La Loi des prodiges

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Petit Saint-Martin , Paris

Du 16 septembre au 31 décembre 2018
Durée : 1h40

CONTEMPORAIN

Un petit étudiant en histoire, devenu député, se lance dans une étrange croisade : l’extinction pure et simple de l’art et des artistes… Un homme, seul en scène avec une chaise, anime ce monde et joue les épisodes-clés de la vie intime et politique de notre pathétique mais dangereux héros. Voilà qui donne idée du tourbillon irrésistible dans lequel nous entraîne François de Brauer  !
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La Loi des prodiges

De

François De Brauer

Avec

François De Brauer

  • La réforme Goudard

Un petit étudiant en histoire, devenu député, se lance dans une étrange croisade  : l’extinction pure et simple de l’art et des artistes… Mais au-delà du personnage et de la réforme qui porte son nom - Goutard - qu’en est-il de l’homme  ? Qu’est-ce qui a pu le pousser à rêver un monde sans artiste  ?

Face à lui un plasticien vain et prétentieux, tout aussi radical  : Régis Duflou et en filigrane, la question du destin de l’art dans notre société. Pour corser le débat, interviennent experts et autres témoins qui ont façonné ou croisé le destin du dénommé Rémi Goutard. C’est ainsi que l’on suit, de l’appartement familial au musée, du plateau de télévision à la manifestation de rue, jusqu’au bureau aseptisé d’une invraisemblable tour gouvernementale, le parcours chaotique de ce réformateur heureusement méconnu.

Un homme, seul en scène avec une chaise, anime ce monde et joue les épisodes-clés de la vie intime et politique de notre pathétique mais dangereux héros. Voilà qui donne idée du tourbillon irrésistible dans lequel nous entraîne François de Brauer  !

La Compagnie des Petites Heures.

  • La presse

« François de Brauer porte sur ses seules épaules tout le poids de ce one-man-show schizophrénique. (...) Grâce à son jeu d’une extrême justesse, il évite de sombrer dans un registre caricatural mortifère et s’appuie sur un ton identifiable, une mimique cocasse ou des salves de mots bien senties pour provoquer les rires de la salle. » Vincent Bouquet, sceneweb, 27 avril 2018

« Disons-le : l’interprète est prodigieux. L’auteur est très habile.[…] Être seul en scène, faire vivre tout un monde, passer d’une temporalité à une autre, sauter de scène en scène exige une précision d’acrobate. François de Brauer réussit haut la main son pari. » Armelle Héliot, Le Figaro

« De Brauer démultiplie les personnages. Avec seulement une intonation, une mimique, le voilà bébé, maman et papa du bébé (par qui le drame arrive), artiste renommé, clodo... Et c’est là l’occasion d’une jolie poésie. » Gérald Rossi, L’Humanité

« Grâce à son extrême justesse de jeu, François de Brauer évite toujours la caricature. A la fois ventriloque et marionnettiste de son propre corps […] il s'appuie sur un ton identifiable ou bien une mimique cocasse pour imprimer un rythme d'enfer et provoquer l'hilarité de la salle. » Vincent Bouquet, Les Echos

« Oui, François de Brauer est un comédien prodigieux destiné sans aucun doute à être un des plus grands de sa génération. » Nicolas Arnstam, Froggy's Delight

« Bravo à ce François de Brauer tout simplement prodigieux ! » Agnès Santi, La Terrasse

« Un spectacle plein de poésie et de profondeur, une interprétation au milimètre, un acteur prodigieux à la fois drôle et touchant, à ne pas manquer et à (re)découvrir de toute urgence. » Dany Toubiana, Theatrorama

« Considérée comme une petite pépite il y a quatre ans, [La Loi des prodiges] est aujourd’hui un chef d’œuvre à la fois époustouflant et hilarant. » Aurore Garot, Toutelaculture.com

  • Note d'intention

« Je souhaitais depuis longtemps me confronter au seul en scène, goûter à cette liberté et à ce risque. Après plusieurs années de travail en troupe sur des œuvres de répertoire, je ressentais le besoin de retrouver mes premières intuitions de théâtre, celles qui m’avaient amené, adolescent, à pratiquer les matchs d’improvisation. Je voulais me réapproprier ces outils qui sont aussi ceux du jeu masqué, découvert plus tard au Conservatoire : le plateau nu, le mime et la composition de personnages.

