Jehu

Cartoucherie - Théâtre de l'Epée de Bois , Paris

Du 11 au 28 novembre 1999

CLASSIQUE

La pièce se passe au royaume d’Israël vers l’année 780 avant notre ère. Jéhu le personnage principal est une brute condamnée à mort au début de la pièce. Il finira sur le trône. Il engloutit tout ce qui se trouve sur son chemin…
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Spectacle terminé depuis le 28 novembre 1999

 

Jehu

De

Gilad Evron

Mise en scène

Zohar Wexler

Avec

Denise Aron-Schropfer

,

Pierre Auge

,

Laurent Bur

,

Erwan Daouphars

,

Jade Duviquet

,

Gérald Morales

,

Christophe Ramirez

Jéhu, sur une route, a rencontré un paysan qui avait une charrette et un chien ; le chien était attaché à la charrette de telle façon qu’il se blessait. Le chien était dans un état pitoyable, couvert de plaies. Jéhu est intervenu, il a rossé le paysan et délivré le chien. Jéhu fut très déçu des effets de son intervention.

Sans doute s’attendait-il à ce que le chien profite de sa liberté et peut être, pour marquer sa reconnaissance, qu’il le suive. Mais le chien libéré ne suit pas Jéhu ; il retourne vers son bourreau. Jéhu raconte cette anecdote comme s’il avait vécu sur cette route un moment important de sa vie. Jéhu dit aussi, qu’au fil du temps, il rencontra un grand nombre de chiens comme celui là.

Jéhu serait quelqu’un de bien, qui à un moment aurait changé de camp, comme s’il avait conclu qu'avec le bien on ne séduisait pas les gens ?

Il se conduit donc comme une brute avec les femmes, avec ses subordonnés et avec les autres. Non sans peut être une certaine innocence, comme s’il ne se rend pas compte du mal qu’il fait.

Peut être, veut-il plaire ? Jéhu brosse le portrait d’une brute. L'auteur, Gilad Evron a su faire de cette brute, autre chose qu’une caricature : il a créé un personnage crédible, qu'on déteste et qu'on admire à la fois.

Le mal : comment est-ce possible ? Il faudrait que le spectateur, à la sortie de cette pièce, ait au moins, un moment, l’impression d’en savoir un tout petit plus sur le sujet..

Gérard Herz, traducteur.

Résumé

La pièce se passe au royaume d’Israël vers l’année 780 avant notre ère. Jéhu le personnage principal est une brute condamnée à mort au début de la pièce. Il finit sur le trône. Il engloutit tout ce qui se pose sur son chemin. Mais comme tous les grands personnages tragiques, tout puissant qu’il soit, il ne peut pas commander les sentiments des autres.

C'est l'histoire d'un coup d'Etat, d'un abus de pouvoir, d'un éclatement de limites. C'est l'histoire de Jéhu, un officier qui croit faire son travail comme il faut mais qui tombe dans le piège d’un conditionnement politique. Il est condamné à mort d'avoir " trop bien fait son travail " ( tuer l’ennemi).

ce n’est pas la vérité qui compte mais le pouvoir, la forme et non le fond : " l'art de bien présenter les choses. " Ziff prépare Jéhu au monde politique ; Jéhu apprend à mentir.

Bon élève, Jéhu y prend goût, soutenu par une armée puissante, il s’empare du pouvoir à Izréel (la capitale). Il tue le roi Jéhoram et balance la reine mère, Jésabelle du haut d’une tour du palais. Mais sa gourmandise ne fait que commencer. Il séduit la veuve du roi à la sordide manière de Richard III. Zilpah la reine succombe rapidement à son désir. Une fois à la tête du royaume il triomphe sur son maître Ziff et lui prépare une leçon : Jéhu commande l'exécution de soixante dix membres de l’ex-famille royale. Dans la liste se trouve Maacha la femme du chef de l’armée, qui à l’époque a condamné à mort Jéhu. Ziff ne trouve pas d’autre solution que de les exécuter. Désormais ses mains aussi se couvrent de sang. Mais Jéhu n'est pas assouvi, il veut sa revanche, il veut l’humilier. Il commence par organiser un petit spectacle public qui dénonce le meurtre, avec Ziff dans le rôle de l’assassin. Cette fois, c’est Jéhu qui dit : " ce n'est pas la vérité qui compte mais l'art de bien présenter les choses. " Puis il finit par enlever la fille de Ziff, Ketourah et à l " explorer " à sa façon.

