La promesse de l'aube

Théâtre de Poche-Montparnasse , Paris

Du 17 janvier au 19 avril 2020
Durée : 1h15

CONTEMPORAIN

,

Biopic

,

Seul(e) en scène

Le chef-d’œuvre de Romain Gary est une autobiographie du sentiment filial. L’auteur teinte son récit d’humour et d’autodérision lorsqu’il narre cet amour et cette foi démesurés d’une mère pour l’enfant qu’il était. Stéphane Freiss s’empare de l’œuvre pour nous la livrer dans toute sa simplicité et son évidence.
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La promesse de l'aube

De

Romain Gary

Mise en scène

Stéphane Freiss

Avec

Stéphane Freiss

  • Un roman autobiographique puissant

La Promesse de l’aube est l’un des grands chefs-d’œuvre de Romain Gary. Ce roman autobiographique puissant et bouleversant est le récit de la relation passionnelle et profonde qui unit l’écrivain et sa mère durant toute leur vie.

D’abord en Lituanie où naquit Romain Gary et à Varsovie, puis à Nice où ils s’exilèrent en 1927, ensuite durant les études de droit de Gary à Paris, enfin durant la Seconde Guerre mondiale où Gary vécut ses aventures les plus glorieuses. La beauté du livre est dans la richesse des sentiments d’amour qui lia les deux êtres et dans la force du récit épique de la vie aventureuse de l’écrivain.

  • Fils, fierté et revanche de sa mère

« Il n’est pas bon d’être tellement aimé, si jeune, si tôt. Ça vous donne de mauvaises habitudes. On croit que c’est arrivé. On croit que ça existe ailleurs, que ça peut se retrouver. On compte là-dessus. On regarde, on espère, on attend. Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. On est ensuite obligé de manger froid jusqu’à la fin de ses jours ». Romain Gary

Voilà plusieurs années que je lis ce texte en public. Lecture après lecture j’affine le montage... cruel que d’avoir à amputer un texte qui me tire une émotion presque à chaque page ! En rencontrant les mots de Gary, ses autres romans, les interviews qu’il a données, j’ai le sentiment assez ridicule d’être devenu un proche, tant je me retrouve dans ce qu’il dit, ce qu’il écrit, ce qu’il est aussi et ce cache-cache auquel il s’est livré toute sa vie. Gary et tous ses pseudos : c’est nous tous dans notre complexité, notre fragilité, nos faiblesses et tout ce qu’il y a de splendide chez l’Homme aussi.

« J’ai toujours eu l’impression d’être celui-là » se dit-on quand on finit l’un de ses romans ! Roman Kacew, fils, fierté et revanche de Nina, sa mère. L’enfant qu’il était et qui ne l’a jamais quitté lui a donné une audace et une foi formidables. Héros grâce à elle, et malgré elle. Jamais peut être le terme d’héroïsme n’a pris plus de sens. Il aurait dû mourir cinq fois, dix fois. Mais il était convaincu que sa mère le protégeait de tout. Il lui doit évidemment beaucoup.

Il « apprend » la France par les récits fantastiques qu’elle lui en fait, et il déchante un peu évidemment lorsqu’il arrive à Nice à l’âge de 14 ans ; mais il dit « c’était trop tard, j’étais né ! » Peu d’auteurs ont donné dans leurs écrits l’impression d’aimer leur pays aussi fort, avec exaltation mais sans hystérie, avec une passion qui ne trahit jamais la raison et l’intelligence.

Ce que j’aime c’est son incroyable modernité. Son regard sur l’avenir du monde est étonnamment visionnaire. Il est un des premiers par exemple à utiliser le mot « écologie » dans Les Racines du ciel, un des premiers à dénoncer les errances étriquées du nationalisme et à penser la place politique du féminin dans la société. Sa quête profondément douloureuse qui l’a toujours conduit à ne jamais se satisfaire de ce qu’il était, à rire de lui-même avant de rire du monde, l’a amené à se projeter vers les autres pour mieux s’abandonner. Il a toujours cherché à se « désappartenir », à échapper à lui-même.

Se désappartenir pour éviter de souffrir à cause des promesses que ne tient jamais la vie : je me retrouve dans ce désir-là, et c’est pour cela que j’ai choisi la forme de la lecture, la plus simple et la plus modeste possible, pour faire entendre l’évidence de la voix de Romain Gary.

Stéphane Freiss, propos recueillis

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Isabelle D. (6 avis) 23 novembre 2019

Un bel hommage rendu à Romain Gary! Quel dommage qu'aucune communication n'ait été faite autour de ce spectacle! La prestation de Stéphane FReiss est excellente et très émouvante mais je n'ai découvert l'existence de ce spectacle qu'en allant "fouiller" dans les pages de spectacles proposés par Théatre on line... C'est dommage que beaucoup de bruit soit fait autour de pièces sans intérêt et qu'aucune publicité ne soit faite pour des perles comme celle-ci...
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