La dernière bande

Scène Watteau , Nogent-sur-Marne

Le 17 novembre 2017
Durée : 1h10

CONTEMPORAIN

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Coups de coeur

,

Tête d'affiche

Comme chaque année, le jour de son anniversaire, Krapp s'apprête à enregistrer les souvenirs qui ont marqué sa vie durant l'année écoulée. Jacques Weber, profondément touchant, interprète ce chef-d'œuvre de Samuel Beckett dans la mise en scène très réussie de Peter Stein.
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Photos & vidéos

La dernière bande

De

Samuel Beckett

Mise en scène

Peter Stein

Avec

Jacques Weber

  • Eternel retour au passé

Chaque année, le jour de son anniversaire, Krapp enregistre un compte rendu détaillé de son état et de ses agissements durant l'année écoulée. Chaque fois, il écoute l'une ou l'autre des bandes enregistrées des dizaines d'années auparavant, et il la commente. C'est dans cet éternel retour à son passé que réside maintenant sa seule lumière. Krapp, qui jadis déclarait ne plus rien vouloir de ce qu'il avait vécu, ne peut aujourd'hui exister que s'il parvient à être de nouveau ce qu'il fut : « Sois de nouveau, sois de nouveau. » Il lui faut surtout être encore celui qui, « quand il y avait encore une chance de bonheur », a vécu un instant d'amour.

  • La presse

« Le grand Peter Stein dirige le comédien dans La Dernière bande, partition très précise aux couleurs de clownerie. Ils se retrouvent dans cet exercice intime qui exige de l'interprète qu'il aille puiser profondément en lui matière à désenchantement de soi. Le fond est déchirant. Le ton est à l'ironie corrosive. Stein ne craint pas la clownerie, voire le grotesque. C'est l'essence même de Krapp. Haute silhouette et voix douce de Weber, subtilité de cette grande carcasse. Du grand art. » Le Figaro

« Jacques Weber va au delà de ses propres limites. Il est saisissant. Sa composition physique est un chef d’oeuvre. Son interprétation, magnifique. Il rend pathétique le personnage. Ce spectacle est remarquable. » Le Figaro Magazine

« Un grand auteur. Un grand metteur en scène. Un grand comédien. La dernière bande, de Samuel Beckett, spectacle présenté au Théâtre de l’Œuvre avec Jacques Weber, dans une mise en scène de Peter Stein, tient toutes ses promesses. Avançant sur une ligne de faîte allant du pathétique à l’espièglerie, de l’extrême quotidienneté au métaphysique, la mise en scène de Peter Stein révèle l’essence même de l’œuvre de Samuel Beckett. Elle nous plonge dans un moment de théâtre bouleversant. Une descente impressionnante dans notre humanité... » La Terrasse

« Weber impressionne par la sensibilité qu'il donne à ce vieux solitaire nostalgique, usé par l'alcool et la nostalgie. » Mathieu Perez, Le canard enchaîné, 11 mais 2016

« Acteur magnifique, c’est totalement émouvant. » Le Monde

« Jacques Weber est magistral, surhumain... Un spectacle puissant et rare. » Les Echos

« Pur moment de bonheur. Epoustouflant. » France Inter

« Tout ici bouleverse... Du Beckett pur et brûlant. » Le Quotidien du Médecin

  • Contexte

En décembre 1957, Samuel Beckett entend la voix de l’acteur irlandais Patrick Magee sur la BBC. Quelques semaines plus tard, en février 1958, il commence à écrire un monologue, sous le titre provisoire de Monologue de Magee, qui deviendra la célèbre Dernière Bande.

La première a lieu au Royal Court Theatre à Londres, Magee jouant le rôle de Krapp sous la direction de Donald McWhinnie. Voici ce qu’en dit Beckett : « Une performance géniale de Magee sous la direction impitoyable de McWhinnie. Le meilleur moment que j’ai vécu au théâtre ».

La première française, sous le titre de La Dernière bande, a lieu en 1960 au Théâtre Récamier à Paris ; Roger Blin assurait la mise en scène tandis que le rôle de Krapp était joué par R. J. Chauffard. Beckett participait en tant qu’observateur et conseiller, jusqu’à ce qu’il monte lui-même le spectacle en 1969 au Schiller-Theater de Berlin, où, deux ans auparavant, il avait mis en scène Fin de partie.

Cette mise en scène est d’une importance particulière : Beckett a apporté des changements dont certains perdurent encore. D’autre part il a commencé à cette occasion à esquisser un cahier de notes qui éclaire la méthode de travail d’un auteur si secret.

L’action se déroule « un soir, tard, d’ici quelque temps ». Chaque année, à l’occasion de son anniversaire, Krapp écoute une des anciennes bandes avant d’en enregistrer une nouvelle sur laquelle il parle de l’année écoulée.

Le vieux Krapp, qui fête son 69e anniversaire, écoute un enregistrement qu’il a fait quand il avait 39 ans. L’action sur la scène est divisée en quatre périodes dans le temps : Krapp à 69 ans, présent sur la scène, Krapp à 39 ans, en tant qu’une voix sur scène, Krapp à 27 ou 29 ans, évoqué par lui-même à 39 ans, et Krapp enfant, à travers de courts souvenirs que le vieux Krapp se remémore.

L’introduction par Beckett d’une voix enregistrée rend possible un dialogue avec son ancien « moi » mais aussi une transformation du temps en action, comme si le temps devenait un acteur indépendant. Dans cette structure dramatique, le processus de mémorisation sera déplacé vers l’extérieur en rendant visible son vécu psychique. Nous avons donc à la fois les aspects formels d’un monodrame et des séquences de dialogue entre Krapp et l’enregistreur à bande magnétique. L’ingéniosité de cette structure permet de représenter Krapp dans sa continuité mais aussi ses changements dans le temps, sur près de 60 ans.

