Là-bas, chansons d'aller-retour

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Cartoucherie - Théâtre du Soleil , Paris

Du 26 novembre au 18 décembre 2022
Durée : 1h15

MUSIQUE & DANSE

,

Théâtre musical

,

Musique du monde

Deux soeurs, deux voix, un seul chant, ancré dans les petits trésors populaires des artistes déracinées.

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À partir de 11 €

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Là-bas, chansons d'aller-retour

Mise en scène

Simon Abkarian

,

Nathalie Joly

Avec

Nathalie Joly

,

Valérie Joly

,

Thierry Roques

  • Une histoire liée à l'exil

Deux sœurs, deux voix, un seul chant, ancré dans les petits trésors populaires des artistes déracinées. Un retour troublant sur la terre natale de l’autre côté de la Méditerranée qui célèbre une lignée de femmes d’exception, téméraires et fières, solaires. Inspirée par les témoignages des femmes rencontrées lors de sa résidence en Algérie à l’Institut français, et de son histoire familiale, Nathalie Joly a imaginé un duo chanté avec sa sœur où souvenirs d’exode se mêlent à des chansons françaises, espagnoles, orientales, grecques ou cubaines.

Ce spectacle musical, oscillant d’allers et retours dans les contrées mystérieuses de l’exil, rappelle combien la musique latine, voyageant par les ports, a imprégné la chanson populaire du pourtour méditerranéen. Il y a en chacun un ailleurs, ce « là-bas », que nous avons décidé d’habiter par intermittence, quoiqu’il advienne. Lieu imaginaire ou lieu de naissance, lieu du bonheur perdu ou lieu du plaisir à conquérir, ce « là-bas » enracine et déracine à la fois.

« Les sœurs Joly (j’aime les appeler comme ça) chantent un pays perdu et font de l’exil forcé un voyage initiatique où le chant nous ouvre la voix des retrouvailles... Que retrouver sinon une terre qui se promet à qui sait la chanter. Elles sont les ailes de cet oiseau qui inlassablement migre vers son jadis perdu et sans cesse retrouvé : la joie. » Simon Abkarian

  • La presse

« Toute la mémoire ancestrale de l’exil ...Que ce soit l’histoire des diseuses pied-noir, des sœurs Faez de Cuba, des sœurs Abatzi de Grèce..., toutes parlent de leur terre natale, d’exil, de mélancolie de perte puis de retrouvaille.... Un joli et talentueux spectacle fait de complicité, d’émotion et de découvertes qui nous touche tous à différents degrés. » Cultures Juives

« Une invitation au voyage, la magie opère ! » LCI

« Humour, enthousiasme et nostalgie à travers deux soeurs, deux voix, qui évoquent les souvenirs et les sensations de son pays natal Algérie. » RFI

« Nathalie Joly s'empare cette fois du répertoire des artistes déracinées, de Cuba aux rives méditerranéennes. Accompagnée de sa sœur, Valérie Joly, au chant, et de Thierry Roques au piano, accordéon, et samples, elle revient aujourd'hui nous livrer les chansons d'exil de ces diseuses, mises en scène avec la complicité renouvelée de Simon Abkarian. » Télérama

« Un tourbillon d’émotions intenses qui nous fait passer sans transition de la joie à la mélancolie. Une ode salutaire au partage, au métissage, à l’espoir... à la vie tout simplement. » Coup de Théâtre

« La justesse de ton des dialogues entre elles vaut d’être soulignée, comme la grâce de leur gestuelle, en accord avec l’humanité de leur propos. » Théâtre du Blog

« Un voyage coloré, joyeux et tendre dans les dédales de sa propre mémoire. Ce spectacle nous enveloppe comme un grand châle et nous réchauffe le cœur. » L'oeil d'Olivier

« Entre Cuba, Mexique, Maghreb, Brésil, Argentine et péninsule grecque, le déchirement de l’exil et les affres du déracinement. Un duo vocal en parfaite harmonie. Aussi vif que le souvenir d’une brûlure et enivrant qu’une caresse inespérée, un périple aux sources du mal du pays, où qu’il réside. » Paris-Move / Blues Magazine

« Chants de voyage et d’exil : les déchirements de l’exil. Prenant et poétique Alors que le climat politique est de plus en plus lourd, ces mots ont une résonance des plus fortes ! » Chants songs

« La planète femme à travers le chant de l'exil, de l'exode et du déracinement. La parole des femmes dans leur vécu émotionnel et leur combat du quotidien non seulement pour surmonter l'arrachement à la terre natale mais les sujétions imposées à la condition féminine. » Froggy's delight

« Futé et plaisant à la fois. On est souvent comme envoûté. Des fragrances de citron et de fleur d’oranger aux couleurs chaudes de Cuba en passant par le lent va et vient des vagues de la méditerranée, le charme opère ! » Le monde cu ciné

« Le duo que Nathalie forme avec Valérie Joly, sa sœur, est un bonheur. » Allegro

« L'invitation à ce voyage s'avère délicieux, tant il est synonyme d'émotions, de découvertes, de tendresse. Un spectacle tout en finesse qui distille un charme tenace. » Regard en coulisse

