George Dandin

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Théâtre Douze - Maurice Ravel , Paris

Du 12 septembre au 12 octobre 2013
Durée : 1h30

CLASSIQUE

Qui n'a pas rêvé d'ascension sociale ? Pour George Dandin, riche mais paysan, ce rêve est devenu réalité grâce à son mariage avec Angélique de Sotenville ! Mais est-ce bien un rêve qui se réalise ou un cauchemar qui commence ? Entre musique rock'n roll, vidéos et intrigues, la compagnie Cipango prend d'assaut la scène et la salle avec audace.
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Spectacle terminé depuis le 12 octobre 2013

 

Photos & vidéos

George Dandin

De

 Molière

Mise en scène

Etienne Durot

Avec

Sabrina Aliane

,

Louise Danel

,

Etienne Durot

,

Yeelem Jappain

,

Cédric Moreau

,

Patrick Piard

,

Bertrand Usclat

,

Guillaume Veyre

  • Parce Molière n'a pas fini de parler de nous…

Qui n'a pas rêvé d'ascension sociale ? Pour George Dandin, riche mais paysan, ce rêve est devenu réalité grâce à son mariage avec Angélique de Sotenville ! Mais est-ce bien un rêve qui se réalise ou un cauchemar qui commence ? Entre musique rock'n roll, vidéos et intrigues, la compagnie Cipango prend d'assaut la scène et la salle avec audace.

  • Note d'intention

Pour cette nouvelle création de la compagnie Cipango je cherchais une pièce qui réponde réellement au cadre du « théâtre en milieu rural » proposé par notre résidence à Toulon sur Arroux (village d'environ 1500 habitants situé en Saône et Loire) durant la période estivale 2011.

C'est en relisant l'intégralité des oeuvres de Molière que mon choix s'est porté sur cette pièce. A mon sens, il s’agit de la pièce la plus rurale de son oeuvre, sans pour autant enfermer et catégoriser les pièces dans des cases telles que « pièces pouvant se jouer à la campagne » ou « pièce pouvant se jouer en ville ». Ma démarche vise surtout à trouver aujourd'hui ce qui continue de résonner en nous tous dans les classiques. Ce texte fut créé enchâssé à une pastorale de Lully et considéré comme une comédie par Molière. Pourtant, si on l'envisage seul, il me semble être une oeuvre noire. La question s’est donc posée de l’actualisation de la forme pastorale en contrepoint de la noirceur du texte.

Pour cela j’ai ponctué la pièce d’entractes musicaux et d'actions de natures irréelles qui à la manière pastorale allègent le propos. Cette ponctuation accentuera ce phénomène de légèreté à l’image des personnages de la pastorale. Une légèreté à laquelle s'oppose la pesanteur des personnages, lestés de réalités sociales. Je me sers de morceaux musicaux piochés dans le répertoire contemporain dont les thèmes font échos à ceux abordés par le texte : mal-être, colère, amour, trahison, liberté... Puisqu’au fond, Molière nous parle de nous, de ces sentiments qui sont universels.

Concernant la scénographie, je suis parti sur l'idée d'un tribunal, comme si la pièce était un procès : George Dandin a trahi sa classe, il s'est trahi lui même et doit en répondre devant ses pairs. Mon envie n'est pas de recréer un tribunal au sens propre du terme mais de jouer avec différentes hauteurs pour recréer cette dynamique d’une audience durant laquelle l’accusé, George Dandin, est surplombé par ses juges. Cette image suggère également l'enfermement de George Dandin car, bien que victime d'une injustice sociale, en s'enfermant dans un égoïsme mono-maniaque il devient « le metteur en scène » de ses ennuis.

Je souhaite également à travers la scénographie faire référence à l'univers de la ferme en incorporant des outils et du matériel agricoles. Des accessoires qui sont intégrés au jeu tout au long de la pièce pour montrer le con- traste entre le personnel de ferme qui travaille et les nobles qui se reçoivent, se donnent la collation et se font des politesses.

Dans mon travail avec les acteurs je travaille l’idée que tous les personnages sont de chair et de sang, enfermés dans leurs contradictions et essayant de trouver une porte de sortie. Par exemple, pour les parents d’Angélique de Sotenville nous avons travaillé les codes du jeu masqué et utilisé l’appui de gros plans vidéos pour accentuer le grotesque de leur duo.

Pour le personnage de Lubin nous lui donnons un aspect poétique, tel un «vagabond céleste» à l'image du poète Jehan Rictus qui m’a beaucoup inspiré et dont vous trouverez un poème exemplaire en page 8 de ce dossier.

Les personnages d’Angélique de Sotenville et Clitandre, figures d'une jeunesse dorée, sont deux jeunes brûlants d'envie de vivre qui portent sur leurs épaules le poids d'une vieille noblesse très réglementée (ce qui n’est pas sans faire écho aux rapports entre Dom Juan et son père dans la version écrite par Molière).

Claudine, quant à elle, n’est pas une suivante énergique et donneuse de leçon comme on la voit souvent, mais plutôt l’incarnation de la partie rêveuse d'Angélique de Sotenville.

Enfin, concernant la construction rythmique de la pièce j’ai travaillé le fait que chacun des trois actes est la répétition du précédent. Il s’agit donc de trouver une amplification pour laisser l'amertume prendre le pas et la comédie s'obscurcir jusqu'au drame. George Dandin voit le piège mais n'en trouve pas la sortie, jusqu'à en arriver à évoquer la mort comme solution : « (...)Le meilleur parti qu'on puisse prendre, c'est de s'aller jeter dans l'eau la tête la première », Acte III, scène 8.

Etienne Durot, metteur en scène

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