Landru et fantaisies

Etoile du Nord , Paris

Du 02 au 22 juin 2003
Durée : 1H30

CONTEMPORAIN

La pièce est une petite conversation entre Anatole Deibler, bourreau français, et Henri-Désiré Landru, homme du monde. Ils sont deux tueurs face à face : Landru, le meurtrier élégant, vaniteux et sans remords, et Deibler, le dernier grand bourreau français. De quoi parlent-ils ?
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Spectacle terminé depuis le 22 juin 2003

 

Landru et fantaisies

De

Christian Siméon

Mise en scène

Jean Macqueron

Avec

Christophe Garcia

,

Nathalie Hugon

,

Jean-Luc Revol

,

Françoise Vallon

Résumé
Notes de l’auteur

Notes du metteur en scène
La presse

"La pièce est une petite conversation entre Anatole Deibler, bourreau français, et Henri-Désiré Landru, homme du monde.
Ils sont deux tueurs face à face : Landru, le meurtrier élégant, vaniteux et sans remords, et Deibler, le dernier grand bourreau français. 
Deux hommes que tout sépare. L’assassin privé, adoré des femmes, le Don Juan - et l’assassin public et monogame, qui a tranché près de quatre cents cous pendant sa longue carrière, l’incarnation de la justice nationale, la statue du commandeur."

Jean Macqueron et Christian Siméon continuent à enrichir leur aventure commune avec une nouvelle création : Landru et fantaisie.
Après Hyènes (1997), La reine écartelée (1999) et L’Androcée (2002), c’est le quatrième spectacle de ces deux complices.

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Le projet Landru

Pourquoi Landru ?
Si Jack l’éventreur fait encore passer un frisson sur l’échine des passantes de Whitechapel.
Si Vacher, le tueur de bergères a hanté certaines campagnes pendant des décennies.
Landru, lui, a fait rire toute la France.
Notre pays n’est pas à un paradoxe près.

Certes l’affaire Landru a éclaté dans une France exsangue, épuisée par une guerre dont elle ne se remettra jamais.
Certes les français ne voulaient plus qu’oublier et s’amuser. Vivre en un mot.
Certes l’affaire fut une aubaine pour les politiques en occupant l’opinion publique pendant que se signait l’effarant traité de Versailles.
Certes les dix pauvres femmes qui ont laissé leur vie dans cette triste aventure matrimoniale n’étaient probablement ni très jeunes, ni très belles, ni très intéressantes, et ne pesaient pas lourd face aux millions d’hommes qui ne reviendraient pas.
Certes les femmes de l’époque, juridiquement incapables et sans droit de vote, n’étaient que des humains de seconde catégorie.
Certes Henri-Désiré Landru n’a jamais avoué.
Certes il fut un accusé plein d’aplomb et d’allant.
Certes il fit rire et fut une mine de bon mots pour les grattes-papier de tout bord. 
Certes il était petit, chauve, barbu, maigrichon et facile à dessiner. 
Un bon client médiatique.
Une aubaine pour les journalistes et les caricaturistes.
Mais cela n’explique pas pourquoi cet épouvantable petit bonhomme a bénéficié d’un tel courant de sympathie. (Un exemple, aux élections de 1919, il recueillit (c’est authentique), plus de quatre mille voix.)

Face à cette curiosité de l’histoire, et non moins étrange, est le parcours d’Anatole Deibler, jeune homme timide, réservé et droit que la vie va contraindre malgré son angoisse à devenir le plus célèbre et le plus efficace bourreau français. 
L’homme qui sans état d’âme apparent fit, pendant plus de quarante ans, tomber 399 têtes.

Landru et Deibler.
L’assassin qui fascinait les femmes, et l’équarrisseur officiel et tranquille, le bras implacable de la justice du temps.
Celui qui a tué 10 femmes, (et un adolescent) et celui qui a exécuté 242 hommes (son score en février 1922).
Le séducteur de 243 femmes et l’époux fidèle.
L’aventurier et le fonctionnaire. Don Juan et la statue du Commandeur. En quelque sorte.
Ces deux prédateurs se sont bien rencontrés puisque Anatole Deibler a guillotiné Henri-Désiré Landru, le 25 février 1922. Ce projet est né du désir de prolonger et d’approfondir leur courte et insatisfaisante confrontation historique.

