Kanata - Épisode I - La Controverse

Cartoucherie - Théâtre du Soleil , Paris

Du 15 décembre 2018 au 31 mars 2019
Durée : 2h15 environ

CONTEMPORAIN

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Grand spectacle

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Sélection Evénement

À la fois événement historique et spectacle extraordinaire, ne manquez pas le chef-d’œuvre de Robert Lepage avec la troupe du Théâtre du Soleil. Nous avons été époustouflés par cette plongée haletante et éclairante dans la société canadienne, avec 32 comédiens sur scène.
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Kanata - Épisode I - La Controverse

Mise en scène

Robert Lepage

A partir de 12 ans.

  • Robert Lepage et la troupe du Théâtre du Soleil

C’est la première fois, en cinquante-quatre ans de son histoire, qu’Ariane Mnouchkine confie la troupe du Théâtre du Soleil à un metteur en scène invité – le Canadien Robert Lepage. La pièce imaginée par ce dernier assemble les fragments d’une vaste épopée retraçant deux-cents ans d’histoire de son pays — « kanata » est le mot iroquoien, signifant « village », qui a donné son nom au Canada — et scelle la rencontre, par comédiens interposés, entre deux géants de la mise en scène qui sont avant tout deux humanistes, convaincus que l’artiste doit être le témoin de son temps.

  • La presse

«  Robert Lepage fictionne à peine, il rend compte des souffrances d’un pays en quête de résilience. (...) Mêmes façons subtiles de métamorphoser le plateau, mêmes glissements habiles de l’ici vers l’ailleurs. On passe, sans s’en apercevoir, d’un commissariat de police à une forêt ancestrale, d’un clair appartement à un abri pour toxicomanes, d’un restaurant chic à une rue interlope. Entre les deux créateurs, la fraternité esthétique et éthique est réelle » Joëlle Gayot, Le Monde, 17 décembre 2018

  • Le spectacle

Ottawa
Un tableau. Mystérieux et magnifique. Une Indienne. Du Canada. Une Autochtone. Un regard splendide, attirant, irrésistible. Une impératrice. Elle a un nom : Josephte Ourné. Le peintre aussi en a un. Joseph Légaré.
Un autre tableau de ce même Légaré : Paysage avec un orateur s'adressant aux Indiens. Cet orateur, on nous dit que c'est Edmund Kean, l'acteur, le théâtre même, tout de noir vêtu, comme un pasteur. Que fait-il là ? Devant un petit groupe de Hurons qui l'écoutent ? Colonise-t-il ? Prêche-t-il ? Récite-t-il du Shakespeare ? Envahisseur ? Bonimenteur ? Ou acteur ?
Est-il, ce qu'il est, un sacré coureur de jupons, qu'un public pudibond et hypocrite chasse un jour de sa seule patrie, la scène, et force à l'exil. Il ira, de huées en huées, et cela c'est vrai, tout comme le reste d'ailleurs, jusqu'au Canada, et au Canada jusqu'au Québec, et au Québec, toujours poursuivi par ses déboires féminins, jusqu'aux Hurons. Qui vont l'aimer, lui accorder le titre honorifique de chef et même lui offrir un nom : Alanienouidet. Ce qui voulait dire à peu près Flocons de neige tourbillonnant dans une rafale de vent et se voulait une description de son style de jeu.
Leyla Farrokhzad, la conservatrice du Musée, et Jacques Pelletier, commissaire de celui du Quai Branly, nous ont appris tout cela et, quoiqu'ils en pensent, n'en ont pas fini avec les portraits et les péripéties.

Colombie Britannique
Une forêt splendide et sereine. Une maison longue. Entrent des bûcherons. Hurlements des tronçonneuses.

Vancouver
Un quartier « populaire et sympathique », pensent Miranda et Ferdinand, une jeune artiste peintre et son compagnon, un jeune acteur plein d'enthousiasme, qui viennent d'emménager dans le loft de leur rêve, loué à prix d'or à une tenancière chinoise.
Où l'on fait connaissance du dit quartier. Le centre d'injections. Rosa, la travailleuse sociale, Tanya, l’héroïnomane. Le poste de police. Des femmes disparaissent. Autochtones, toutes.

Environs de Vancouver
Une porcherie. Un homme boit sa bière. Cris de ses cochons. Ils mangent.

Vancouver et la suite
Le théâtre dira comment mais sachons seulement que Tanya et Miranda se sont rencontrées et que cette dernière se sent des responsabilités. Sachons aussi que Tanya est une enfant adoptée et qu'elle parle persan avec sa mère adoptive. Le monde est petit, décidément. Et le serial killer tout proche. Et puis Tobie qui tente de faire un documentaire sur ce quartier « si populaire et si sympathique ». Le théâtre dira comment. Et la controverse.

