King Lear

Espace culturel André Malraux au Kremlin-Bicêtre , Le Kremlin-Bicêtre

Du 29 novembre 2001 au 12 janvier 2002
Durée : 2H00

CLASSIQUE

Quelle est la folie où le monde excelle ? C’est la folie qui consiste à ne pas voir, à ne pas savoir, à regarder ailleurs, à ne pas être dérangé. Shakespeare réveille nos sensibilités endormies, en nous tenant à l’écart du monde des certitudes, des jugements, de la religion du pouvoir …
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Spectacle terminé depuis le 12 janvier 2002

 

King Lear

De

William Shakespeare

Mise en scène

Chantal Melior

Avec

Sandrine Baumajs

,

Stéphane Carvajal

,

Sandrine Cayol

,

Jean-Michel Grigoroff

,

Ariane Lacquement

,

Ariane Lagneau

,

Carol Lipkind

,

François Louis

,

Pierre Remund

,

Christophe Vincent

,

Mirabelle Wassef

     
L'histoire
Au sujet de la pièce
La presse
Créations et mises en scène du Théâtre du Voyageur

Un roi tout puissant impose un concours d’éloquence à ses trois filles et en fait dépendre le partage du Royaume. Les deux aînées, Goneril et Régane s’appliquent à satisfaire leur père alors que Cordelia, la plus jeune et la préférée refuse de se prêter à ces démonstrations d’affection. Goneril et Régane reçoivent chacune une moitié du Royaume, Cordelia est chassée. Pour un « rien » de Cordelia et par un simple geste rageur de Lear, s’entame un irrémédiable processus d’éclatement du Royaume, d’effritement des valeurs, de décomposition du monde. Parallèlement à la première intrigue, une deuxième se développe en symétrie… Les histoires se dédoublent, les thèmes se superposent à un rythme fulgurant, le rythme de Shakespeare : pas d’explications, mais des visions qui traversent, des vérités en devenir, plus vives que les jugements… de l’ambiguïté du don, du pouvoir et de ses effets, de l’ingratitude, de l’aveuglement et du manque de sensibilité, du mensonge et de l’oubli, de la folie sous toutes ses formes, de la nudité et de la perte d’identité, de la détresse, de la pluie, du vent et de l’orage … C’est dans un univers démesurément ouvert à tous les vents qu’acteurs et spectateurs auront à se frayer un chemin. Est-ce parce que le monde réel est parfois terrifiant que le Roi Lear, cette apocalypse réputée si sombre, se transforme en une succession de révélations lumineuses ?

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Le Roi Lear fait l’effet d’une énorme montagne que tout le monde admire mais que personne n’a envie d’aller voir si souvent que ça.
Jan Kott

Le Roi Lear fut probablement représenté pour la première fois à l’occasion des fêtes de Noël en 1606, devant Jacques 1er. Première pièce à être jouée après la fermeture des théâtres causée par une épidémie de peste, ce fut une pièce sombre de la période sombre … Puis le Roi Lear resta longtemps une pièce peu jouée, et dans des versions parfois très revisitées, substituant par exemple à la fin tragique, une fin plus optimiste : Lear et Gloucester ne mouraient plus et se retiraient dans la méditation, Cordelia se mariait avec Edgar … L’époque romantique fut incontestablement l’apogée du Roi Lear, mais un Roi Lear compris comme un mélodrame fourmillant d’atrocités et de malédictions. Ensuite vint le temps du Shakespeare historique, réaliste : on dressait sur la scène des cimetières et des dolmens. Lear ressemblait à un vieux druide et la tempête reconstituée couvrait la voix des acteurs… Le début du XXème siècle marqua un tournant dans l’interprétation de Shakespeare, on commença à le déchiffrer à l’aide de ce qu’avait été son propre théâtre : dès lors la tempête devrait souffler dans la poitrine de Lear.

L’essentiel c’est que le fruit mûrisse (Edgar- Acte V – scène 2)
Ce qui compte dans le Roi Lear, c’est le chemin.

Les bons mûrissent et les mauvais pourrissent. Entre pitrerie et tragédie, dans ce jeu des contrastes, les mauvais sont ceux qui s’égarent du côté du pouvoir, ceux qui s’y abîment. Mollesse et cruauté, confusion entre raison d’état et problèmes domestiques, incompétence, calcul, flatterie, intérêts, secret, ressentiment … pitreries d’adultes qui s’identifient à leur rôle : les pires fous sont ceux qui s’ignorent. Goneril et Régane très modernes dans la perversion, se croient dans une pièce de Genet. A crever de rire. Et pourtant, leur fin déplorable nous renvoie à des considérations plus nuancées. Goneril et Régane étaient trop faibles pour dire non à leur père, pour renoncer aux séductions du pouvoir, à ce don écrasant.
C’est au cœur de l’orage que le personnage de Lear fait basculer cette pièce violente dans la plus grande douceur. Avec Kent, dont le dévouement est sans limite et avec le Fou qui fait don de sa fantaisie jusqu’à l’angoisse, ce n’est pas la détresse qu’on retient mais la solidarité et l’absolue compassion de Lear pour Edgar, déguisé en pauvre Tom. L’espace d’un instant de théâtre, ils oublient les limites de leur être … plus d’époque, plus d’histoire, plus de passé, plus d’avenir, plus de nom… Pauvres indigents tous nus, où que vous soyez, comment vous défendez-vous contre des temps pareils ? (Lear – Acte III – scène 4).
Au cœur de cette communion, c’est la bonté, c’est à dire ce qui est bon pour la vie, qui est l’évidence. La succession des épreuves, des pertes, des douleurs, devient une occasion de s’élever à une plus grande compréhension, d’accepter sa condition, d’être joyeux. Gloucester, qui dans la deuxième partie du Roi Lear ressemble de plus en plus à un personnage de Beckett, rit de ses orbites vides et s’expose aux vérités crues. Kent se dissout dans la fidélité, l’innocent Edgar s’invente un autre corps et un autre esprit, Lear danse …

