La nostalgie des blattes

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Théâtre du Rond-Point , Paris

Du 05 septembre au 08 octobre 2017

CONTEMPORAIN

,

Sélection Evénement

Pierre Notte a écrit pour Catherine Hiegel et Tania Torrens, à leur demande, un duo saignant, écriture au scalpel, duel de deux vieilles qui refusent les interventions chirurgicales et qui s’exposent au monde.
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La nostalgie des blattes

De

Pierre Notte

Mise en scène

Pierre Notte

Avec

Catherine Hiegel

,

Tania Torrens

« Il est bâclé votre Alzheimer. »

  • Un musée de sexagénaires

Deux vieilles assises, face au vide. Elles luttent, se battent et s’exposent. Concours des signes de la vieillesse : taches sur les mains, rides au front, paupières tombantes. Elles exhibent dans cette fête foraine désertée les effets du temps sans collagène, ni bistouri, ni Botox. Elles sont les seules, les ultimes vraies vieilles d’un monde où on ne mange plus ni gluten ni sucre, où des drones de surveillance traversent l’espace, où rôde une brigade sanitaire. Temps à venir : 2018 peut-être ? Deux femmes dialoguent et se livrent, assises, un combat sans merci. Elles attendent un passant, un client, un sauveur. Rien ne vient. Elles se foutent sur la gueule au moindre centimètre carré volé par l’autre. Mais elles finiront peut-être par bouger, quitter ce monde qui fait peur. Se lever, et partir. Et ensemble, victorieuses.

Catherine Hiegel a eu l’idée de la pièce avec Tania Torrens : jouer deux vieilles qui refusent les interventions chirurgicales et qui s’exposent au monde. Elles s’inventent un musée de sexagénaires. Ces deux anciennes de la Comédie-Française ont sollicité Pierre Notte, auteur entre autres de C’est Noël tant pis ; Sur les cendres en avant ; Sortir de sa mère ; J’existe foutez-moi la paix. Il a écrit pour elles un duo saignant, écriture au scalpel, duel de vieilles peaux. Elles cherchent la lumière dans un monde aseptisé, sans champignons, sans moucherons, où elles finiraient même par avoir la nostalgie des blattes.

  • Note d'intention

Un plateau nu, aucun décor, deux chaises, des sons, une heure dix grand maximum. Expérience radicale  : les deux immenses comédiennes ne bougent pas, elles sont assises, elles jouent, face public, côte à côte, elles s’affrontent, mais ne bougent pas. Lumières de conséquence.

Deux femmes, deux vieilles, assises, dans une sorte de foire où elles prouveraient au monde qu’on peut aussi vieillir, laisser aller le corps, le visage, sans intervention. Une sorte de «  musée  » de vieilles. C’était l’idée de Catherine Hiegel et de Tania Torrens. Deux femmes assises, côte à côte, dans une foire aux monstres désertée, dans un temps futuriste, mais proche, elles s’exposent.

Deux vieilles qui vieillissent sans interventions chirurgicales, cela n’existe plus. Elles sont deux raretés, mais plus personne ne vient. Il y a des chutes de drones, une brigade sanitaire qui rode, et une étrange silhouette de jeune homme, peut-être un dissident. C’est un monde sans gluten, ni détritus, ni champignons ni moucherons, ni sucre ni cigarettes, un monde idéalisé, aseptisé, blanc, débarrassé enfin de tout ce qui pourrait faire tache. Dans ce monde parfait, elles, les deux vieilles, elles en viennent à regretter les abeilles, le miel, les vins, le roquefort, les pigeons et les rats, elles ont parfois la nostalgie des blattes.

Elle s’affrontent, s’opposent, se jugent, se testent et s’éprouvent, elles se battent, elles s’apprivoisent aussi. Individuellement, elles sont assises et opposées. Au bout de la pièce, elles auront un projet commun  : se lever et partir, enfin. La vie trouve toujours une sortie.

Pierre Notte

  • Extrait

Catherine : Vous ne me piquerez pas ma place.
Tania : Elle n’est pas à vous cette place.
Catherine : Elle n’est pas à moi cette place ?
Tania : Vous n’êtes pas propriétaire que je sache.
Fracas lointain d’un appareil volant qui tombe, un drone sans doute.
Catherine : Encore un de ces machins.
Tania : Il n’est pas passé loin celui-là.
Catherine : Ils se détraquent comme un rien – c’est une chance.
Tania : Ils se détraquent, ou peut-être pas.
Catherine : Comment ça peut-être pas ?
Tania : Peut-être que c’est plutôt visé, pointé, dégommé, abattu.
Catherine : Abattu par qui ? il n’y a plus un péquin nulle part.
Tania : Et les dissidents ?
Catherine : Il n’y a plus de dissident.
Tania : Je suis sûre qu’il en reste.
Catherine : Les miliciens ont zigouillé tout le monde.
Tania : Ils sont dans l’ombre.
Catherine : Vous êtes toute blanche.
Tania : J’ai froid.
Catherine : Ça fait ça, les machins qui nous passent au-dessus la tête, ça fait froid dans le dos.

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