  • La controverse

Après avoir, comme ils l’avaient annoncé dans leur communiqué du 27 juillet, pris le temps de réfléchir, d'analyser, d'interroger et de s'interroger, Ariane Mnouchkine et le Théâtre du Soleil sont finalement arrivés à la conclusion que Kanata, le spectacle en cours de répétition, ne violait ni la loi du 29 juillet 1881 ni celle du 13 juillet 1990 ni les articles du Code pénal qui en découlent, en cela qu'il n'appelle ni à la haine, ni au sexisme, ni au racisme ni à l'antisémitisme ; qu'il ne fait l'apologie d'aucun crime de guerre ni ne conteste aucun crime contre l'humanité ; qu'il ne contient aucune expression outrageante, ni terme de mépris ni invective envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, ou une religion déterminée.

Ne s’estimant assujetti qu'aux seules lois de la République votées par les représentants élus du peuple français et n'ayant pas, en l'occurrence, de raison de contester ces lois ou de revendiquer leur modification, n'étant donc pas obligé juridiquement ni surtout moralement de se soumettre à d'autres injonctions, même sincères, et encore moins de céder aux tentatives d'intimidation idéologique en forme d'articles culpabilisants, ou d'imprécations accusatrices, le plus souvent anonymes, sur les réseaux sociaux, le Théâtre du Soleil a décidé, en accord avec Robert Lepage, de poursuivre avec lui la création de leur spectacle et de le présenter au public aux dates prévues, sous le titre Kanata – Épisode I — La Controverse.

Une fois le spectacle visible et jugeable, libre alors à ses détracteurs de le critiquer âprement et d'appeler à la sanction suprême, c'est-à-dire à la désertification de la salle. Tous les artistes savent qu'ils sont faillibles et que leurs insuffisances artistiques seront toujours sévèrement notées. Ils l’acceptent depuis des millénaires.

Mais après un déluge de procès d’intention tous plus insultants les uns que les autres, ils ne peuvent ni ne doivent accepter de se plier au verdict d'un jury multitudineux et autoproclamé qui, refusant obstinément d'examiner la seule et unique pièce à conviction qui compte c'est-à-dire l'oeuvre elle-même, la déclare nocive, culturellement blasphématoire, dépossédante, captieuse, vandalisante, vorace, politiquement pathologique, avant même qu'elle soit née.

Cela dit, et sans renoncer à la liberté de création, principe inaliénable, le Théâtre du Soleil s’emploiera sans relâche à tenter de tisser les liens indispensables de la confiance et de l'estime réciproques avec les représentants des artistes autochtones, d'où qu'ils soient, déjà rencontrés ou pas encore. Artistes à qui nous adressons ici notre plus respectueux et espérant salut.

Le Théâtre du Soleil, 5 septembre 2018.

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Avis du public : Kanata - Épisode I - La Controverse

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Caroline A. (1 avis) 11 janvier 2019

incroyable Quel beau spectacle ! une mise en scène époustouflante !! il y a notamment une scène très onirique... Bravo bravo !!! Très bon jeu d'acteurs et beaucoup de finesse dans le traitement d'un sujet qui soulève de nombreux enjeux contemporains. Une pièce pleine d'humanité à voir sans tarder !
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Anne-marie P. (1 avis) 12 janvier 2019

Très bon sujet. Scénographie fabuleuse. Quelle équipe et quelle justesse de propos. Bravo à cette collaboration.
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Christophe M. (1 avis) 12 janvier 2019

Spectacle de grande qualite Visuels époustouflants, richesse d'une histoire complexe qui se tisse au fil des tableaux, une utilisation naturelle du bilinguisme (avec sous-titres pour les dialogues en anglais). Un superbe spectacle a voir des que possible.
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Karine M. (1 avis) 10 janvier 2019

Kanata Une approche intelligente et sensible d'une question brûlante, celle de la place des autochtones dans la société canadienne d'aujourd'hui, portée par l'énergie virevoltante des comédiens et un art de la mise en scène qui fait comprendre et aimer ce qu'est le théâtre.
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Jeanne D. (1 avis) 31 décembre 2018

Kanata Superbe Spectacle, très émouvant, d'un grand raffinement très complet de très bon comédiens. Spectacle engagé à voir absolument.
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Fathia R. (3 avis) 17 février 2019

