktéon , Paris

Du 11 février au 05 avril 2002

CONTEMPORAIN

Chroniques de la guerre de 39 vécues et racontées par un couple de la campagne normande.« Rommel avait planté des poteaux sur les plages, depuis Granville jusqu’à Cherbourg. Y’avait une mine sur chaque… On appelait ça : Les asperges à Rommel »…« Ces histoires sur la guerre de 39, je les ai entend
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Spectacle terminé depuis le 05 avril 2002

 

Les asperges à Rommel

De

Christophe Hatey

Mise en scène

Gérard Grobman

Avec

Roger Devau

,

Christophe Hatey


Le Spectacle

Note de l’auteur
Notes de mise en scène
L‘air du verseau au fil du temps
Extraits de presse
Extraits

L’homme, la casquette sur la tête, finit d’essuyer la vaisselle en chantonnant. La femme entre, vêtue d’une blouse bleue, un colis à la main.
Dans le colis, des œufs, des pommes… : « Vous emmenerez çà chez vous. » L’homme débouche une bouteille de cidre pendant que sa femme s’assied à la table. Louis et Yvette, agriculteurs normands, ont vécu dans leur quotidien cette guerre qui les a séparés.
Louis a été cinq ans prisonnier dans un « Stalag » de Berlin, où il a appris l’obéissance. Pour « s’évader », il chantait en lavant son linge . Pendant ce temps, sa femme, restée seule avec le petiot, s’occupait de la ferme, trouvait des combines pour s’en sortir. Au retour de son mari, elle a gardé le pouvoir qu’elle avait assis pendant ses années d’absence. Quant à Louis, il continue à chanter dans les champs pour ses vaches. Pendant une heure, ils racontent et chantent leur guerre, de la mobilisation à la libération. Les anecdotes, les chansons de l'époque, les peurs, les joies… La force de l'évocation restitue le passé, lui donne chair, et nous plonge dans une période marquante de notre siècle.

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« Ces histoires sur la guerre de 39, je les ai entendues de nombreuses fois. Un mot, une analogie et le sujet était lancé : L'occupation, les réquisitions, Berlin… Enfant, j’étais captivé par ces récits où mes grands-parents étaient des héros. Adulte, l’attrait est intacte et je réalise l'aspect théâtral de ces souvenirs. Il m’a paru important de coucher sur le papier cette mémoire délivrée dans le désordre, afin d’en faire une pièce, une chronique, pour rendre plus concrète une guerre qui, bien que proche de nous, fait déjà partie de l’ «Histoire».

C. Hatey

«  Rommel avait fait planter des poteaux sur les plages, depuis Granville jusqu’à Cherbourg. Y’avait une mine sur chaque… on appelait çà : « Les asperges à Rommel ». Gérard Grobman semble être le metteur en scène idéal pour notre projet. Ayant auparavant abordé le sujet de la guerre, passionné de chant, avec Mario gonzales, il a travaillé le conte qui lui paraît un art majeur.