Un désir d’écriture fictionnelle me poursuivait également depuis longtemps et j’ai compris, en exerçant le métier d’acteur, que chez moi la pulsion de jeu était première dans l’acte d’écriture. Alors j’ai improvisé, devant une caméra, dès qu’une idée de situation ou de personnage pointait. J’ai improvisé partout : dans mon salon, dans les chambres d’hôtel, en tournée, dans les loges et (parfois !) dans une salle de répétition.

Au fur et à mesure, je retranscrivais les improvisations qui me semblaient les plus pertinentes et les arrangeais en scènes, en me refusant, dans un premier temps, à chercher ce qu’elles pourraient raconter ensemble. Je guettais, parmi tous ces personnages, un héros dont les aventures se déploieraient sur une longue tranche de vie. Mon intention était épique, conscient qu’une épopée foisonnante serait sublimée par l’impression un peu dérisoire que suscite la solitude d’un acteur sur le plateau.

Face à l’actualité et au fil de mes improvisations, l’idée de raconter l’histoire d’un homme politique et de son insensibilité totale à l’art s’est révélée. En défendant ce postulat jusqu’à l’absurde, je restais sur le terrain du burlesque et plaçais, au cœur de la pièce, le débat sur « l’utilité des artistes ». De plus, pour que la radicalité de mon héros ne soit pas trop facilement condamnable, je décidais de lui créer un adversaire aussi extrême, qui incarnerait ce qu’on peut imaginer de plus détestable chez un artiste. Mes collaborateurs Louis Arene et Joséphine Serre ont beaucoup contribué à mûrir ces idées, et m’ont accompagné dans toutes les étapes de la création.

J’avais donc une thématique et du matériau improvisé : il me fallait maintenant construire mon histoire. Petit à petit, la structure s’est affirmée autour de cinq séquences chronologiques, entrecoupées d’interviews de certains personnages, donnant une impression d’existence réelle au héros. La dramaturgie de la pièce a ensuite été enrichie par l’étude de méthodes scénaristiques. Faire ce lien avec le cinéma m’est apparu nécessaire car les codes de jeu dont je m’inspirais pour improviser permettent d’entraîner le spectateur dans une multitude de décors, sur une période de temps restreinte  : une illusion que le cinéma, grâce à sa technique, s’est largement appropriée, laissant le théâtre naturaliste un peu démuni. Mais souvenons-nous que le théâtre élisabéthain ne s’empêchait aucun déplacement dans l’espace, il figurait le décor grâce à des dessins (un château, une forêt...) sur des planches de bois pour que les spectateurs puissent situer l’action. Cette figuration est l’essence du théâtre car, ce que le cinéma ne permet pas, c’est de laisser à chacun le loisir d’imaginer son propre château. Le théâtre doit aujourd’hui nécessairement composer avec un très riche imaginaire cinématographique dont j’ai souhaité tirer profit, tout en usant d’artifices absolument théâtraux.

Une pièce de théâtre aux allures de scénario improvisé, voilà la forme qu’a pris ce seul en scène, à moins que ce ne soit l’inverse. » François de Brauer

  • Extrait

Rémi – Tenez, je vais vous donner une pièce. Mais sachez une chose : c’est la dernière fois que je débourse un centime pour les artistes.
Le clown-mendiant – Dans c’cas monsieur, je n’la prends pas !
Rémi – Vous êtes sûr ?
Le clown-mendiant – Absolument ! Je n’reviendrai pas sur ma fière décision.
Rémi – Bon. Alors, je la laisse sur ce banc, à qui la trouvera…
Le clown-mendiant – Euh... Si j’la trouve, c’est pas pareil !

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