Une adaptation insolite
Note d'intention
2009, cinquantenaire de la disparition de Boris Vian
La presse
C’est l’histoire de Colin, qui veut tomber
amoureux.
Colin « possède une fortune suffisante pour
vivre convenablement sans travailler pour
les autres ».
Son ami nommé Chick, qui ne dispose pas
de cette chance, puisque, étant ingénieur, il
est très pauvre (contrairement aux ouvriers
qu’il dirige), fréquente une jeune fille du
prénom d’Alise.
Alise se trouve être la nièce de Nicolas,
nouveau cuisinier stylé de Colin.
Extrait du film L’Ecume des Jours,1968
Colin, désireux de vivre une aventure similaire à celle de Chick, tombe amoureux de Chloé ,
lors d’une fête organisée en l’honneur de
l’anniversaire de Dupont, le caniche d’Isis,
jeune fille excentrique et libérée.
Colin et Chloé se marient. Mais Chloé tombe
malade : un nénuphar pousse dans son
poumon.
Leur appartement s’arrondit progressivement
et devient chaque jour plus marécageux et
obscur, malgré les efforts de leur petite souris
grise à moustache noire qui tente de gratter
les carreaux pour laisser passer les rayons du
soleil…
« Il y seulement deux choses : c’est l’amour,
de toutes les façons, avec des jolies filles, et la
musique de La Nouvelle Orléans ou de Duke
Ellington. Le reste devrait disparaître, car le
reste est laid, et les quelques pages de
démonstration qui suivent tirent leur force du
fait que l’histoire est entièrement vraie,
puisque je l’ai imaginée d’un bout à l’autre. »
Boris Vian, extrait de l’avant-propos de L’Ecume des Jours.
Piano & bruitage : Pierre Gascoin
Par la Compagnie La Bouée.
C’est à vingt ans, que, visiblement, on
est prêt à grandir. On est nourri des plus
grandes espérances et on est paré à la
vie « d’adulte ». A vingt ans, on finit tout
juste d’être adolescent. L’Ecume des
Jours, pour tous ses lecteurs, c’est le
roman capable de faire revivre les
fièvres et les insouciances adolescentes,
avant que les raz-de-marée ne
dévastent et nettoient les constructions
fragiles des premières certitudes.
A vingt ans, ce qui compte, c’est avant
tout de tomber amoureux, de se
changer trois fois par jour, de sortir à la
patinoire ou à des surprises party avec
ses amis, d’écouter du jazz et d’inventer
des machines improbables. L’absurde
est roi, et la superficialité sa compagne.
Et puis voici qu’on se met à tuer les
possibles, et que la vie vous contraint à
s’ouvrir à l’hostilité du monde réel. Les
priorités changent, l’insouciance est une île qu’on laisse derrière soi en se disant
qu’on y reviendra, un jour, quand on
aura le temps. Oui mais voilà, l’océan
est vaste et les vents pas toujours
cléments, ils vous brinqueballent d’une
côte à l’autre, vous rabattent quand
vous étiez prêts à avancer, et séparent
ceux qui faisaient route ensemble.
L’Ecume des jours nous fait revivre
incessamment ces derniers temps sur l’île
insouciante, avant que notre vague
providentielle ne vienne nous cueillir
pour nous emmener au sommet puis le
long de sa rampe glissante et enfin au
tréfond de ses fatales abymes .
Le jazz band
Parce que l’oeuvre de Vian est
imprégnée de la musique Jazz, la
méthode mise en place pour enéprouver la théâtralité est ici
exactement celle d’un Jazz Band.
Rappelons les bases du Jazz : sur un
thème musical, une formation
d’instrumentistes et d’interprètes
s’exécute, avec pour principe commun
l’improvisation, l'interaction en groupe,
l’expression individuelle et innovatrice,
avec comme constante, l’enjeu du « Swing » (« feel », moment de grâce ou
l’interaction entre les musiciens décolle).
Transposer L’Ecume des Jours sur une
scène de théâtre requiert pour moi les
mêmes précepts : sur un texte commun,
des comédiens, un bruiteur - musicien, et
une scénographie vivante se
rencontrent chaque soir pas tout à fait
comme la veille, dans une grande
communion mais en laissant à chacun la
possibilité d’une partition individuelle et
créative, et avec pour seul objectif le
swing, le rythme, l’émotion.
Un jazz à trois temps
La scénographie, divisée en deux
espaces, l’un dit « de jeu », l’autre de« non-jeu », permet d’intégrer le public
au procédé de théâtralisation en trois
temps.
L’espace de jeu, scénographié, marque
par ses transformations, les trois temps du
roman : le premier, ludique, infini,
insouciant ; le second, le mariage
comme point culminant, qui sera ici
réalisé en animation ; et enfin le
troisième, mouvant, rétrécissant,
angoissant.
Parce que L’Ecume des Jours fait vibrer
en chacun la corde à vif de la perte des
illusions, il est pour moi fondamental que
chaque représentation puise sa véracité
dans l’inattendu.
Les trois groupes (comédiens, bruiteur et
scénographie) sont donc physiquement
séparés sur l’espace scénique, afin que
l’accident théâtral s’opère sur l’espace
de jeu.
Béatrice de La Boulaye
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- 2009, cinquantenaire de la disparition de Boris Vian
Ingénieur de l'École centrale, inventeur, écrivain, poète, parolier, chanteur,
critique et musicien de jazz (trompettiste), conférencier, scénariste, traducteur
(anglo-américain), et membre de l’illustre Corps des Satrapes du Collège de
Pataphysique, Boris Vian a su faire sérieusement les choses légères, et légèrement
les choses sérieuses.
Pour célébrer avec autant de légèreté qu’il est possible le cinquantenaire de la
disparition de Boris Vian, La Bouée et ses partenaires projettent d’organiser
quelques événements dans Paris pendant la durée de L’Ecume des Jours au
Théâtre Dejazet.
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« 2009 marquera le 50ème anniversaire de la mort de Boris Vian. C’est
donc l’occasion ou jamais de redécouvrir ce texte magnifique » Le Phare de Ré
« C’est un ensemble ludique et complexe à la fois, avec des clins d’oeil
au jazz » Ouest France
« Une grande fidélité à l’oeuvre de Boris Vian ! La plus grande réussite de cette
adpatation : faire de l’imaginaire non pas un pis aller scénographique, mais bel et
bien l’instrument nécessaire à un voyage dans l’univers déjanté de l’auteur, où les
bulles de jazz pétillent, où les spectateurs découvrent tout simplement, l’écume du
plaisir » France 3 Poitiers
« Surprenant. Mais le propre
du théâtre n’est-il pas de
surprendre, de nous sortir de
nos attentes ? De ce côté-là,
le spectateur ne devrait pasêtre déçu… »
Sud ouest
« Une mise en scène originale, des costumes insolites, des bruitages fabuleux,
des comédiens drôles et émouvants… Béatrice de La Boulaye a réussi son pari :
emmener le spectateur, lecteur ou non de Vian, dans un monde absurde,
déroutant, à la fois joyeux et angoissant »
Le Courrier de L’Ouest
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