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Une simple succession de souvenirs mis bout à bout n’aurait pas constitué un matériau suffisant pour prétendre à une représentation ; mais ici, nos deux protagonistes, se livrant à un tiers (le public), se racontent en réalité l’un à l’autre leurs six années de séparation.
Six ans au cours desquels ils ont du faire face, chacun de leur côté, à des situations extrêmes. Cependant leur récit si obstinément terrien contraste violemment avec les bouleversements mondiaux de l’époque, et les condamne à une humilité d’anti-héros.
Contrairement à la façon dont les journaux télévisés nous transmettent l’information, ici, on n’est pas à l’abri derrière une télévision qui fait « écran » entre nous et les événements. A travers ce texte, le spectateur suit à la trace le destin de ce couple.
Il est fondamental qu’aucun fait d’armes ne caractérise nos « héros ».
Le public se reconnaîtra d’autant plus en eux qu’il s’agit de gens simples, de victimes impuissantes d’une situation qui leur échappe totalement mais dans laquelle il faut « tenir » coûte que coûte.
Lui, revêt le caractère de la victime « type ». Il vit confiné dans l’ombre de sa femme, commençant ou finissant les phrases de celle-ci, résigné autant dans son état de prisonnier de guerre d’alors que dans celui de mari faible d’aujourd’hui. Mais son silence, sa soumission et la modestie de sa condition sociale volent en éclats lorsqu’il se met à chanter. Le chant, contrepoint aussi puissant que surprenant révèle l’existence de la vie intérieure du personnage, son mystère. Sa vie d’adulte n’ayant eu aucun sens, Il ne se rallume qu’en musique. A travers elle, il ranime son enfance, son adolescence, sa ferveur, son humour, son espoir …
Elle, son caractère est calqué sur celui de toute cette génération de femmes que l’éducation avait préparé à être de bonnes ménagères, retranchées derrière les volontés de l’homme, à l’abri dans les tâches incontournables du foyer, et pour qui n’avait pas été prévu le cas du mari absent pendant des années. Aussi il lui a fallu IMPROVISER, tout réinventer pour faire face à sa solitude dans le chaos permanent de l’occupation. Elle va donc devenir tour à tour paysan, marchand, mère de son fils et de son mari, chef de famille, résistante à sa façon, ayant même quelques notions de politique. Elle a ceci de particulier que tout lui réussit : elle sauve son fils, son homme, son cheval, son fusil…
Elle sauve surtout l’honneur d’une France pervertie par la collaboration avec l’occupant.
Ainsi son acharnement à s’en sortir, son obstination à ne céder aucun pouce de terrain face à l’ennemi, font d’elle un ambassadeur de prestige de toute la Normandie. Etre butée et irréductible, c’est aussi cela être normand.
Il s’agit ici de rapprocher deux êtres que la guerre a séparés pendant un temps si long, creusant entre eux un fossé presque infranchissable. Une évolution du rapport entre les deux personnages tentera de les faire se retrouver enfin, vraiment.
Autant en début de pièce ils parlent en même temps, se coupent la parole à tout bout de champ, autant ils deviennent petit à petit attentifs au récit de l’autre.
Ces personnages sont sans âge ou du moins ils sont restés à l’âge qu’ils avaient au moment des faits les plus marquants de leur existence.
L’action enfin se déroule dans leur cuisine. C’est au cours de la préparation d’une tarte aux pommes que le dialogue se noue et que les récits se superposent à la manière des couches successives de la pâte feuilletée. La pièce sera rythmée par l’épluchage des pommes, la confection de la pâte, la mise en four et le temps de cuisson. Au cours du spectacle, cette cuisine se transformera ; elle évoquera tour à tour un abri contre les bombardements, le Stalag, le train du retour au pays,…

« Si j’ai eu envie d’assurer la mise en scène de ce texte c’est parce qu’il m’a interpellé d’une manière toute personnelle.
Durant toute mon enfance j’ai entendu parler de ceux qui avaient caché mon père pendant la guerre.
J’ai été très marqué par l’histoire de la disparition d’une partie de ma famille pendant la seconde guerre mondiale : leur convocation à la mairie, leur arrestation par la police française, leur déportation et leur « non-retour » ; me laissant de la France une image bien particulière. Seul contrepoint à mon désarroi, ce couple qui avait sauvé cet orphelin juif de neuf ans en le cachant chez eux jusqu’à la fin de la guerre.
Plus tard, j’ai appris qu’ils avaient également caché et sauvé huit autres enfants en proie à la même détresse.
Un peu plus tard j’ai su que c’était en Normandie que papa avait attendu la libération.
Ce couple était donc Normand. Ce n’est donc pas sans une certaine émotion que je prends la direction artistique de ce projet. »

Gérard Grobman

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Depuis 1993, l’Air du Verseau travaille autour de la parole :
Le conte, le théâtre, ainsi que le chant et la poésie. Le projet artistique de la compagnie est la transmission d’histoires : Contées ou jouées, vraies ou fausses. Un désir de fouiller aux racines de nos cultures, de faire vivre le souvenir à travers la parole d’un conteur, l’incarnation d’un acteur… Dans « Les asperges à Rommel » , le conte est au centre du théâtre, l’histoire y est racontée ou chantée par des personnages plus vrais que nature. La mission du théâtre en temps que lieu de témoignage s’en trouve encore renforcée.
Avec ce spectacle, nous pensons intéresser et rassembler un public de plusieurs générations. Il évoquera un écho ou une curiosité chez certains, rappellera un air « zazou » à une vieille dame… Quand aux adolescents, quoi de plus concret qu’un récit de vie pour illustrer une période étudiée en classe. Nous souhaitons aussi tourner ce spectacle en Normandie, au « cœur des évènements », et le représenter notamment au Mémorial de Caen.