« Ce duo vocal en parfaite harmonie évoque les angoisses du déracinement et le déchirement de l’exil. De rivage en rivage, entre Cuba, l’Algérie ou le Brésil, ce sont des récits de femmes en plusieurs langues au rythme de la samba, de la rumba ou du boléro. Marquées par une jeunesse méditerranéenne, elles revisitent ce passé multiculturel habité par diverses populations – arabes, juives, berbères, françaises et espagnoles – au son du darbouka, du bandonéon et de l’accordéon. » Hexagone

  • Note d’intention

Nathalie Joly prolonge son travail autour des Diseuses et du parlé chanté. Lauréate d'une bourse d'écriture de l'Institut français d'Algérie, elle interrogeles femmes Bounaet les traditions des Fkiret d’Annaba, rencontre des historiennes, pharmaciennes, gynécologues, enseignantes, artistes locaux, et assiste à des rituels. En septembre 2019, le Hirak bat son plein et pour pouvoir manifester ou aller à la plage les femmes « font le carré ». Inspirée par les témoignages des femmes rencontrées lors de sa résidence de l'autre côté de la Méditerranée, ainsi que des non-dits, bribes de récit, rêves ou souvenirs d’exode elle a imaginé un dialogue entre deux sœurs qui célèbre une lignée de femmes d’exception, téméraires et fières, solaires. Les rôles sont constamment remaniés. Les femmes sont les guerrières qui imprègnent nos mémoires et nous donnent force et courage pour marcher dans leurs pas. Amazones aux différents visages, leur flow s’articule entre eux pour donner une scansion, langue d’un continent en forme d’aveu intime et d’exutoire. Entre réel et fiction, ce récit chanté en quinze tableaux est celui d’un exil, d’une traversée, d’un retour troublant sur la terre natale.

L’Histoire des Diseuses est liée à l’exil, à l’histoire des flux migratoires, au parlé-chanté avec lequel elles ont porté la parole des femmes : bien avant nous, Polaire ou Eugénie Buffet, entre Tlemcen et Marseille, sont les premières Diseuses pieds-noirs. À Cuba, les soeurs Faez créent la Trova familiale avec les ida y huelta (chants d’aller-retour) ; Les Sœurs Abatzi s’exilent de Smyrne au Pyrrhée où les cabarets enfumés retentissent de haschich songs... Entre deux cultures, entre deux mondes, entre mot dit et mot chanté, la « Diseuse » telle que nous allons l’évoquer, est un modèle féminin, un levier pour les enjeux de notre monde actuel, la parité, l’égalité entre les sexes, une diversité culturelle.

La crise actuelle a bouleversé notre rapport à la mort ; l’absence du rituel de deuil a réveillé le registre de la disparition. Le spectacle commence par un chant de deuil qui se transforme en rumba. Porter à la scène ce rituel nous rappelle que le deuil est intime et sociétal. A Cuba la musique est plus puissante que la mort. Les vivants s'imaginent souvent morts et conversent avec eux-mêmes, les cadavres de la musique populaire cubaine quittent leurs cercueils en plein enterrement, et sortent avec les vivants. Les chansons parlent d’exil. L’empreinte du passé perdu, la dépossession, la nostalgie sont perceptibles dans cette langue disparue pleine d’humour méditerranéen ; une langue du sourire, nécessaire pour oublier les vicissitudes de l’existence, faite de superstitions et de conjurations. La mélancolie de ces chansons célèbre ce que nous avons perdu.

Pour parler de leur terre natale, deux sœurs retracent les mémoires et les silences, pour aborder les questions de transmission, d’héritage, de tabous et de refoulements. La langue diffère mais l’histoire est la même. Celle des déracinées. Cette sororité qui permet de traverser main dans la main la méditerranée, et tout ce qui s’en suit pour s’adapter à une terre étrangère.

« Tout ce qui s’ouvre, même une valise, a quelque chose à dire. » Hélène Cixous

L’ambiance éclectique du café-concert se décline au gré des couleurs teintées du parlé chanté qui a circulé au-delà des mers. Dans ce va-et-vient perpétuel entre l’interprétation et l’écriture s’exprime une parole contestataire, qui communique le sens du courage d’être libre. Des boucles d’accompagnement seront proposées. L’aspect numérique se développera sur le plateau à l’aide d’une surface de contrôle, gérée par le musicien en direct, permettant d’intervenir et de modifier en direct le son des boucles.

Comprendre les artistes d’hier c’est aussi savoir décrypter le monde d’aujourd’hui. Les icônes du passé, à travers leurs chansons, enrichissent la musique actuelle. Ce nouveau projet ancré dans la mémoire de ces trésors populaires, propose un objet sonore contemporain. Il faut, grâce au patrimoine, s’émanciper des clivages qui cantonnent les projets dans un style prédéfini appartenant à une époque révolue, pour conjuguer le présent avec le passé.

« Là-bas » explore l’articulation de cette odyssée vocale. Nourrie de couches successives, cette sédimentation est comme un terreau qui sert de tremplin à l‘écriture. Confronter ces formes, c’est raconter la genèse de cet art singulier, présent dans les chants d’exil : le répertoire de la Havane, le rembetiko grecissu des vagues migratoires, le cabaret de l’entre-deux-guerres symbole de la décadence, l’art meddahate des raïssa dans les cafés oranais... se croisent avec des compositions. Les récits de réfugiés, des déracinés, des exilés nourrissent des textes chantésdans lesquelles la poésie s’exprime par métaphores. Surfant sur cette frontière, ce projet s’inspire des croisements culturels, pour s’inscrire au-delà des clivages stylistiques et générationnels

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