Jéhu est fier de sa réussite et s’apprête maintenant à se reposer au sein de sa nouvelle famille. Mais Ziff ne collabore plus, il s'exclut du jeu, et se réfugie dans un état d’amnésie. Le tout puissant Jéhu n'arrive plus à s'amuser ; la face des gens autour de lui est masquée par la terreur. Le malheur dont il est responsable l’atteint.

Note du metteur en scène

La pièce " Jéhu " de Gilad Evron contient tous les éléments d’une grande pièce de théâtre : elle est passionnelle, violente, comique et tragique à la fois. Cette pièce a été créée au Théâtre national Habima, à Tel Aviv en 1992 où elle a connu un grand succès. Elle témoigne de la créativité et du dynamisme du théâtre israélien d’aujourd’hui.

Le thème de la pièce est biblique. Cependant, l’auteur ne se contente pas seulement du récit de la Bible. Il enrichit l’histoire, rend vivant les personnages et nous plonge dans un univers où le spectateur explore des émotions aussi fortes que la terreur, la peur du sacré, le désir, le chagrin et le rire. Tout cela en utilisant les astuces les plus simples d’une écriture vive, dramatique et passionnelle dans un décor presque dépouillé.

Cette pièce propose une critique acerbe de la société et de la politique. La critique est aussi violente que la pièce. Les questions soulevées dans " Jéhu " débordent les frontières d’Israël et concernent en effet la civilisation entière : Quelles sont les limites du pouvoir ?

Le pouvoir cohabite-t-il essentiellement avec le mensonge ?

Qui est responsable : celui qui tue ou celui qui ordonne le massacre ?

Qu’est-ce que la mémoire ?…

Les chaises comme élément de décor presque unique, rappellent la question du statut social et politique : Quelle est notre place ? Et pour combien de temps ?

Jéhu

correspond à ma vision du théâtre : j’aime le théâtre qui non seulement raconte une belle histoire, mais qui provoque aussi une réflexion sur la société ; un théâtre qui irrite les spectateurs plutôt que de les bercer. Je retrouve ce théâtre bouleversant dans Jéhu.

Cette mise en scène est de la même lignée que celle que j’ai faite pour Massage de Steven Berkoff. Une pièce qui tourne autour d’un sujet plus commun, mais qui éveille les sens également et bouscule. Ma mise en scène de Jéhu va suivre le chemin indiqué par l’auteur.

Un décor minimal, constitué d’une aire de jeu entourée de chaises.

L’action se passe sur l’aire de jeu tandis que les comédiens qui ne sont pas en action sont toujours présents sur la scène assis sur les chaises (à la manière de Brecht)

Les transformations du lieu et du temps sont faites par le changement de lumière, de son et de la parole. Il suffit que Soldat A dise : " Le palais d’Izréel à l’heure de la sieste " et nous y sommes.

Ce moyen esthétique à une conséquence importante sur le budget du spectacle qui ne nécessite pas un grand investissement dans le décor. Pourtant le jeu de l’acteur et l’ambiance créée par le son et la lumière seront particulièrement soignés. Les acteurs devraient avoir un grand registre de jeu qui va du burlesque au tragique. La possibilité de créer un spectacle hors du commun et de diriger des acteurs dans une recherche de jeu aussi divers, me passionne. Je tiens à pouvoir partager Jéhu avec le public français.

Extrait biblique

Deuxième Livre des Rois, chapitre 9

r, Elisée avait mandé un des jeunes prophètes pour lui dire : "  Ceins tes reins, prends cette fiole d’huile en ta main et rends toi à Ramot-Gilad. Arrivé à destination, enquiers-toi de Jéhu, fils de Jéochaphat, fils de Nimchi. Une fois admis en sa présence, tu l’engageras à se lever du milieu de ses frères d’armes et l’introduiras dans une chambre retirée.