94 : Contes des frissons D’après les frères Grimm. Création au Théâtre de Nesle (Paris). Théâtre du champs de bataille (Angers), Espace Jules Vernes (Puteaux). Programmé par la D.A.S.C.O. (Direction des affaires scolaires de la ville de Paris)…
95 : Contes des dragons d'après des épopées chinoises. Création au Théâtre de Nesle. Festival de conte d’Orly, Festival C.I.B.L.E. 95, Médiathèque de Meaux. Programmé par la D.A.S.C.O. …
96 : Grimm Création au théâtre de Nesle. Unniversité Paris VIII, Restaurant des conteurs l’Ogre de Barbarie, Médiathèque de Pontault-Combaut…
97 : Alice d'après Lewis Carrol. Création au Théâtre de Nesle. Coproduction avec le C.L.I.O. (Centre de littérature orale) au Théâtre de la vieille grille (Paris) en 98. Achat par le C.L.I.O. à Vendome en 99. Festival d’Eragny/Oise, Espace culturel de Maurepas, Beaumont/Oise. Tournée avec la F.O.L. (Fédération des œuvres laïques) depuis 98
99 : Contes pour Pitchounes. M.J.C. de Fresnes, Centre culturel de Clichy sous bois, Festival du S.A.N. de St Quentin en Yvelines. Tournée avec la F.O.L. Contes et chansons de Jacques Prévert Création à l'occasion du centenaire de J. Prévert à Viroflay. Printemps des poêtes à la bibliothèque de St Cloud, Maison de l’Isle Adam, Bibliothèques de Nemours, Villejuif… Représentations (depuis trois ans), dans les écoles du XIème arrondissement, programmées par Eric Ferrand, Adjoint au Maire de Paris (chargé de la vie scolaire)
2000 : «  Contes du babou  » Création pour la fête de la jeunesse à Saran. Médiathèques de Noisy le Grand et Noisy le Sec. Tournée avec « Spectacles Caravane », Festival des « Bébés lecteurs » à Nanterre…
Tous les spectacles de l’Air du Verseau, ainsi que des « heures du conte », tournent régulièrement dans les centres culturels, les festivals et les bibliothèques d’île de France. La compagnie anime aussi des ateliers de contes et de théâtre dans les établissements scolaires.

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« Nous sommes ici au cœur du théâtre musical : La mise en scène de G. Grobman, rigoureuse et inspirée, dévide le fil rouge d’une authentique dramaturgie, avec clin d’œil et référence pour conter une histoire. » (Café moka)- Le Figaro (Jean Macabies)

« « Sam et Léna » est un ouvrage dans lequel le théâtre et la musique sont étroitement liés, sans tomber dans la comédie musicale. Auteur, Metteur en scène et interprète, G. Grobman donne un relief pathétique au personnage de Sam. » L’Avant Scène (André Camp)

« Ce qui nous prend à la gorge et nous émeut par dessus tout, c’est le fait que ces jeunes interprètes d’aujourd’hui aient su capter avec une si grande intelligence du cœur les choses de la guerre. » (Sam et Léna) Les enfants cachés 40/44 (Ruth Croitoru)

« Entre conte et one-woman-show, ce spectacle de et avec Florence Marschal est une adaptation orale de la célèbre histoire de Lewis Caroll. Alice entre dans un monde bizarre où les vers à soie fument et les chats sourient. La conteuse commence l’histoire en simple témoin et se retrouve bientôt surprise quand le récit prend le dessus. ( Alice ) » Le Parisien

« C’est devant un public très mélé (des tout petits aux mamies) mais unanimement conquis que Florence Marschal a représenté avec beaucoup de talent les aventures d’Alice. Comme il ne s’agit pas d’un conte traditionnel, la mise en scène s’accordait bien avec l’esprit de l’œuvre, un concentré de folie mettant bien en évidence la logique absurde du rêve ou du cauchemar. » Le Quotidien (Pontault – Combault)

« Si la voix tient une grande place dans ce spectacle de contes traditionnels chinois, on savoure les apparitions masquées du roi des Dragons et de madame Seiche. Les mots enchantent et s’animent en ombres chinoises. Le voyage est à faire avec ces conteuses de l’Air du Verseau. (Contes des Dragons ) » Le Parisien (Florence Deguen – Corinne Neves)

« Deux jeunes femmes à la fois comédiennes et conteuses nous embarquent dans un univers fait de chair et de masques, d’ombres et de musique. (Contes des Dragons ) » Famille magazine (Claire de Serres)

« Le spectacle « Contes des frissons » a tenu en haleine les spectateurs attentifs au moindre rebondissement. Entre rêve et réalité, certains enfants se sont surpris à mimer ce qui leur était conté. Le temps de ces contes a passé mais les mots dits ont surement laissé des traces. » Ouest-France

« La conteuse de l’Air du Verseau est aussi comédienne, elle manie avec art la parole, la mimique et l’accompagnement musical. ( Grimm )» Courrier de l'Ouest

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( L : Louis ), ( Y : Yvette ),Prisonnier

Y : Au début as-tu été au charbon tout début ?
L : Non non, j'ai fait des tranchées de conduite d'eau ...dans... les rues de l'usine. On a continué à perfectionner l'usine si vous voulez.. On nettoyait les rues, on faisait les routes, au béton, de des bétonneuse. Il'taient outillés. Des wagonnets...
Y : Y v'naient d'chez nous les bétonneuses c'est pas compliqué, l'ciment y nous ont tout volé !
L : Hè ! Tous les pays qu' il' avaient conquis. il' avaient pris toute la marchandise. Tous les magazins d'France. D'ailleurs, au bout d'huit jours qu'on était là-bas, on a vu les femmes qui v'naient travailler à l'usine, les femmes allemandes. Il'taient toutes en t'nue de parisiennes...avec les beaux bas... des beaux manteaux, tout...

