Histoire du soldat

Théâtre de Poche-Montparnasse , Paris

Du 04 janvier au 14 mars 2018
Durée : 1h15

MUSIQUE & DANSE

,

Musique classique

,

Théâtre musical

De la rencontre de Stravinsky et Ramuz et de leur amitié naît en 1918 « une espèce de petit théâtre ambulant » d’après un conte populaire russe d’Afanassiev. Sept musiciens et leur chef accompagnent trois comédiens. Le reste est mystère…
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Histoire du soldat

De

Charles-Ferdinand Ramuz

,

Igor Stravinsky

Chorégraphie

Sebastian Galeota

Mise en scène

Stéphan Druet

Direction musicale

Olivier Dejours

,

Loïc Olivier

Avec

Claude Aufaure

,

Licinio Da Silva

,

Fabian Wolfrom

  • Conte populaire musical

Un jeune soldat qui rentre chez lui en permission rencontre le diable et lui vend son violon – c’est à dire son âme – en échange d’un livre qui prédit l’avenir et qui le rendra très riche. Sa nouvelle condition d’homme libre et fortuné finira-t-elle par lui être fatale ?

De la rencontre de Stravinsky et Ramuz et de leur amitié naît en 1918 « une espèce de petit théâtre ambulant » d’après un conte populaire russe d’Afanassiev. Sept musiciens et leur chef accompagnent trois comédiens. Le reste est mystère…

Stéphan Druet

Avec l'Orchestre-Atelier Ostinato.

  • La presse

«  un narrateur, le merveilleux Claude Aufaure, aux allures de lutin malicieux, au phrasé chantant et très exact (...) Les mots de Ramuz, rustiques et poétiques, semblent ceux, presque naïfs, d’un conte et en ont les sortilèges. Un petit miracle de fraîcheur et de légèreté ! » Jean-Luc Porquet, Le Canard enchaîné, 17 mai 2017

« Une histoire du soldat exaltante et foraine dans une mise en scène remarquable avec une équipe exceptionnelle d'artistes. Un ouvrage merveilleux, envoûtant, étrange. Le merveilleux Claude Aufaure est l’auteur-narrateur, Fabian Wolfrom le jeune soldat, lumineux et profond et enfin, Licinio Da Silva, comédien épatant, incarne Le Diable. (...) Les interprètes sont magistraux et participent à la réussite merveilleuse de ce très grand spectacle (...) ! » Armelle Héliot, Le Figaro

« Un conte russe endiablé ! Il faut être fou pour accueillir Histoire du soldat sur une scène aussi vaste qu’un mouchoir de Poche. Grâce à la fluidité de la mise en scène de Stéphan Druet, 7 musiciens et leur chef, 3 comédiens et 1 danseuse se partagent le plateau sans se marcher sur les pieds. Cet opéra de chambre initialement destiné à des tréteaux ambulants [est] un chef d’œuvre absolu. Claude Aufaure (le récitant), Licinio Da Silva (le Diable) et Fabian Wolfrom (le soldat) sont délicieux. Le spectacle plaira aussi au jeune public. » Jacques Nerson - L'Obs

« Le metteur en scène Stéphan DRUET avec une grande sobriété offre un magnifique écrin à cette histoire de soldat brochée par Ramuz et Stravinski dont les signaux sans fard conjuguent le merveilleux, l’innocence et l’antique sagesse. Il va sans dire que tous les artistes sont complices par leur talent de cet instantané de fraîcheur qui émane du spectacle. La plupart des contes sont de bois dormant, celui de Ramuz et Stravinsky de bois musical enchanteur. Ce spectacle ensorcelé devrait séduire aussi bien les adultes que les enfants ! » Evelyn Trân - Le Monde

« Une merveilleuse version théâtrale de L’Histoire du soldat ; 7 musiciens, 1 chef d’orchestre, 3 comédiens, 1 danseuse sur la scène du Poche alors que c’est tout petit ! C’est parfait, on sort de là enchanté. » Le masque et la plume, France Inter