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Le thème

Anatole Deibler et Henri-Désiré Landru.
Ils sont deux tueurs face à face : Landru, le meurtrier élégant, vaniteux et sans remords, et Deibler, le dernier grand bourreau français. 
Deux hommes que tout sépare. L’assassin privé, adoré des femmes, le Don Juan, et l’assassin public et monogame, qui a tranché près de quatre cents cous pendant sa longue carrière, l’incarnation de la justice nationale, la statue du commandeur.
Et de quoi parlent-ils ? De leurs métiers respectifs. Et des femmes bien sûr ! 
Et elles défilent, ces femmes, Anna Collomb, avatar des victimes de Landru, et Fernande Segret, sa fiancée tendrement aimée, plongeant l’histoire dans un boulevard cruel et échevelé.
Anatole Deibler et Henri-Désiré Landru.
Deux mystères.
Leur face à face n’a jamais eu lieu, mais ils se sont bien rencontrés puisque Anatole Deibler a guillotiné Henri-Désiré Landru, le 25 février 1922.

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Genèse du projet

En juillet 2002, j’ai parlé de ce projet d’écriture à Jean Macqueron, co-directeur du théâtre L’étoile du nord à Paris, qui a mis en scène trois de mes pièces.
En septembre 2002, il programmait la pièce pour la saison 2002-2003 sans en avoir lu un seul mot. 
Et pour cause, ce mot n’était pas écrit.
Dans la foulée, il annonçait une série de représentations au Théâtre du Balcon pendant le festival d’Avignon 2003.
Partagé entre la crainte de ne pas y arriver, la reconnaissance d’une telle marque de confiance, et la volonté de la mériter, j’ai commencé l’écriture de la pièce Landru et fantaisies fin septembre 2002.
Ce travail a occupé depuis tout mon temps disponible.
La pièce a été achevée en mars 2003.

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Sur l’époque 

1919 : Acquittement de Villain, l’assassin de Jaurès - Loi sur les huit heures de travail - Prix Goncourt pour A l’ombre des jeunes filles en fleurs de Marcel Proust - Arrestation de Landru

1920 : Mort de la comédienne Réjane - Jeanne d’Arc est canonisée - Publication du Cimetière marin de Paul Valéry - Landru est en prison

1921 : Ouverture du procès de Landru au Palais de Justice de Versailles - Mort de Georges Feydeau à Paris - Les acteurs Charlie Chaplin, Douglas Fairbanks et Mary Pickford sont en visite à Paris - 1er décembre : la Cour d’Assises de Seine et Oise condamne Landru à mort

1922 : Présentation du film Nosferatu le Vampire de W. Murnau - Sortie du film Le Docteur Mabuse de Fritz Lang - Mort de Marcel Proust - Février : Landru est guillotiné à la prison de Versailles par Anatole Deibler - Mars : Publication et succès à scandale de La garçonne de Victor Margueritte

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Sur Landru 

Avec ce roman entre autres et depuis Colette, l’émancipation de la femme devient un thème à la mode.
Landru n’a plus sa place en ce monde, lui dont toute l’activité tourne autour de l’exploitation de cette même femme. Un commerce qu’il pousse à son extrême, d’où il dégage son bénéfice par un dépouillement intégral de ses victimes.
Leur argent, leurs meubles, bijoux, vêtements et autres babioles, leurs papiers, c’est-à-dire leur passé et leur identité et enfin leur vie même.
Dépouillées jusqu’à l’os.
D’autres plus tard iront plus loin encore dans l’horreur. 
Mais pour l’époque tout cela reste de l’artisanat, du dilettantisme.
Les français, abasourdis par les millions de morts de la « grande guerre », ont le sentiment anesthésié ; ils ont du mal à prendre au sérieux la dizaine de victimes de Landru.
Des femmes, qui plus est !
Car jamais « l’esprit français » n’est plus mauvais que quand il verse dans la misogynie. 
Alors on en rit.
Landru a fait un trop mauvais choix de victimes pour inspirer le respect.

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Tout nous ramène au théâtre 

Le procès devient un spectacle à la mode, une série de représentations où le tout Paris se presse. 
Le tragique devient burlesque, l’émouvant, grotesque.
Landru y tient son propre rôle et parfois il est drôle. 
Il ignore qu’un autre meurtrier, un professionnel celui-là l’attend. 
C’est Deibler.
L’homme aux carnets remplis de petites croix de différentes couleurs.
L’homme qui finira sa carrière avec à son palmarès près de quatre cents têtes coupées – un record.
Il n’est pas très impressionné par Landru.
Curieux et intrigué peut-être.
D’où ce dialogue.

