Homme Pour Homme

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Espace François Mitterrand à Figeac , Figeac

Le 30 juillet 2009
Durée : 1h50

CONTEMPORAIN

L'homme n'est pas une marchandise comme les autres... Mais Galy Gay peut-être, en route vers son poisson, enrôlé malgré ou à cause de lui dans une piteuse armée colonialiste, dans les engrenages du texte de Brecht comme dans ceux du décor de la compagnie L'art mobile. Nous sommes tous des Galy Gay un jour, répudiant, imposteur, opportun, parvenu, prêt à être comme les autres pour ne pas risquer d'être soi-même. Quinte de sang, les tirailleurs alcooliques et cupides, la tenancière lubrique qui trafique, l'asiatique fourbe au temple moite sont autant de drôles de freaks, portés par des acteurs brillants, parmi lesquels Gil Bourasseau se met en chair en un Galy Gay sur mesure.
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Spectacle terminé depuis le 30 juillet 2009

 

Homme Pour Homme

De

Bertolt Brecht

Mise en scène

Gil Bourasseau

Avec

Xavier Béja

,

Gil Bourasseau

,

Olivier Foubert

,

Sylvie Gravagna

,

Hervé Haggaï

,

Christian Jéhanin

,

Antoine Séguin

,

Cécile Tournesol

L'épopée d'un homme qui ne savait pas dire non
Mobiles & intentions
Note d’intention
Pourquoi monter cette œuvre aujourd’hui ?
Homme Pour Homme et le Théâtre Portatif
Note d’intention du compositeur

  • L'épopée d'un homme qui ne savait pas dire non

Un jour, après avoir embrassé sa femme, Galy Gay sort acheter un poisson. Sur sa route, il rencontre trois soldats... À partir de là, sa vie change. L’humble commissionnaire se métamorphose en héros guerrier, tombeur de femmes et de forteresses... Au-delà de la farce épique sur l'embrigadement, Homme Pour Homme est au cœur des préoccupations de toute bonne pièce de théâtre : tenter d'approcher les mécanismes des échanges entre les êtres humains, sinon avec innocence, du moins sans préjugés.

Le Théâtre Portatif de L’art mobile est une structure itinérante, complètement autonome, conçue pour enchanter, le temps d’une représentation ou d’une courte résidence, une salle polyvalente, un gymnase, un hangar, une grange, en métamorphosant le lieu en un véritable petit écrin de théâtre.

Par la Compagnie L’art mobile.

Traduction : Geneviève Serreau et Benno Besson.

  • Mobiles & intentions

La compagnie L’art mobile continue des compagnonnages débutés, pour certains, en 1994. La ligne artistique de L’art mobile invite les compagnons d’art à « ne pas s’extraire de la communauté des hommes, à avouer, au contraire, leur ressemblance avec tous, et à tenter d’émouvoir le plus grand nombre en offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes. » Albert Camus.

Les mobiles de la compagnie résident principalement dans une recherche vigoureuse de sens et dans le refus des dogmes et des servitudes qui font proliférer les solitudes.

Citons à nouveau Camus pour risquer une profession de foi « l’artiste peut retrouver le sentiment d’une communauté vivante qui le justifiera, à la seule condition qu’il accepte, autant qu’il peut, les deux charges qui font la grandeur de son métier : le service de la vérité et celui de la liberté. »

En allant à la rencontre du public, en s’installant sur un site pour des périodes courtes ou moins courtes, L’art mobile met tout en œuvre pour que le moment de théâtre partagé soit une occasion d’émotions, de réflexion et d’émancipation. Nous privilégions l’écriture des poètes d’aujourd’hui pour dire le monde d’aujourd’hui.

  • Note d’intention

Galy Gay est pris dans un engrenage qui le conduira à se renier, à répudier sa femme et à devenir un autre. L’acteur que je suis jubile à imaginer la mise en chair des personnages d’Homme Pour Homme. Tout est rapports dans cette pièce. Brecht confie dans ses écrits sur le théâtre son infinie curiosité envers la façon dont les humains se comportent, deviennent amis ou ennemis, se choisissent, se mentent, s’aiment, ce qu’ils apprennent les uns des autres. Il dit passer son temps à essayer d’observer et il recommande aux acteurs « l’art de l’observation ». Et oui…

J’imagine un souffle, un tourbillon — dans la proximité qu’offre le Théâtre Portatif — porté par des acteurs moins portefaix de thèses que vecteurs de plaisirs. Quelque chose d’entraînant et de déstabilisant. Comme si les mouvements intérieurs des personnages débordaient, tambour battant.

J’imagine une scénographie toute en trappes et en jeux d’ombres, qui fait la part belle aux acteurs et aux machineries de théâtre ; une écriture scénique de la mobilité pour mettre à nu l’instabilité des personnages ; des costumes empruntés à l’Inde coloniale décrite par Kipling, ce dernier étant providentiel pour la connaissance des caractéristiques de l’impérialisme britannique.

Je rêve d’un projet de troupe, d’un itinéraire foisonnant de rencontres avec des publics avides de sens.

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  • Pourquoi monter cette œuvre aujourd’hui ?

Il y a cette photo parue dans la presse. On y voit un sergent recruteur des marines, colosse en tenue camouflée, qui tente d’enrôler pour l’Irak deux jeunes Noirs américains fluets en casquette et survêtement.