« Une prise de risque touchante sur cette petite scène où une douzaine de personnes se succèdent avec talent et modestie. On passe un moment charmant. Les musiciens ajoutent à leur élégant talent musical une retenue salutaire dans une salle si réduite. La mise en scène de Stéphane Druet est assez simple, un peu didactique, mais elle respecte l’esprit et la lettre de l’œuvre jouée. Une œuvre suffisamment peu montrée pour retenir notre curiosité ! » Hadrien Volle, Sceneweb

« Il y a un bel équilibre dans cet accord entre musique et théâtre, indissociables, très bien traduit par la mise en scène de Stéphane Druet qui, depuis longtemps, conjugue les deux disciplines. Trois comédiens, une danseuse et sept musiciens nous entraînent vivement dans cette fable édifiante. Accord parfait entre musique, théâtre et danse avec ce grand spectacle miniature présenté dans l’écrin miniature du Poche Montparnasse. » Corinne Denailles, Webthéâtre

  • Entretien avec Stéphan Druet

Stéphanie Tesson : Quelle est votre vision d’Histoire du soldat ?
Stéphan Druet  :
Stravinsky et Ramuz ont créé en 1918 cet objet étrange dans un contexte de guerre, pour le faire voyager à la rencontre du public des campagnes et des villageois privés à l’époque de tout divertissement artistique. Fidèle à leur esprit de théâtre ambulant, je souhaite favoriser une ambiance foraine, imaginer la scène comme un castelet. Mais du texte et de la partition émanent une atmosphère si festive que je ne veux pas trop appuyer la mise en scène par des effets superflus ; la sobriété me semble la meilleure façon de servir l’œuvre, plutôt que de « s’en servir » pour quelques ajouts qui n’ajouteraient rien à sa force poétique.

Comment traitez-vous la cohabitation des musiciens et des personnages dans l’espace ?
L’orchestre est partie prenante de l’histoire. Il s’agit d’un régiment de soldats musiciens, dont se détache le héros, Joseph Dupraz, avec son petit violon, alpagué par le Diable alors qu’il rentre en permission. Les sept instrumentistes sont présents sur scène, en uniforme et à la queue leu-leu faisant face au chef, capitaine de l’orchestre-fanfare. Les uniformes choisis sont voisins de ceux de la Première Guerre mondiale, pantalons rouges et caban bleu. L’histoire se joue devant les musiciens rangés en ligne au fond de la scène. Le chef d’orchestre intervient lui-même parfois dans le jeu des acteurs. Ramuz et Stravinsky concevaient leur œuvre comme un mimodrame. Cette appellation réveille selon moi un univers un peu désuet. Mais on a ici, au Poche, un rapport très proche au public, qui induit une gestuelle plus symbolique.

À l’origine, Histoire du soldat est « lue, jouée et dansée ». La danse est donc très présente au cœur du spectacle, mais ici il s’agit davantage de faire parler les corps par des attitudes précises, qui traduisent des actions, à certains moments de la pièce, par exemple, lorsque le Diable et le Soldat sont sur la charrette. De même, le tango ou la valse sont plus suggérés que dansés, sur ce plateau où le moindre mouvement est perceptible. Le chorégraphe Sebastiàn Galeota à qui j’ai fait appel travaille avec les acteurs sur cet aspect de chorégraphie minimaliste...

Le contexte de guerre dans lequel a été écrite l’œuvre est-il très sensible ? Comment la relier à notre époque ?
Stravinsky lui-même a déclaré que Histoire du soldat était « sa seule œuvre scénique avec une allusion contemporaine ». Le Soldat est la victime, le Diable l’armée ennemie, bien sûr. Et le livre qui prédit l’avenir et qui fait sa fortune (et son malheur...), c’est le symbole du matérialisme, du profit sauvage. Mais au-delà de l’ancrage historique, on y lit également la lutte entre l’art et l’argent. En ce sens, la fable est parfaitement intemporelle, d’ailleurs née d’un conte folklorique russe qui avait traversé les âges... Il n’y a aucune volonté moralisatrice dans l’œuvre ; on s’approche davantage de la fable médiévale. « Un bonheur, c’est tous les bonheurs, deux c’est comme s’il n’existait plus », écrit Ramuz, qui fait également dire au Soldat, devenu riche grâce au livre magique du Diable : « J’ai tout, j’ai tout et je n’ai rien ! » C’est une belle mise en garde contre l’inassouvissement, le désir d’aller toujours plus loin, au lieu de se contenter de ce qu’on a...

