La Nuit des rois

Collège de la Salle , Avignon

Du 06 au 28 juillet 2001
Durée : 2H15

MUSIQUE & DANSE

Univers festif et populaire, couleurs et musiques tziganes de l’Illyrie, chansons d’amour et chansons grivoises, “La Nuit des Rois” s’amuse avec les apparences, les sosies et les puritains, et réunit les séparés. Une vraie troupe à l’ancienne célèbre Shakespeare.
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Spectacle terminé depuis le 28 juillet 2001

 

La Nuit des rois

De

William Shakespeare

Mise en scène

Anne Bourgeois

Avec

Valérie Even

,

Jean-Luc Muscat

,

Isabelle Hazaël

,

Guillaume Cramoisan

,

Olivier Neveux

,

Elise Roche

,

Nicolas Guillot

,

Fred Pallem

,

Eric Mariotto

,

Frédéric Lefèvre

,

Bruno Paviot

Résumé
A l’origine
Il était une fois en Illyrie…
La traduction, l’adaptation

La mise en scène

La création musicale de Fred Pallem

La Troupe du Phénix

Echoués sur une île imaginaire, des jumeaux sèment le désordre et récoltent l’amour : une célébration festive de la folie shakespearienne, dans la tradition du théâtre élisabéthain, avec masques, chansons et musiciens sur scène.

L’adaptation, les chansons, les costumes et la scénographie du spectacle racontent cette Illyrie imaginaire créatrice de fantasmes, alliant masques de l’Inde, costumes classiques et folkloriques, mêlant musiques des Balkans, cirque, Klezmer et musette, avec un trio de violon, guitare et contrebasse toujours présent sur scène.

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La Nuit des Rois (écrite en 1600 ou 1601 et éditée en 1623), dont le titre anglais est Twelfth Night, la Douzième Nuit, aurait été commandée par la Reine pour être représentée le douzième jour après Noël, c’est-à-dire le soir si précieux de la fête de l’Epiphanie. Cette fête marquait le début du carnaval pendant lequel les identités, sexes et fonctions sociales étaient raillés et s’inversaient.

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Un terrible naufrage sépare Viola et Sébastien, frère et sœur jumeaux. Ils échouent chacun de leur côté sur les rivages d’une île inconnue : l’Illyrie. L’Illyrie est calme, immobile, endeuillée d’amour perdu et de solitude. Le Duc Orsino se languit pour la Comtesse Olivia qui, venant d’enterrer son frère, croit son cœur meurtri à jamais et incapable d’aimer. Feste, le bouffon de la Comtesse, peine à adoucir l’ennui.

Mais voici que la jeune Viola, déguisée en trouble Cesario, réussit à entrer au service du Duc Orsino qu’elle aime secrètement. Elle vient alors bouleverser ce qui semblait immuable : la jeune fille qu’elle demeure sous ses habits masculins anime le cœur du Duc d’une affection équivoque ; mais le garçon qu’elle paraît sous son déguisement séduit la Comtesse Olivia qui se surprend à aimer de nouveau. Autour, tout se détraque !

L’Illyrie devient enfin assez folle pour que Feste puisse mener la sarabande et prouver aux sages que le monde est bien plus juste lorsqu’il est à l’envers.

La folie tourne autour de la terre, Monsieur, comme le soleil, elle brille partout… Feste, La Nuit des Rois, Acte III, sc.2

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Conçues sur mesure pour la Troupe du Phénix, la traduction et l’adaptation correspondent à la démarche de la compagnie : la création sur les places de villages oblige à un spectacle d’une durée supportable et accessible à tous.

Des coupures importantes interviennent sur le texte original, ramenant la durée de la pièce à 2h15 au lieu de 3h. L’idée est d’utiliser la musique, et plus exactement la chanson, pour, par exemple, condenser une scène de quinze pages consacrée à un stratagème en une chanson dialoguée reprenant les éléments qui permettent de suivre l’histoire.

L’ajout de chansons, quatre en plus de celles présentes dans le vrai texte, sert d’intermède. Inspirées des sensations des personnages et selon l’état d’avancement de l’intrigue, elles donnent un éclairage à la fois psychanalytique et joyeux à la pièce.

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La Nuit des Rois, qui est originellement l’une des pièces les plus musicales de Shakespeare, devient avec le Phénix une comédie qui donne une plus large part encore au rapport jeu/chant avec pas moins de dix chansons.

La mise en scène met l’accent sur l’univers coloré d’une Illyrie fictive où tout est possible (une île pas si imaginaire que cela puisque Shakespeare l’aurait piochée dans une cartographie antique qui la situerait quelque part dans les Balkans, au bord de l’eau, près de la Yougoslavie et du Kosovo actuels). Peuplée de petits personnages masqués que nous avons inventés, les « Illyriens » incarnent le Destin et nous aident à comprendre que le hasard n’existe pas chez Shakespeare. Ils veillent au déroulement de l’histoire dont ils ont la clé : c’est aux hommes de rejoindre la route qu’a tracée pour eux un Destin confus et maladroit et pourtant amoureux de l’amour.

C’est sur cette route que défilent sans jamais se croiser « les amoureux » et « les comiques » de l’histoire illustrant les deux thématiques de la pièce : on soupire et on se moque à parts égales sur cette île. Parce que les scènes sont très courtes, que leur enchevêtrement ressemble à un puzzle où l’on tombe amoureux et l’on se fuit à une allure peu réaliste, il est important pour nous d’aller vers un traitement des personnages assez marqué.