Il y a les mollahs de tous poils qui recrutent en manipulant la crédulité, l’ignorance et la détresse de leurs jeunes proies. Il y a, par extension, toutes les intimidations et tous les conformismes qui ordonnent au moins affranchi de rester dans le rang.

Des Galy Gay d’aujourd’hui, non ? Mais la pièce ne doit pas seulement démontrer comment on peut transformer radicalement un individu, jusqu’à en faire quelqu’un d’autre. Je me dis qu’il faut aller au-delà du drame social et de la fable philosophique, qu’il faut aller dénicher l’humain dans toute sa complexité.

Galy Gay est pauvre, certes, et la misère peut expliquer beaucoup de choses. Mais je me demande de quelle nature était son rêve quand il a quitté son Irlande natale pour rejoindre les Indes. Aujourd’hui que l’aventure croise son chemin, il se laisse prendre dans un engrenage dont il est le principal rouage, dont sa propre soif de nouveauté est le principal moteur. Seules les limites de son discernement l’empêchent d’arrêter la machine avant qu’il ne soit trop tard pour retourner en arrière.

Ce sera au spectateur d’identifier le moment de la bascule, ce sera à lui de dessiner la frontière, dans sa propre vie… dans son propre rapport au monde, à la société, au groupe… « Sur la scène les acteurs parlent de la vie et imitent la mort. Vous devez résoudre leurs problèmes dans votre vie », dit Edward Bond aux spectateurs ; on en revient au début, donc. Les acteurs. Vecteurs de plaisir ? Oui. Assurément.

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  • Homme Pour Homme et le Théâtre Portatif

Une écriture scénique de la mobilité pour mettre à nu l’instabilité des personnages. Le Théâtre Portatif offre des possibilités à la fois contraignantes et modulables.

Le plateau est à 80 cm du sol ; il est constitué de praticables et de colonnes d’aluminium qui portent le grill. Un espace de 16 m2. Pour Homme Pour Homme, nous allons compléter cet espace par un plan incliné équipé de trappes. Une perspective déséquilibrante d’environ 28 m2 pour mettre en scène l’intranquillité, pour ébranler l’engrenage…

Un espace de jeu suffisamment vide pour laisser la place au décor sonore, musiques et ambiances... Un espace d’illusions et de suggestions pour inviter au voyage... Un excellent antidote contre l’enfermement des âmes...

Pour le reste, nous travaillons actuellement avec le scénographe, qui réalisera également les costumes, et le régisseur plateau pour matérialiser mes envies d’inventions, de bidouilles, de jeux d’ombres, de détournements d’objets et de petites machineries spectaculaires…

La ligne directrice pour les costumes préfèrera, à la reconstitution historique, emprunter ses atours a l’exotisme et au pittoresque, chaque protagoniste essayant de célébrer sa culture... nous imaginons, par exemple, une armée britannique composite où l’uniforme règlementaire aurait cédé sa place aux fiertés patriotiques individuelles... L’un des quatre arsouilles imbibé de l’armée de sa majesté pourrait arborer son kilt ancestral...

Gil Bourasseau, metteur en scène

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  • Note d’intention du compositeur

Comme dans le théâtre Nô, l’installation scénique proposée ici, prédispose à l’ouverture, l’observation, l’écoute du monde et de l’humanité qui le peuple. Nous proposerons donc que l’écoute soit elle aussi transverse et traversante, surprenante et riche d’indices. Le décor sera donc traversé de paysages sonores et musicaux. Le lieu et l’époque s’y prêtent particulièrement. L’action se déroule dans des situations sonores exceptionnellement riches.

Comme les senteurs d’un pays qui se raconte. Nous diffuserons un fin mélange de sons et de musiques si intimement liés les uns aux autres que l’on ne pourra les distinguer. Le rythme du train pourra se transformer en rythmique Indienne, les carillons chinois viendront ponctuer et accompagner la douce mélopée de la veuve Begbick. La musique elle aussi se voudra transverse.
Mélange des influences et des nostalgies de chacun, colorée par les instruments souvent traditionnels et particuliers à chaque personnage. La mise en scène sonore pourra réserver quelques effets de surprise, comme eux aussi, à l’image des acteurs, bondissants d’une trappe cachée.

Les points de diffusions serons choisis avec soin afin de ne pas sortir le spectateur de son propre voyage par des digressions techniques toujours désagréables si elle ne sont pas maîtrisées. La forme même de notre théâtre permet la diffusion en plusieurs points, entourant littéralement l’audience d’un décors recomposées et invisible. Nous nous attacherons à recréer une profondeur de champ quasi cinématographique, travaillant les plans sonores et les matières employées. Une certaine ambiance martiale suggérée par la partition originale sera conservée et enrichie d’une coloration plus libre. De cette liberté que l’on retrouve notamment dans le jazz ou les musique improvisée de l’orient et se colorant d’instruments acoustiques, quelques fois directement joués par les acteurs.

L’utilisation de percussions, puissamment évocatrices à notre imaginaire, nous permettrons les changement de décors les plus audacieux, à la vitesse des trains de l’Armée des Indes.

Jean-Noël Yven - Compositeur et Sound designer

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