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King Lear en Suisse - Création du 17 août au 15 septembre 2001 – Château de Baden, près de Zürich - Extraits de presse

La représentation du Théâtre du Voyageur de la tragédie de Shakespeare est pleine de fougue et de suspens … La mise en scène de Chantal Melior donne aux personnages l’espace nécessaire pour exprimer les émotions, on chahute, on gémit, on crie à tue-tête. .. Mais il reste encore assez de place pour des moments de douceur, quand Cordelia chante ou quand Lear, émouvant avec ses gestes presque enfantins, de plus en plus près de la folie, quitte sa robe de velours et trébuche en chemise dans les bras de Kent… Quand Ariane Lacquement, dans son rôle de l’honnête Edgar, en costume déchiré, comme un animal blessé, jette des coups d’œil timides dans le public, on croit toucher à la détresse du monde …Barbara Bleisch -Neue Zürcher Zeitung NZZ 20/08/01

Les héros meurent en beauté au-dessus des toits de Baden. Les comédiens sont très expressifs et jouent avec force en s’appropriant l’immense espace. Le comique du Fou est aussi un plaisir pour les yeux. La partie musicale est magnifique, chantée et accompagnée au piano par Carol Lipkind, qui joue également le rôle de Cordelia. Rosemarie Tillessen - SüdKurier – presse allemande – 18/08/01

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Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée de Musset (1992-1994 – 80 représentations)
Le texte de Musset revisité comme les Fragments d’un Discours amoureux, variations sur le thème de la séduction ( Fondation Deutsch de la Meurthe).

Valentin Orchestra d’après Karl Valentin (1993-1996 – 150 représentations)
Une répétition mouvementée pour « recoller les morceaux » de Karl Valentin. Splendeur et Misère d’un orchestre de musiciens facétieux et pauvres diables en quête d’harmonie ( Fondation Deutsch de la Meurthe – Théâtre Déjazet – Agora d’Evry – tournée en Ile de France et en Franche-Comté …)

Parade Nuptiale d’après la Tentation de Saint-Antoine de Flaubert et le Sexe et la Mort de Jacques Ruffié ( 1997 – 1998 – 22 représentations)
Une évocation théâtrale et musicale des rituels amoureux. « Sans en être conscients, nous traversons un monde bombardé de signaux… sexuels multiformes. » (Grande Galerie de l’Evolution du Muséum d’Histoire Naturelle – Bagnolet).

Romeo et Juliette de William Shakespeare (1998 – 30 représentations)
Une version joyeuse : l’amour est superficiel, c’est à dire d’une vaste étendue et non pas de peu de profondeur. « Et, quand il sera mort, prends-le et coupe-le en petites étoiles… » L’amour se ramifie (Théâtre Lucien Paye).

Shakespeare Gallery ou la Pensée en formes (1999-2001 – 60 représentations)
Des révélations scientifiques de première fraîcheur… une sorte de « leçon de plasticité » du cerveau, un encouragement à bien vieillir … (auditorium de la Grande Galerie de l’Evolution – Muséum d’Histoire Naturelle. Paris, Garches, Grigny, Sceaux, Bourges, Morteau, Le Kremlin-Bicêtre, Baden, Noisy, 50ème Festival de Sarlat, Toulouse…

King Lear de William Shakespeare (2001-2002 …)
Est-ce parce que le monde reel est parfois terrifiant que le Roi Lear, cette apocalypse réputée si sombre se transforme en une succession de révélations lumineuses ?…Château de Baden/Suisse (20 représentations) – ECAM/Le Kremlin-Bicêtre…

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Gilles B. (1 avis) 04 décembre 2001

King Lear Chantal Melior, avec la troupe du Théâtre du Voyageur, ont choisi de faire leurs représentations trois par trois. Donc il ne vous reste que 6 dates pour pouvoir aller apprécier le travail de ces amoureux du théâtre. Les acteurs sont très justes, et moi qui ai pu avoir l'occasion de les attendre à la fin du spectacle (on ne voit pas du tout le temps passer) pour parler avec eux, je peux vous dire que leur passion est communicative. J'ai particulièrement apprécié le rôle du Fou tenu par François Louis. Il est à voir absolument.
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