Enfin, les éléments (le vent, la pluie et le feu) dont les personnages parlent maintes fois au cours de la pièce sont mis en avant dans la représentation, comme rendus responsables du chaos du monde. Ainsi, notre spectacle débute avec la terrible tempête que l’on ne voit pas dans l’œuvre originale mais qui détermine les conditions de la comédie : tout arrive à cause du ciel, rien n’est maîtrisable, le pauvre humain est soumis aux caprices d’un monde bien plus fort que lui.

Le rythme global de la pièce apparaît contrasté : pas de temps pour réfléchir, mais juste assez pour que les choses arrivent sans que les personnages n’aient le temps de les analyser. Et parfois le Temps fait une légère pause, quelques mots précieux s’installent et remplacent le geste, mais très vite l’action reprend le dessus.

A partir de là, le travail consiste à entrer de plein pied dans la convention de la comédie, demander aux acteurs le plus de bonne foi et de naïveté possible pour que le vertige de l’incompréhension les gagne.

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La musique de La Nuit des Rois, composée par Fred Pallem, est le fruit d’une approche musicale thématique qui n’est pas sans rappeler l’univers nomade et itinérant cher à la Troupe du Phénix. Bien que musique et chansons cohabitent largement dans la pièce, il ne s’agit pas de transformer Shakespeare en comédie musicale, mais de contribuer au climat installé par l’auteur.

On retrouve donc dans le spectacle un mélange de musiques populaires : Klezmer pour le Traquenard et L’Amour Chagrin, Balkans pour La Nuit pour les Rois, musette et cirque pour Chevalier Les Guiboles, les chansons d’Aguecheek et de Sir Toby, ménestrel et western pour les chansons de Feste, mélange qui constitue un genre hybride que nous appellerons la musique de l’Illyrie.

La musique d’accueil qui commence chaque représentation, retrouvée, arrangée et parfois composée par Csaba Palotai, guitariste soliste hongrois, est issue du folklore des Balkans, dans des œuvres plus spécifiquement empruntées à la musique traditionnelle de Roumanie, de Yougoslavie et de Hongrie.

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Un esprit avant tout. En fondant La Troupe du Phénix en 1995, Guillaume Cramoisan et Laurent Madiot avaient à l’esprit un théâtre où l’aventure humaine concernerait autant l’artiste que le spectateur : fuir les conditions habituelles de la création et retrouver la nécessité du jeu en renouant avec un public qui se sent oublié. Avec roulottes, chevaux, comédiens, musiciens et acrobates, ils emportent le théâtre sur les places de villages et sillonnent la France durant chaque été.

Anne Bourgeois se joint à la Troupe en 1997 et renforce, par ses adaptations et mises en scène, la personnalité et l’originalité des spectacles de la Troupe. Les compositions musicales et arrangements de Fred Pallem apportent de leur côté une véritable identité aux créations de la Troupe.

Ils façonnent tous ensemble ce qui deviendra, au dire des spectateurs, le style Phénix , un univers festif, noblement populaire, joyeusement musical et rigoureusement travaillé, qui se nourrit des différences des uns, des exigences des autres, et d’une ferveur contagieuse à vouloir toucher une foule grandissante.

Ainsi, l’aventure du Phénix se poursuivant en salle, la Troupe veille à ce que son esprit et ses spectacles restent intacts : que règne à Paris ou en tournée, dans les théâtres de France et de l’étranger, la même ivresse, la même chaleur et la même relation au public que sur les places des villages visitées l’été.

La Troupe du Phénix en quelques dates :
1995 – Le Médecin malgré lui de Molière - création et tournée estivale
1996 – Le Petit Monde de Georges Brassens de Laurent Madiot et Anne Bourgeois - création et tournée (jusqu’en 2003)
1997 – La Double Inconstance de Marivaux - création et tournée (jusqu’en 1999)
2000 – La Nuit des Rois de Shakespeare - création à l’Epée de Bois (Cartoucherie de Vincennes) et tournée (jusqu’en 2004)
2003 – Splendeur et mort de Joaquim Murieta de P. Neruda - création et tournée

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Avis du public : La Nuit des rois

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Laetitia V. (1 avis) 23 mars 2005

RE: RE: La nuit des rois C'est une pièce super, je l'ai vu hier avec ma classe et j'ai beaucoup ris meme si je pensais que ça ne me plairait pas. J'ai été agréablement surprise. J'ai beaucoup aimé le personnage de Feste le fou (je dois l'avouer je l'ai trouvé très beau meme avec son maquillage!), ainsi que le personnage de Sebastien. Les acteurs qui jouaient Sebastien et Le duc d'Orsino sont venus nous voir dans la classe pour nous donner envie d'aller voir cette pièce. Désolé pour mon roman j'avais beaucoup de choses à dire sur cette pièce!
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Gilles R. (1 avis) 24 janvier 2004

RE: RE: La nuit des rois Tout à fait d'accord. Un excellent spectacle qu'il faut absolument aller voir. On rit beaucoup, les acteurs sont excellents et la musique aussi. Courrez au théatre 13 pour 2h formidables !
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Sem C. (1 avis) 17 janvier 2004

RE: La nuit des rois quel enchantement ! on sort de cette pièce avec une envie de chanter et de rire. on se retient de rejoindre sur scene les acteurs pour partager cette fete si bien orchestrée. courrez la voir !
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Fabrice P. (1 avis) 16 janvier 2004

La nuit des rois Excellente interprétation, on rit beaucoup, on questionne, on a envie de danser, presque. Allez-y ! Et emmenez tout le monde
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