Un regard sombre et magnifique Pourquoi cette impression de malaise au sortir de Kanata ? Est-ce la vue des junkies en train de se piquer dans une salle de shoot ? Est-ce la scène de meurtre d'une jeune prostituée toxicomane par un vieux fermier blanc éleveur de porcs ? "Le fermier blanc millionnaire" tueur de porcs, porc lui-même... Le sordide frôle l'obscène. Vulgaire cliché qui rompt la promesse d'ouverture de la pièce de les ridiculiser comme cet européen venu sélectionner des tableaux au musée des beaux-arts du Canada pour une exposition en Europe. La vulgarité est drôle parfois comme celle de cet acteur français déchu donnant des leçons à un jeune acteur français venu s'installer au Canada. Pourtant la beauté est là : instant de grâce lors d'une séance de tai-chi dans un parc à Vancouver, onirique lors d'une balade en canoë dans la forêt. Pas d'unité dans cette pièce faite de tableaux mais un leitmotiv : la drogue, trait d'union entre les personnages ? dont le mal-être semble un héritage profond de la société canadienne, celui des autochtones, des travailleurs chinois du début du siècle, jusqu'à celui des travailleurs sociaux d'aujourd'hui démunis, ou des jeunes migrants français aux rêves d'Amérique déchus. Un message d'espoir : l'art comme porte-parole des "invisibles". On devine le propos militant de Lepage/ Minouchkine en réponse à la polémique qui a entouré la pièce. Un regard sombre, porté par une mise en scène exceptionnelle et des acteurs magnifiques co-créateurs de la pièce.
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Helga B. (1 avis) 07 février 2019

Les Québécois ne savent pas ce qu'ils manquent... Ayant assisté l'été dernier, à l'éruption de la grance chicane ("Ils en ont parlé") autour de deux productions de Robert Lepage, au Québec, je tiens à féliciter la grande Ariane Mnouchkine et sa formidable équipe pour avoir affronté une censure insensée et qui ne fait surtout pas avancer la juste cause des Autochtones, au contraire. Pour voir la pièce, je me suis déplacée depuis l'Allemagne et je ne l'ai pas regretté: mise en scène (toujours) magistrale, excellents acteurs, intrigue convaincante et le ton juste pour évoquer "La controverse", justement. J'ai hâte à découvrir la suite... A ce propos, je tiens à souligner qu'il est important (et un des grands repoches que l'on doit adresser à la CVR du Canada) de tenir compte de la spécificité québécoise en matière d'acculturation forcée des Autochtones. Il y en a eu, mais deux siècles plus tôt (Hurons réfugiés chez les Jésuites...), et pas du tout comparable aux pensionnats dans l'Ouest. Nuance!
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Victorino R. (1 avis) 06 février 2019

Superbe spectacle Robert Lepage nous montre l’audace de faire du théâtre comme si nous étions au XXIe siècle. Rien de moins ! J’ai voyagé dès Madrid pour voir Kanata (enfin, pas seulement… il y avait aussi Joan Miró, mais c’est Kanata ce qui m’a décide a faire la visite). Et je ne suis pas du tout déçu. C’est vrai, le jeu des acteurs n’est pas parfait, l’écriture souffre de certaines longueurs… mais au bout de compte les deux heures et demie se passent sans s'en rendre compte. Kanata n’entrera peut-être pas dans les livres d’histoire du théâtre, mais Lepage le fera, sans doute. Le québécois et sa troupe déploient un tel talent narratif, une telle inventivité scénique, une telle énergie poétique que le spectacle vous prend à la gorge et ne vous lâche plus. J’ai pu lire certains critiques qui déplorent l’intégration dans Kanata de la réponse à l’absurde polémique suscitée au Québec avant même la misse en scène, polémique qu’a failli empêcher la naissance du spectacle. À mon avis, c’est tout le contraire qu’il faut penser. Qu’est-ce qu’aurait resté de l’ouvre de Molière, de Lope de Vega, de Shakespeare… s’ils avaient ignoré les conflits et les polémiques de son temps. Merci en tout cas à Ariane Mnouchkine. Elle a pris le risque de défier les nouveaux inquisiteurs et de nous donner l’opportunité de connaitre Kanata. La salle pleine et les minutes d’ovation (au moins le jour de mon assistance) confirment qu’elle a fait le bon choix. Belle découverte, pour la même occasion, du site La Cartoucherie et du Théâtre du Soleil. Donc, je programme tous mes outils de recherche pour être alerté de la misse en scène du second épisode. Peut-être que pour ce moment-là le Théâtre du Soleil aura eu l’occasion d’améliorer un petit peu le confort des sièges des spectateurs.
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Marion S. (1 avis) 13 janvier 2019

Il manque une pensée Les bons sentiments et quelques idées scéniques sont insuffisants pour faire un spectacle. Nous avons eu l'impression de voir une mauvaise série télé.
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Danielle V. (1 avis) 11 janvier 2019

Superbe spectacle,nous l 'avons vu deux fois. BRAVO
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