3 Prends alors la fiole d’huile, répands–la sur sa tête en disant : ainsi a parlé l’éternel : je te sacre roi d’Israël – puis ouvre la porte et enfuis-toi sans retard. 4 Le jeune homme trouva les chefs de l’armée siégeant ensemble et il dit : " J’ai une communication pour toi, ô commandant – pour qui d’entre nous tous ? " demanda Jéhu. " Pour toi, commandant. " répondit-il. 6 Jéhu se leva, entra dans la chambre et le prophète lui versa l’huile sur le tête en lui disant : " Ainsi a parlé l’éternel, le dieu d’Israël : " Je te sacre roi du peuple de l’éternel, d’Israël. Tu frappera la maison de ton maître d’Achab et ainsi je vengerai sur Jésabel le sang de mes serviteurs mes prophètes et le sang de tous les serviteurs du seigneur. 8 Toute la maison d’Achab doit périr . J’exterminerai la plus vile créature. Appartenant à Achab, tout ce qu’il possède de précieux et d’infime en Israël. 9 Je ferai ainsi de la maison d’Achab ce que j’ai fait de la maison de Baasa, fils d’Ahiyya. 10 Quant à Jézabel, les chiens la dévoreront sur le domaine de Izreël, et personne ne l’ensevelira. " Puis il ouvrit la porte et s’enfuit.

11 Jéhu sortit pour rejoindre les serviteurs de son maître. On lui demanda : " Tout est-il bien ? Pourquoi cet exalté est-il venu te trouver ? " Il leur répondit : " Vous connaissez bien l’homme et ses discours . 12 – C’est de la dissimulation, répliquèrent-ils ; de grâce, raconte-nous tout. " Il leur répartit : " C’est de telle et telle façon qu’il m’a parlé à l’éternel ; il m’a dit : Ainsi a parlé l’Eternel ; Je te sacre roi d’Israël " . Aussitôt ils s’empressèrent tous de prendre leurs manteaux, les étendirent sous luis au haut de l’escalier, et sonnèrent du cor en s’écriant : " Jéhu est roi ! " 14 C’est de la sorte que Jéhu, fils de Jochafat, fils de Nimchi, complota contre Jéhoram. Celui-ci avait été en observation à Ramot- Guilaad, avec tout Israël, en face de Hazaël, roi de Syrie. 15Mais le roi Jéhoram s’en était retourné pour attendre à Izréel la guérison des blessures que lui avaient faites les syriens au cours de sa compagne contre Hazaël, roi de Syrie. Jéhu dit : " Si vous le voulez bien, qu’aucun transfuge ne sorte de la ville pour porter des nouvelles à Izréel. " 16 Jéhu monta sur son char et se rendit à Izréel, où Jéhoram était alité. Achazia, roi de Juda, était descendu pour rendre visite à Jéhoram. 17 Or, le gardien qui se tenait sur la tour de Izréel remarqua la troupe de Jéhu qui avançait, et il dit : "  J’aperçois une troupe. " Jéhoram répliqua : " Prends un cavalier, dépêche-le au devant d’eux pour qu’il demande : Est-ce la paix ? " 18 Le cavalier se rendit au devant de Jéhu et dit : " Voici ce que demande le roi : Est-ce la paix ? " Jéhu répondit : " Quoi de commun entre toi et la la paix ? Passe derrière moi… " La sentinelle en fit par en ces termes : "  Il est arrivé jusqu’à eux et n’est point revenu… Or, le train ressemble au train de Jéhu, fils de Nimchi ; car il dirige d’une manière désordonnée. " 21 Jéhoram dit : " Attelle ! " On attela son char, et Jéhoram roi d’Israël, Achazia, roi de Juda, chacun son char, sortirent à la rencontre de Jéhu. Ils le joignirent près de domaine de Navot, le Izreélite. 22 Dès que Jéhoram a aperçu Jéhu, il dit : " Est-ce la paix, Jéhu ? " - Peut-il être question de paix, fut la réponse, tant que durent les débordements de ta mère Jézabel et ses nombreux sortilèges ? " 23 Jéhoram tourna bride et prit la fuite, en disant à Achazia : " Trahison, Achazia ! " 24 Jéhu saisi l’arc de sa main, et la flèche atteint Jéhoram entre les épaules, de façon à transpercer son cœur : il s’affaissa dans son char. 25 Jéhu dit à Bidkar, son officier : " Enlève son corps et jette-le à terre dans le champ de Navot, le Izreélite ; car je me souviens avec toi du jour où nous chevauchions de concert à la suite d’Achab, son père, alors que l’Eternel a émis contre lui cette prédiction : 26 A coup sur, j’ai remarqué hier le sang de Navot et le sang de ses enfants ( dit l’Eternel) ; - enlève le donc et jette le dans le champ, conformément à la parole du Seigneur. " 27 A cette vue, Achazia, roi de Juda, se mit à fuir dans la direction de la maison du parc ; Jéhu se lança à sa poursuite et dit : " Lui aussi, frappez-le ! " Il fut atteint dans son char, sur la montée de Gour du côté de Yibleam.. Il se réfugia à Mégido et y mourut. 28 Ses serviteurs le transportèrent à Jérusalem et l’ensevelirent dans son sépulcre, au près de ses aïeux, dans la cité de David. 29 (C’était dans la onzième année de Jéhoram, fils d’Achab, Achasia avait commencé à régner sur Juda.). 30 Puis Jéhu entra à Izréel. Or, Jézabel avait tout appris : elle s’enduisit les yeux de fards, se para la tête et regarda par la fenêtre. 31 Jéhu franchissant la porte, elle s’écria : " Est-ce la paix, Zimri, assassin de ton maître ? " 32 Il leva les regards vers la fenêtre : " Qui est avec moi ? Qui ? " dit-il, deux ou trois officiers tournèrent les yeux vers lui, 33 et il leur dit : " précipitez-la ! " Ils la précipitèrent.. Son sang rejaillit sur les mur et sur les chevaux, et il la foula aux pied. 34 Il pénétra dans la ville, mangea et but ; puis il dit : " Voyez donc après cette maudite et ensevelissez-la, puisqu’elle est fille de roi . " 35 Ils allèrent pour ensevelir, mais ne trouvèrent plus d’elle que le crâne, les pieds, et les paumes des mains. 36 Ils revinrent lui en faire part. Alors, il s’écria : " Ainsi s’accomplit cette parole de l’éternel, annoncée par la bouche de son serviteur, Elie le Tisbite : sur le domaine de Izréel, les chiens dévoreront la chair de Jézabel., 37 et le cadavre de Jézabel sera étendu sur le domaine d’Izréel, pareil au fumier qui couvre les champs de telle sorte que l’on ne puisse pas dire : c’est là Jézabel ! " .

