La Cerisaie

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Quartiers d'Ivry au Théâtre Antoine Vitez , Ivry-sur-Seine

Du 09 mai au 05 juin 2016

CLASSIQUE

,

Coups de coeur

,

Russe

Après cinq ans d’exil à Paris, une aristocrate, Lioubov, rentre auprès des siens dans sa propriété au sud de la Russie, célèbre pour sa cerisaie. Mais rien n’est plus comme avant. Lioubov apprend, par un fils de moujik, qu’elle est ruinée et que son domaine doit être vendu aux enchères. A travers l’histoire de la vente de cette maison, Tchekhov nous dépeint un monde en transition, entre passé révolu et avenir plein d’incertitudes.
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Spectacle terminé depuis le 05 juin 2016

 

La Cerisaie

De

Anton Tchekhov

Mise en scène

Yann-Joël Collin

Avec

Sharif Andoura

,

Cyril Bothorel

,

Marie Cariès

,

Sandra Choquet

,

Pascal Collin

,

Manon Combes

,

Antonin Fresson

,

Pierre-François Garel

,

Yordan Goldwaser

,

William Lopez

,

Eric Louis

,

Barthélémy Meridjen

,

Yvon Parnet

,

Frédéric Plou

,

Alexandra Scicluna

,

Sofia Teillet

,

Tamaïti Torlasco

,

Nathalie Untersinger

  • Un monde en transition

LOPAKHINE - « Hier, j’ai vu une pièce de théâtre, très amusante.

LIOUBOV ANDREEVNA - Je suis sûr qu’elle n’avait rien d’amusant. Plutôt que de regarder des pièces, vous tous, vous feriez mieux de vous regarder vous-mêmes.»

Après cinq ans d’exil à Paris, une aristocrate, Lioubov, rentre auprès des siens dans sa propriété au sud de la Russie, célèbre pour sa cerisaie. Mais rien n’est plus comme avant. Lioubov apprend, par un fils de moujik, qu’elle est ruinée et que son domaine doit être vendu aux enchères. A travers l’histoire de la vente de cette maison, Tchekhov nous dépeint un monde en transition, entre passé révolu et avenir plein d’incertitudes.

  • La presse

« On habite cette cerisaie, on partage cette fin d'un monde intensément. Car, dans ce chaos théâtral où s'invitent plumes, paillettes et décibels, les comédiens sont d'une rare vérité (...) tous nous secouent, nous transportent. L'âme russe, faite de rires et de larmes, l'âme libre du beau théâtre planent sur Ivry. Nous sommes tous La Cerisaie. » Philippe Chevilley - Les Echos

« Un bel équipage pour cette Cerisaie, toutes voiles dehors, portée avec passion par Yann-Joël Collin, sous l’effluve du temps d’une représentation, chacune étant unique. » Évelyne Trân - theatreauvent.blog.lemonde.fr

« Un grand texte aux résonances contemporaines, servi avec brio, dans une mise en scène débordante d’énergie et osant l’inattendu autant que le dialogue : il y a du bon, du très bon à prendre dans cette nouvelle production de « La Nuit surprise par le Jour »... Signe certain que quelque chose de fort se passe le temps de la pièce, le fait qu’une partie des spectateurs est encore assise au bord du trottoir, devant le théâtre, en pleine nuit, en train de discuter autour d’un verre, alors que la pièce s’est finie depuis plus d’une heure… Un théâtre qui crée du lien ? » Mathieu Dochtermann - theatreactu.com

« Sommes-nous tous de ces aristocrates inutiles et démunis ? Le social, le politique ne sont pas explicitement là mais trouvent leur temps dans cette terrible durée. Le théâtre est-il là pour être « terrible » ? En sortant de cette Cerisaie, on a envie de dire : oui... » Christine Friedel - Théâtre du blog