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…et à la pièce Landru et fantaisies 

Burlesque : « (…) Parodie de l’épopée consistant à travestir, en les embourgeoisant, des personnages et des situations héroïques. »

Deibler et Landru ne sont impressionnants que par l’arithmétique.
L’un multiplie par quatre cents le même geste.
L’autre additionne dix fois la même action.
Les deux se répètent invariablement comme de mauvais auteurs.
Ils n’écrivent pas mais remplissent des carnets de notes et de chiffres. 
Ce sont des petits bourgeois ayant goûté une liqueur trop forte pour eux : le sang. 
L’un se désaltère en cachette .
L’autre a une obligation pour excuse et veut à tout prix préserver son anonymat.
Ils ont le plaisir honteux.
Qu’ont-ils à se raconter ?
Auront-ils le sentiment de faire partie d’une même confrérie ?
Quel est l’humour du bourreau ?
Que peut être une « histoire » de bourreau ?
Et celui de l’assassin ?
Des femmes aimées ou tuées vont apparaître comme lors d’une séance de spiritisme. Goûteront-elles l’humour de la situation ?

Le grotesque… crée le difforme et l’horrible… le comique et le bouffon. Le grotesque est selon nous, la plus riche source que la nature puisse offrir à l’art. -Victor Hugo

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Un théâtre d’ombres

Le spectacle de cette improbable rencontre se passera dans un lieu évoquant tout autant l’atelier d’un photographe où l’un des premiers studio de cinématographie comme celui de Méliès.
Méliès et Nadar.
Dans les deux cas on peut y trouver des accessoires et des toiles peintes, des lanternes magiques et des costumes propres à suivre la narration de la pièce.
En effet, si l’écriture de la pièce, en séquences, peut faire penser à un découpage cinématographique, les premiers « trucages » du début du cinéma nous renvoient aux techniques du théâtre. Un espace à « transformations » où tout n’est qu’illusion.
Là rien n’est vrai mais tout peut être.
Il faut rester dans l’univers merveilleux d’un Méliès capable de nous emmener en voyage sur la lune.
Il s’agit ici de raconter un conte noir pour adultes.
Les ogres des adultes sont des Deibler. Les dragons, des Landru.
Ce qui est « affreux » fait peur, ce qui est « très, très affreux » fait rire.
Et le sang fait toujours rêver (à considérer le succès des sombres héros d’aujourd’hui, les « Hannibal and co »).
Landru est un des premiers tueurs en série du XXème siècle.
Deibler, un des derniers bourreaux.
Nous sommes suffisamment éloignés d’eux dans le temps pour que la poésie puisse s’emparer d’eux et nous parlons d’eux aujourd’hui en souriant tant ils semblent loin de notre monde.
Il sont rentrés dans nos légendes.
Il était une fois un vilain barbu nommé Landru…

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Traité comme un film muet et un vaudeville de Feydeau par le metteur en scène Jean Macqueron, ce spectacle est un véritable divertissement. La distribution est excellente. Marie-Céline Nivière, Pariscope

La pièce réserve des surprises à tout va, dont un tango mémorable entre les deux monstres. Le ton est juste, le jeu enlevé, les dialogues percutants, la mise en scène suggestive. Mélisande Rouger, La Tribune

Une pièce qui mélange habillement plusieurs genres, servie par des acteurs convaincants et une mise en scène ingénieuse. Une fantaisie réussie. Anne-Sophie Demacour, Le Parisien

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Jeannine G. (7 avis) 26 janvier 2004

RE: RE: Landru et fantaisies de retour a Paris a l'Etoile du Nord il faut voir ce landru sans faute
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Davy N. (8 avis) 14 janvier 2004

Chaud-froid Très bonne pièce d'1h45 sur un thème audacieux. Un face à face qui fait parfois froid dans le dos, parfois rire. Une alternance entre le récit de la vie de Landru et le dialogue entre les 2 hommes. Quelques scènes irrésistibles: de l'humour, de la justesse et un très bon jeu des comédiens, bravo!
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Luis P. (2 avis) 15 octobre 2003

RE: Landru et fantaisies J'ai vu la pièce à l'Etoile du Nord (Paris 18ème) la saison dernière. Le texte de Christian Siméon est très bien écrit et les comédiens excellents. Quel plaisir !
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Jeannine G. (7 avis) 09 août 2003

Landru et fantaisies en Avignon 2003 c'est une piece a voir absolument du pur et bon theatre sans temps mort , passionnant , extraordinaire bravo
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