Nous constatons qu’au fil du temps, toutes les relations humaines ont été perdues ou abandonnées. Nous en suivons le cheminement du stade initial à sa triste apogée.

Ce qui intéresse vraiment le Krapp de 39 ans, ce qui se trouve au centre son enregistrement, c’est une expérience de l’éveil, comme si « tout lui serait soudain devenu clair. La vision, enfin ». Dans ce passage il parle de « l’obscurité », « du feu », de « la croyance», de la « lumière de l’entendement », il utilise des mots lourds de sens mais qui pourtant ont perdu leur signification.

Leur sens demeure incertain, non seulement parce que le vieux Krapp avance avec impatience la bande et que nous n’entendons que des fragments, mais aussi parce que la croyance et l’illumination du jeune Krapp, sans l’expérience d’antan, sans l’expérience du passé et sans la continuité dans le futur, c'est-à-dire sans la présence actuelle du vieux Krapp, deviennent des mots vains et des clichés qui, comme toute grandeur et comme toute élévation, ont un arrière-goût de ridicule.

Les réactions du vieux Krapp sont diamétralement opposées à celles du jeune : ce que le jeune qualifie de grand et de noble, paraît au vieux petit et sans valeur et par conséquent suscite sa réprobation ou son dédain. Le Vieux, désespéré, essaie de reconstruire tout ce à quoi le Jeune a renoncé, tout ce que le Jeune a perdu – mais il n’y arrive que mentalement. Tout au plus, on peut se souvenir du passé mais il reste intangible, impalpable – il doit se l’avouer.

A la fin de sa vie, il ne reste donc à Krapp que le besoin d’amour, d’intimité, de sensualité.

Krapp utilise une machine qui conserve le présent et peut reproduire le passé en appuyant sur un bouton. Mais comme l’authenticité de l’expérience fait défaut, la reproduction du passé dansson actualité d’alors ne réussit que partiellement. La reproduction restitue ce qui a toujours été une manipulation, comme le montre l’enregistrement du jeune Krapp.

Par rapport à l’époque de ses 39 ans, le vieux Krapp n’a plus de perspective de futur. Quand il commence son enregistrement, il se doute déjà que pour cette bande, il n’aura plus d’auditeur et qu’il s’agit de son dernier enregistrement, de « sa dernière bande ». Malgré cela, il parle. Il réitère son rituel, même si, à la veille de sa mort, il n’a plus de sens. Ce qui jusqu’ici suggérait ls apparences, va devenir un monologue interne avec des pauses, des contradictions, des liens manquants. Enfin il ne restera que des fragments dont il se souvient de vive voix.

Au cours de la pièce, on ne comprend que la voix enregistrée est celle de Krapp, que lorsque les réactions du vieux Krapp à la voix émanant de la machine créent le lien entre la voix jeune et le vieux corps. En quelque sorte, Krapp donne à la voix enregistrée son corps et la machine donne une vie à Krapp. D’où la création d’un cercle qui est rompu quand Krapp avoue qu’il n’a plus rien à dire, même pas « couic ! »

Avis du public : La dernière bande

18 Avis

18 commentaire(s)

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    Ida G. 26 juin 2016

    la dernière bande Un jeu d'acteur accompli , c'est indéniable, dont on peut regretter , parfois , l'excès »
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    Joel P. 23 juin 2016

    Une soirée déroutante qui vaut le detour Une belle performance d'acteur dans un texte lourd de réflexion sur la façon dont on peut être prisonnier et esclave de son histoire personnelle »
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    Annie P. 13 juin 2016

    LA DERNIERE BANDE BEAUCOUP DE REFLEXION SUITE A LA PIECE »
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    MICHEL P. 12 juin 2016

    Beckett Spectacle prenant. Découverte de l'univers glaçant de Beckett interprété par un j w Inoubliable. »
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    FRANCOIS G. 10 juin 2016

    je savais que je ne devais plus perdre mon temps et mon argent pour une pièce de Beckett et pourtant parfois, j'aime les pièces absurdes ! mais là cela frise l'imposture,,même jacques Weber ne peut sauver la pièce avec ses bruitages en tous genres... Dommage ! »
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    Beatrix L. 08 juin 2016

    La dernière bande Fort, excellent, Weber parfait pour jouer Beckett, par moments à peine supportable... mais à voir absolument !!! »
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    Christiane L. 22 mai 2016

    La dernière bande N' ai pas du tout très apprécié ! Surjoué, ennuyeux à souhait !!A éviter de grâce !! »
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    Alisa R. 16 mai 2016

    La Dernière Bande Très troublant... Je ne réussis pas en sortir, de la pièce, de l'image, de la voix... Voici un bel exemple du fameux "tragique quotidien", à la Maeterlinck, bien à sa place dans le théâtre de Lugné-Poe. A voir! Pour avoir une opinion, quelconque, pour se sentir vivant. »
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    Anne N. 16 mai 2016

    la dernière bande la mise en scène est stupéfiante et Weber excellent. »
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    jean-yvesl 15 mai 2016

    Heureusement la Dernière bande Non vraiment ! À éviter d'une thème certes 1000000 fois traité "le bilan d'une vie" Beckett aurait pu faire un chef d'œuvre mais là il n'est pas par une, un metteur en scène aurait eu tirer la quintescence, un acteur le sublimer, mais rien de cela ! Cette ne commence pas et n'en finit pas, lourde et grossière la mise en scene écrasé la faiblesse de l'œuvre et Weber mis en scene là vraiment non'! Caricatural, forcé, inutile... Bonne nouvelle cela dure 1h10... Ah et oui encore cet artifice de mise en scene qui devient odieux ,balancer des peaux de banane dans le public !! Assez »
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