« Yann-Joël Collin, le metteur en scène, a décidé de suivre les recommandations d’Antoine Vitez et de jouer La Cerisaie comme un vaudeville. Effectivement, à force de portes qui claquent, de gags, de trouvailles burlesques et surprenantes, on traverse La Cerisaie le sourire aux lèvres. (...) Saluons aussi le grand talent et l’énergie des comédiens, interprètes d’un drame-vaudeville peu commun. La magie du théâtre est bien là ! » Plûme - Des Mots Pour Vous Dire

« Dans un théâtre intitulé Antoine Vitez, quoi de mieux qu’une mise en scène à la Vitez, si c’est effectué avec intelligence, créativité et renouvellement des formes ? Yann-Joël Collin et la Cie « La Nuit surprise par le Jour » ont choisi ce mode pour rendre le théâtre de Tchekhov dans son authenticité. Comme le proposait le maître : « Jouer la Cerisaie en vaudeville ». La gageure est d’avoir produit un théâtre aux portes qui claquent, sans portes ! Puisque le metteur en scène suit à la lettre l’esprit « vitezien » : presque pas de décor, des costumes minimalistes, un éclairage et une scénographie confondant la scène et la salle. » Sébastien Scherr - theatreactu.com

  • Jouer La Cerisaie comme un vaudeville

En travaillant sur la traduction d’André Markowicz et Françoise Morvan de La Mouette, j’ai pris conscience à quel point l’écriture de Tchekhov était éminemment théâtrale, au sens où elle permettait de mettre en jeu la construction du théâtre avec le public. La Mouette m’a ainsi permis d’approfondir notre démarche visant à situer les enjeux du texte au plus près du rapport direct entre l’acteur et le spectateur, et par là d’intégrer encore plus radicalement le public dans le processus de la création théâtrale.

Je souhaite aujourd’hui prolonger cette aventure en montant La Cerisaie. « Jouer La Cerisaie comme un vaudeville…» disait Vitez. Cette invitation au plaisir immédiat du théâtre est suggérée à tout instant par le texte de Tchekhov, et relie la comédie à des interrogations majeures sur l’existence  : La Mouette est une comédie qui conduit à une impasse (le suicide de Treplev), La Cerisaie est une comédie qui fait le deuil pour provoquer un nouveau départ.

Le drame de La Cerisaie incite à une réflexion revivifiée sur le théâtre, où la représentation de la fin d’un monde et du début incertain d’un nouveau implique, dans un temps actuel et un espace commun, une nouvelle aventure : celle de la recréation du théâtre par le jeu et de l’entraînement des spectateurs par les acteurs, celle qui permet de poser ensemble et activement la question du théâtre et de son devenir, et à travers elle la question de nos existences et de ce qu’il leur reste encore à parcourir.

La Cerisaie, tout en étant souvent considérée comme la pure synthèse du théâtre de Tchekhov, paraît aussi en constituer, paradoxalement, l’œuvre la plus déroutante. En effet la cerisaie évoquée dans la pièce est absente, non visible. C’est pourtant le centre des enjeux de toutes les paroles.

La Cerisaie serait ainsi l’expérience menée par Tchekhov d’un « décentrement » à partir de son propre théâtre, décentrement qui affecterait l’ensemble, c’est-à-dire tout autant le verger que les personnages. La pièce semble ainsi contenir un appel pressant à un renouvellement du langage scénique et réclamer non seulement une mise en scène débarrassée des conformismes, mais aussi l’invention d’un théâtre en phase avec un monde d’où tout ancien repère, tout centre assuré auraient disparu.

Notre dispositif scénique est le théâtre lui-même. Nous voulons alors entraîner le public dans ce jeu de la perte des repères, où la séparation scène/salle elle-même s’abolit dans cet espace devenu commun à tous. Quand le spectateur reviendra après l’entracte, il découvrira un espace inversé qui sera celui de la fête, et à l’acte IV, l’acte du départ, quand le plateau sera progressivement évacué, le théâtre sera réellement abandonné au public.