Et ce livre ensorcelé, que représente-t-il ?
Il représente le savoir. Le savoir qui détruit. Certes, le livre prédit l’avenir et permet au Soldat de gagner de l’argent, et l’argent cause sa perte. C’est la métaphore de la partie littéraire de l’œuvre, celle de Ramuz, qui affronte la partie musicale, celle de Stravinsky.

L’auteur est très présent dans l’œuvre, selon vous. vous avez d’ailleurs fait du Lecteur initial l’auteur de l’Histoire ?
Oui, j’ai pris cette liberté, car elle me semble aller dans le sens de l’écriture de Ramuz. L’action se fabrique en direct, et le spectacle naît de la feuille, sous nos yeux. Les mots font surgir des personnages organiques. Cette idée que l’imagination de l’auteur prend spontanément vie sous nos yeux me paraît très emblématique du théâtre de tréteaux voulu par Stravinsky et par Ramuz. J’ai d’ailleurs confié quelques moments du récit au Soldat et au Diable, pour raviver la sensation que le dialogue s’incarne spontanément, stimulé par la pensée de son inventeur. Comme si tout à coup, ses personnages lui échappaient. L’auteur est une sorte de démiurge, qui sauve le Soldat une fois, mais ne peut rien pour lui la seconde fois... Par rapport au contexte de guerre de l’époque, cela a aussi un sens : qui peut avoir le moindre pouvoir sur la guerre ? D’ailleurs, à la fi n, toute la place est laissée à la musique. Dans notre version, certaines didascalies sont passées en texte joué, mais malgré cela, le texte final se réduit à quelques phrases... Comme si le mystère sur l’issue des événements restait total !

Comment traitez-vous les personnages dans votre mise en scène ?
Les trois interprètes représentent trois âges de la vie, selon une distribution échelonnée. Le Soldat incarne la candeur, la jeunesse inexpérimentée. Pris en charge par l’armée, il se retrouve soudain livré à lui-même. Il a la beauté de l’ange, et son innocence. Le Diable vient sous quatre aspects différents, mais je n’ai pas tant joué sur les costumes que sur des indices ponctuels qui permettent de l’identifier ; à la fin il revient muni de tous les attributs dans lesquels il est apparu au Soldat. Il n’épouse pas le parlé-scandé des autres personnages, sauf dans la scène de menaces, à la fi n, où il se cale sur la musique, ce qui rend son injonction si dangereuse. Quant à l’auteur, il a quelque chose de très touchant : une maturité alliée à une âme d’enfant. Il regarde de loin ses créatures se démener avec l’histoire dans laquelle il les a jetées. Au moment de la partie de cartes, il intervient dans l’action : c’est le seul moment ; comme si le Soldat avait été trop loin dans son jeu avec le surnaturel, et que son créateur se devait de l’aider, de façon très paternaliste...

Le phrasé particulier, lié à la rythmique est-il contraignant pour le jeu ?
Cette façon de dire un texte est certainement plus familière de nos jours qu’à l’époque. De même, la musique, qui a gagné avec les années en compréhension de la part du public. Les rythmes, les ruptures sont porteurs d’une audace sans doute plus accessible à nos oreilles qu’en 1917, à sa création, où elle est apparue avant-gardiste et hermétique. C’est ce qui lui donne sa fraîcheur, sa puissance et sa grande résonance avec aujourd’hui...

Propos recueillis par Stéphanie Tesson.

Avis du public : Histoire du soldat

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Aline P. (35 avis) 14 juin 2017

histoire du soldat Belle harmonie sur scène entre les musiciens, le soldat et son diable, le beau texte de Ramuz en subtil écho et la partition de Stravinsky... venez et laissez vous porter !
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Helene Eliane G. (1 avis) 10 juillet 2017

Spectacle.plein,de.poesie, j'ai aimé malgré la chaleur Pénible
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