Y : Et à manger !
L : A manger ?
Y : Des orties !
L : Ah là ! C'était à l'heure hein ! A midi, tout le monde en rang, sur deux rangs. Y'avait deux allemands...qu'avaient chacun une louche qui t'nait un lit' d'eau, avec du choux ou des...
Y : Orties.
L : Des orties hachés, qu'on aurait dit des épinards. Celui qui n'sait pas. Pas d'viande jamais !
Y : Jamais ! Y n'en a pas vu hein !
L : Le dimanche midi, du foie de ...cheval... ou du boudin d'sang... de ch'val.... Qu'était mélangé dans d'la flotte. Y prenaient çà comm' dans un bac à mes veaux là, un bac qu'était haut comme çà. Y'en avait pour les cent-vingt bonhommes. Au début on avait toujours faim. Au bout d'huit neuf jours, on avait moins faim. Puis p'tit à p'tit, pour le midi, le lit' suffisait... le lit' de volume ! Ca n' nous t'nait pas beaucoup d'bout. Mais comme on travaillait, nos forces, on n'les perdait pas. Les forces de nos memb'es... on'tait maig's...comme des clous. Ah oui ! Mais les musc's étaient là, quand-même. Ceux qui n'travaillaient pas, y'en a, des officiers, y travaillaient si y voulaient, il' arrivaient à s'anéantir complètement ! Y'en a au bout d'un mois, il' ont préféré rev'nir travailler de nous. Que d'rester à ne rien faire. Il' ont vu qu'y t'naient mieux l'coup.

L’occupation

Y : Moi c'est pas difficile. Quand il est parti, j'me suis donc retrouvée toute seule. La France a capitulé... Ah ben y sont entrés comme dans une maison ! Les allemands. Il'taient chez eux ! Dans tes champs c'était les allemands qu'étaient couchés au soleil à garder les ch'vaux. A la place des français. J'y avais écrit : « C'est plein d'doryphores à la Longrée. " Il avait compris c'que ça voulait dire. Après j'ai pris une petite bonne. Elle avait treize quatorze ans. è m'gardait l'gamin. Fallait b'en. Y'avait p'us personne, y'avait p'us un homme, que des tout vieux ! Les femmes faisaient tout les travails d'hommes, moi j'ai tout fait. Et encore fallait donner à la réquisition ! Aux allemands ! Quand vous alliez é foires, y choisissaient les belles bêtes qu'y voulaient ! Pour rien ! Y vous ont jamais donné un radis hein !
L : C'était dégueulasse aussi çà. ça ruine les gens. T'éléves des bêtes trois ans et puis hop...
Y : C'était épouvantab'....
L : ...on t'les prend.
Y : Si y v'naient dans vot' maison y r'gardaient toujours dans les ch'minées si y avait des jambons à fumer j'en mettais pas j'aime mieux vous l'dire j'les mettais ailleurs. Comment qu'y d'mandaient, attends ? Y d'mandaient souvent des oeufs ou...du beurre des oeufs mais y'en avait jamais. Nixt nixt nixt ! Non. Fallait pas tuer un cochon qu'y l'sachent hein ! Un jour on tuait un cochon dans la cour, avec Poulot... les allemands sont arrivés dans l'bas d'la cour, le beau-frère de Poulot les a aperçu, heureusement ma salle était ouverte il a j'té l'cochon dans la salle !
L : Mais il'tait costaud, parceque ça pesait cent kilos, ces cochons-là.
Y : Oh ben Bèbère il était costaud. Vite on a r'fermé la f'nêt'e. Et p'is ça y'est, oh là là. Y n'ont pas rentré. On n'taient pas tranquilles j'aime mieux vous l'dire. Tous les fusils des hommes...
L : Des chasseurs.
Y : Il a fallu les donner tous ! E mairies. Alors attendez, Louis avait deux fusils ; moi j'voulais pas les donner. Ma grand-mère qu'était avec moi, è m'dit : " tu vas nous faire tuer ! donnes leur z'en au moins un ! " Alors j'ai été porté un fusil à la mairie. Et un p'tit peu après çà, y'avait la voisine qui faisait que d'me dire : " Louis il avait b'en d'aut's fusils qu'çà ?... " E m'causait toujou' d'çà j'lui dis : " L'fusil j'l'ai donné à la mairie. " , " Oh oui mais y devait en avé' d'aut's. " Y'avait des gens qui dénonçaient. Plein. C'était la cinquième colonne.

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