Chapitre 10

r, Achab avait soixante-dix fils en Samarie. Jéhu écrivit des lettres qu’il envoya à Samarie au chef de Izréel. Aux anciens et aux précepteurs des enfants de Achab, et qui étaient ainsi conçus : 2 " Donc, à l’arrivée de cet épître, comme vous avez avec vous les fils de votre maître, les chars, la cavalerie, la ville fortifiée et les armes, 3 choisissez parmi les fils de votre le meilleur et le plus digne, placez-le sur le trône de son père pour la maison de votre seigneur.. " 4 Ces gens furent saisis d’une extrême frayeur et se dirent : " Ah et quoi ! Les deux rois n’ont pu lui résister comment lui résisterions-nous ? " 5 Le préfet du palais, celui de la ville, les anciens et les précepteurs mandèrent à Jéhu : "  Nous sommes tes serviteurs, et tout ce que tu diras, nous l’exécuterons : nous n’élirons aucun roi, fais ce que bon te semble. " 6 Il leur écrivit une seconde lettre, contenant ces mots : " Si vous êtes pour moi et voulez m’obéir prenez les têtes des fils de votre maître et rendez-vous près de moi, demain, à Izréel, " . Or les fils du roi étaient au nombre de soixante-dix et c’était les grands de la ville qui les élevaient. 7 Au cours de cette lettre, ils s’emparèrent des fils du roi et égorgèrent tous les soixante-dix. Puis ils mirent leurs têtes dans des paniers et les lui envoyaient à Izréel. 8 Un émissaire était venu lui annoncer qu’on avait apporté les têtes des princes, il commanda : " Mettez-les en deux tas à l’entrée de la porte, jusqu’au matin. " …

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Zohar W. (1 avis) 14 mai 2012

RE: Jehu - Detétesté ! Je ne comprends pas comment cette spectatrice émet une critique aussi virulente 5 ANS PLUS TARD !!! Elle doit parler d'un autre spectacle !
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Geraldine B. (1 avis) 12 novembre 2004

Jehu - Detétesté ! Cette piece est interminable ! On sent chaque minute passer avec une lenteur qui avoisine l'infini... Malgre le jeu de certains comediens qui tentent bien de sauver quelques meubles, la fin de la piece semble etrangement reculer a chaque minute qui s'ecoule. On peut aussi s'interroger sur le choix de certains seconds roles (certaines performances sont plus que navrantes). Cette piece qui se veut tres intelectuelle gagnerait beaucoup si les meme idees etaient defendues avec plus de simplicite...
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