L'éclat d'une araignée au plafond

Paris 11e
du 22 au 31 mars 2011

L'éclat d'une araignée au plafond

Deux personnages, isolés. Ils sont a priori à l’asile mais cela n’a pas d’importance. Chacun est à la recherche d’un moment de grâce, d’éternité. Ils cherchent à s’échapper, de là où ils sont, de ce qu’ils sont. Ils tentent indéfiniment de monter un numéro de cabaret, un film, une histoire, avec plus ou moins de succès.
  • La pièce

Deux personnages, isolés. Ils sont a priori à l’asile mais cela n’a pas d’importance. Chacun est à la recherche d’un moment de grâce, d’éternité. Ils cherchent à s’échapper, de là où ils sont, de ce qu’ils sont. Ils tentent indéfiniment de monter un numéro de cabaret, un film, une histoire, avec plus ou moins de succès.

A la manière des enfants, on dirait que..., ils finissent par devenir ce qu’ils inventent. Chacun vient se mettre à nu avec ses failles, ses peurs, ses rêves. Un duo farfelu, Monsieur Ramon et Mademoiselle Patricia qui nous entraîne dans leur bastringue.

  • Le texte

Ce texte aborde le problème de la perte d'identité, de la marginalisation au sein d'une société brutale. Cette société est représentée ici par un asile qui sert de lieu de conditionnement et d'enfermement aux deux protagonistes (M. Ramon et Mlle Patricia). Face à ce vide qui les entoure, ils n’ont pas d’autre choix que de s'inventer un monde, de se procurer des émotions en reproduisant des numéros de cabarets qui ont bercé leur imaginaire.

Ils regagnent ainsi un semblant de dignité. A partir de rien, Ramon et Patricia vont réussir le tour de force de se transcender, de devenir eux-mêmes en rêvant, en recréant un monde à leur image. Ils combattent l’idée d'une normalité qui nous est imposée.

Ce tandem improbable, voir surréaliste, se veut notre propre reflet, celui de nos peurs et de nos doutes. Ils sont notre révolte face à la condition humaine. Ils incarnent nos pulsions les plus profondes et les plus primaires. Le théâtre revient à ce moment vers sa fonction première de catharsis. Monsieur Ramon et Mademoiselle Patricia se permettent tout ce que l’on s’interdit, à la manière des enfants, ce sont deux innocents sans aucune notion de bien ou de mal. Leur folie est la clef qui leur permet d'être libres.

  • La mise en scène

Ce texte est un manifeste de la marginalité, de l’imaginaire, de la fantaisie. Ce texte n’est pas à mes yeux une stigmatisation de l’enfermement, de la folie, il est au contraire une vision pleine de tendresse de deux personnages, Mlle Patricia et M. Ramon ; deux personnages insensés, grotesques, touchants, tendres, un vrai duo à l’image de ces duos mythiques qui bercent leur imaginaire. Ils se mettent en scène perpétuellement par le biais de numéros montés à la manière de numéros de Music-hall et deviennent tour à tour tout ce qu’ils ont toujours rêvé d’être : M. Ramon, persuadé qu’il incarne l’essence même de Fred Astaire, Mlle Patricia qui virevolte de personnage en personnage sans aucune limite.

Ils réinventent leur identité au fil de répétitions absurdes menées d’une main de maître par un M. Ramon transpirant de théories théâtrales en tout genre. Grâce à la méthode de M. Ramon, Mlle Patricia va trouver peu à peu une forme d’équilibre, de thérapie non pas dans le concret, dans la réalité mais au contraire en coupant définitivement le cordon avec le monde. Ils confrontent leurs deux imaginaires, leurs névroses d’être isolés, marginalisés ; de cerveau-bocal ils deviennent tandem.

Leurs univers se fondent, non sans heurt, et deviennent leur réalité commune. Cette vie fantasmée devient leur radeau, leur échappatoire, leur issue. Ils fabriquent plus que leur histoire, ils réinventent leur identité. Le cadre se définit peu à peu, on les comprend enfermés, dans un asile. L’asile devient alors boîte noire, écrin de l’imaginaire, un espace neutre qui permet aux personnages de redéfinir leur identité, de créer leur réel. Dans cette boîte noire vont s’insérer peu à peu des manifestations concrètes de cet univers fantasmé.

La passerelle entre réel et fantasmé s’amenuise peu à peu. Je traite de cette transition, de la passerelle qui est ici en question. La mise en scène fonctionne comme des images subliminales de ce fantasmé. Les quelques rares objets du réel se transforment, leur univers devient concret et l’imaginaire prend le pas sur la triste réalité.

Ce texte est précieux par sa douceur, son enthousiasme, sa naïveté. J’aimerais que le spectateur sorte en ayant prit conscience du pouvoir de cet imaginaire, de la poésie et de la liberté de ces deux personnages, imbéciles heureux ou simplement heureux…

Manon Savary

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Spectacle terminé depuis le jeudi 31 mars 2011

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