L'entreprise, ce monde merveilleux...

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A la Folie Théâtre , Paris

Du 29 août au 13 octobre 2013
Durée : 1h15

CONTEMPORAIN

Alice a bien grandi depuis ses aventures au Pays des Merveilles. Elle se retrouve ici plongée dans le monde merveilleux de l’entreprise, avec un chef lunatique et autoritaire et une collègue mystérieuse, gardienne du mystère de « la boite »… Intriguée et curieuse, Alice va devenir le témoin des violences quotidiennes de notre société.
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Spectacle terminé depuis le 13 octobre 2013

 

Photos & vidéos

L'entreprise, ce monde merveilleux...

De

Charlène Paulais

Mise en scène

Charlène Paulais

Avec

Antoine Dayres

,

Anaïs Dupré

,

Lydie Misiek

  • Une comédie satirique

Alice a bien grandi depuis ses aventures au Pays des Merveilles… Elle se retrouve ici plongée dans le monde merveilleux de l’entreprise, avec un Chef extravagant et une collègue mystérieuse, gardienne du secret de « la boite »… Intriguée et curieuse, Alice va devenir le témoin des dérives de notre société. L’entreprise, ce monde merveilleux… est une comédie satirique traitant du harcèlement au travail, de ces violences quotidiennes qui, sous couvert de la crise économique, ne choquent plus, n’interrogent plus. Le chiffre, la productivité, sont devenus la nouvelle quête de l’être humain. Dans cet univers haut en couleurs, où les repères sont de nouveau mis à mal, Alice parviendra-t-elle à trouver sa voie ?

  • Le projet

« L’écriture de L’Entreprise, ce monde merveilleux… est partie d’un fait réel. Travaillant en tant qu’hôtesse d’accueil dans une société très connue, j’ai pu observer les rouages de l’entreprise, ses habitudes, son caractère aliénant et répétitif. J’ai été interpelée par certains rituels tels que les « points équipe », les pauses cafés à horaires fixes, les crises de « réunionites aiguës », les mêmes blagues répétées sans cesse… Un quotidien sans fin. Et puis j’y ai découvert des violences qui m’ont profondément choquée et qui m’ont mise dans l’urgence de l’écriture. Sous couvert de cette « abominable monstruosité » de notre société contemporaine que l’on nomme avec effroi « la crise », on peut assister, dans les « boîtes », à des harcèlements moraux, des licenciements abusifs et brutaux, au non-respect des lois, à l’invasion du cadre professionnel dans celui de la vie privée… Plongé dans une systématique quotidienne, on ne voit plus ce qui dérange, ce qui n’a pas lieu d’être. Seuls les évènements tragiques que l’on peut entendre aux informations du soir provoquent parfois une sorte d’électrochoc, mais bien souvent, on oublie assez vite. Tout est sans cesse ramené à l’argent. Même lorsque l’on travaille au bien-être des employés, c’est dans le but d’accroître la productivité, de gagner plus. L’objectif ultime de l’être humain aujourd’hui est d’amasser de l’argent. C’en est presque devenu une religion.

J’avais envie de traduire mon arrivée un peu naïve dans l’entreprise à la manière d’Alice au Pays des Merveilles. Car dans le conte, Alice a des principes qui, en entrant dans le pays merveilleux, vont être totalement chamboulés par les personnages étranges qu’elle va rencontrer. C’est ce décalage qui va créer le sens (ou le nonsense). On entre donc dans la pièce par le monde du réel. Alice s’endort en étudiant un ouvrage sur l’entreprise. La fiction se mêle alors à la théorie et voici le spectateur embarqué dans les songes d’Alice. On peut retrouver, dans les personnages, certains traits de ceux du conte. Le Chef, toujours pressé mais aussi d’une grande cruauté, nous fait penser à un mélange entre le Lapin Blanc et la Reine de Coeur. Mélodie, déboussolée, annihilée par l’entreprise, a un côté fou comme le Chapelier mais aussi mystérieux, comme le Chat. Elle est la gardienne d’un secret. La pièce a donc un effet « loupe » sur cet objet dit « sérieux » qu’est l’entreprise, laissant place à tous les excès. Divisée en 5 journées, on note une progression du rêve au cauchemar. »

C. Paulais

  • Note d'intention

« Situé entre le conte d’Alice au Pays des Merveilles de Lewis Caroll et l’univers de Mulholland Drive de David Lynch, L’Entreprise, ce Monde Merveilleux… est une comédie satirique traitant des violences que nombres de personnes peuvent subir dans les entreprises aujourd’hui. Dans cet univers onirique burlesque, caricatural, on nous raconte un problème grave de notre société contemporaine. C’est un objet en clairobscur, entre un monde d’apparences totalement fou et une réalité oppressante. Partant de ce monde déjanté, rapide, grotesque, coloré – l’aspect visible de l’entreprise – nous nous enfonçons progressivement dans quelque chose d’engluant, d’étouffant – une autre face de l’entreprise. L’idée est de parler du quotidien que l’on ne voit plus lorsqu’on est confronté tous les jours à ce cadre de vie. Les traits sont grossis mais je cherche à garder certains aspects de mes observations comme l’aliénation de l’employé, sans cesse en répétition d’une sorte de rituel qui lui paraît normal. Au-dessus, surplombant ce monde de petite « fourmis », on peut ressentir cette menace ambiante, incarnée par le mystère de la « boîte », comme tapie dans l’ombre, derrière une folie effervescente, affichée aux yeux de tous, dans la lumière. Elle va émerger petit à petit, sous le regard innocent d’Alice.

Le décalage entre les personnages survoltés de l’entreprise, comme extraits d’un cartoon, et la naïveté lumineuse d’Alice permet la résonnance de ce drame. Paul Hazard, commentant le conte d’Alice au Pays des Merveilles dans son ouvrage Les Livres, les Enfants et les Hommes, écrivait : « Nous rions pour quelque raison profonde dont nous sommes à peine conscient, mais qui se réveille à notre esprit » Je recherche le picotement, le pincement du réel sous-jacent aux artifices apparents. Alice est l’exploratrice d’un monde qui peut nous paraître tellement familier qu’il finit par nous échapper. Dans un décor aux couleurs vives rappelant le courant Pop Art, l’entreprise Bienvenuecheznous.com est l’univers de la consommation de masse. Toute une réalité ne reposant sur rien. Tout est voyant, grossi, pour mieux cacher. Mais pour mieux cacher quoi ? »

C. Paulais

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