
Dans les ruines encore fumantes de la catastrophe, un cabaret s’anime : celui du Mauvais Sort, où l’on purge les images et les passions du monde occidental. Au cœur du désastre, on chante, on rit face à ce que la pulsion amoureuse peut provoquer en nous et, au fil des numéros, les rôles vacillent, les certitudes se fissurent et bousculent l’ordre établi.
À partir de 14 ans.
Sur cette scène de fin du monde, un policier, une journaliste, un docteur et une chanteuse vedette enchaînent sketchs burlesques, chansons d’amour, tours de magie et stripteases. Ces quatre figures archétypales du pouvoir, à la fois familières et grotesques, rejouent les symptômes de nos passions amoureuses jusqu’à l’effondrement intime. Car ce sont bien ces élans du cœur — dans leur forme la plus éperdue — qui sont au centre de ce rituel biblico-pop. Le désir irrépressible comme contre-sort lancé à un ordre du monde obsédé par le contrôle des corps et des imaginaires. L’amour passionnel dans toute sa puissance subversive, capable de désorganiser les rôles, de faire trembler les hiérarchies et fissurer les structures de domination occidentales.
Dans ce cabaret des cœur brisés, où affleurent les fantômes de nos récits amoureux, Céline Champinot ne cherche pas tant à conjurer les passions qu’à en éprouver toute la portée, pour mieux déplacer notre regard. Et si, dans cet effondrement, se logeait une possibilité inattendue — celle de voir apparaître d’autres manières d’être au monde ?
94, rue Jean-Pierre Timbaud 75011 Paris