Tchekhov nous permet ainsi de partager jusqu’au bout avec le public l’expérience de la création, et en particulier à travers l’acteur en le plaçant dans des situations où sa propre fragilité est mise en jeu par le texte lui-même. Le plateau est ainsi le lieu d’une production du réel par la fiction. Compte tenu du désordre qu’on crée sur le plateau, l’aveu du personnage qui se questionne sur sa raison d’être devient immédiatement une interrogation de l’acteur, partagée avec le public, sur sa condition et sur la représentation : va-t-elle continuer, comment va-t-elle continuer, qu’est-ce qu’on fait là tous ensemble, dans cette salle de théâtre et dans le monde ?

Le drame devient en quelque sorte celui de la représentation, où se décline la relation entre l’artiste et le public afin de permettre à Tchekhov de redevenir un théâtre du présent.

Yann-Joël Collin

  • La compagnie La Nuit surprise par le Jour

« On peut affirmer sans aucune inflation rhétorique que le théâtre populaire est un théâtre qui fait confiance à l’homme et remet au spectateur le pouvoir de faire lui-même le spectacle. »

Roland Barthes

La Nuit surprise par le Jour mène depuis sa création une réflexion en acte sur le théâtre lui-même. Elle poursuit depuis 1993, en particulier à travers les projets et les mises en scène de Yann-Joël Collin, une recherche dont le théâtre est à la fois l’objet et l’enjeu. A chaque projet de La Nuit surprise par le Jour est reposé, de manière différente et singulière, la question de l’existence du théâtre et de sa nécessité – celle-ci étant liée à l’acte de représentation, au fait de réunir en un même lieu et en un même moment les acteurs et le public autour d’une même interrogation liée à notre humanité.

Chaque projet de la compagnie est ainsi une tentative nouvelle de mettre en jeu, c’est-à-dire en perspective et en critique, la représentation théâtrale elle-même, et de le faire de manière ludique, en plaçant la relation vivante au public au cœur de la démarche artistique. Chaque spectacle est conçu comme une aventure humaine, celle d’un groupe d’acteurs mis en situation de fabriquer la pièce dans le temps du spectacle, et d’entraîner le public dans le jeu complice de cette fabrication.

C’est alors comme si nous réinventions ensemble, acteurs et spectateurs, le langage de Shakespeare, de Brecht, de Gabily, de Beckett, aujourd’hui de Tchekhov, pour le restituer au présent des situations de jeu qu’il engendre. En montrant le théâtre en action, en désignant ses codes pour en jouer, on tend à retrouver en chaque écriture le mouvement vivant qui l’a fait naître, qui traverse et dépasse les époques et les traditions. L’ambition esthétique relie à chaque fois la langue du théâtre à la réalité de son événement : en faisant spectacle de notre interrogation sur la mise en jeu de tel grand texte de l’histoire du théâtre, les projets de La Nuit surprise par le Jour ont pour vocation d’en partager pleinement la richesse du questionnement sur nous-mêmes et notre relation au monde.

Cela n’est possible que dans la mesure où cette recherche implique l’expérience de l’acteur dans un projet qui la raconte. C’est le caractère à la fois si unique et si universel de la représentation de l’homme sur une scène dont nous voulons continuer à explorer l’énigme. Il s’agit que la représentation nous convie ensemble, acteurs et spectateurs, à nous regarder nous-mêmes comme pour la première fois, dans ce mélange de lucidité, de jubilation et d’inquiétude qu’évoque Kantor quand il imagine le début immémorial du théâtre, ce moment où les hommes en ont un vu un autre leur offrir, par son reflet, « l’image tragiquement clownesque de l’homme », toute la condition humaine dans son exception et sa vanité.

Le théâtre, s’il n’est pas utile en soi, est nécessaire en tant qu’il est l’art politique par excellence, dont le sens est moins dans le message que dans l’action : celle où une partie de la communauté se rassemble pour essayer de se reconnaître dans sa complexité. Cela nous paraît aujourd’hui plus que jamais indispensable.

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