Formes brèves

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Théâtre de la Commune , Aubervilliers

Du 26 avril au 26 mai 2001

CLASSIQUE

Formes brèves
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Spectacle terminé depuis le 26 mai 2001

 

Formes brèves

De

Alan Bennett

,

Gaston Couté

,

Thierry Gibault

,

Daniel Keene

Avec

Anne Baudoux

,

Maya Borker

,

Daniel Delabesse

,

Thierry Gibault

,

Alexandre Haslé

26 avril et 4, 12, 18, 24 mai (20h30) et 20 mai (16h00) :
Une femme sans importance
- Alan Bennett / Anne Baudoux
Un lit parmi les lentilles - Alan Bennett / Maya Borker
La tige, le poil et le neutrino - Thierry Gibault

27 avril et 5, 11, 19, 25 mai (20h30) et 13 mai (16h00) :
La pluie
- Daniel Keene / Alexandre Haslé
Les ch'mins d'couté - Gaston Couté / Daniel Delabesse

28 avril, 26 mai (17h - 23h) :
Intégrale (tous les spectacles)

Une femme sans importance de Alan Bennett

Traduction Jean-Marie Besset avec Anne Baudoux

Dans Une femme sans importance, du cabinet médical à la chambre d'hôpital, Peggy raconte avec un enthousiasme inébranlable sa vie de secrétaire de bureau; dans Un lit parmi le lentilles, femme de curé anglican, Suzanne décrit sa vie quotidienne dans la paroisse et retrace le chemin qui l'a menée aux Alcooliques Anonymes. Solitaires, immobiles et désespérément drôles, ces femmes soliloquent et se retournent sur leur vie déjà derrière elles, pour se persuader que tout va bien, se convaincre que leur existence a quelque importance.

Un lit parmi les lentilles de Alan Bennett

Traduction Jean-Marie Besset avec Maya Borker

Dans Une femme sans importance, du cabinet médical à la chambre d'hôpital, Peggy raconte avec un enthousiasme inébranlable sa vie de secrétaire de bureau; dans Un lit parmi le lentilles, femme de curé anglican, Suzanne décrit sa vie quotidienne dans la paroisse et retrace le chemin qui l'a menée aux Alcooliques Anonymes. Solitaires, immobiles et désespérément drôles, ces femmes soliloquent et se retournent sur leur vie déjà derrière elles, pour se persuader que tout va bien, se convaincre que leur existence a quelque importance.

La tige, le poil et le neutrino de et par Thierry Gibault

Du plus trouble des eaux à la lumière des rives, les êtres vont dans le désir perpétuel de se prolonger. Des fleurs et des insectes, des animaux de toute peau s'aiment et fusionnent. Mais les amours du palmier, de l'hippocampe et du manchot ne furent pas de tout temps. Il semble bien que nous ayons quelques raisons de lorgner les étoiles...

La pluie (Spectacle de marionnettes pour adultes )

Traduction Séverine Magois. Fabrication, manipulation, jeu : Alexandre Haslé

Hanna raconte comment, il y a longtemps, alors qu'elle était encore jeune, des gens pressés de monter dans un train lui ont donné des objets de toutes sortes qu'elle a rangé dans sa maison, qui est vite devenue trop petite pour les contenir tous. Obsédée par le souvenir de ces silhouettes imprécises, elle finira par remettre un visage sur l'ombre de cet enfant qui lui avait donné une bouteille contenant de l'eau de pluie. Dans ce texte court, Daniel Keene a su évoquer, avec une infinie pudeur, la biographie de poussière de ces "voyageurs" qui ne sont jamais revenus.

Extrait (Hanna, une vieille femme)

Il fut un temps où les gens me donnaient toutes sortes de choses toutes sortes de gens toutes sortes de choses des miches de pain encore toutes chaudes à la sortie du four des biscuits moelleux saupoudrés de sucre glace des trognons de pommes et des boîtes d'allumettes grillées des fleurs jaunes et des paquets en papier kraft retenus par de la ficelle des couvertures et des tasses et des bouilloires et des souliers d'enfants et des plats ébréchés et des bocaux et des bocaux de cendres et de la pluie quelqu'un m'a donné de la pluie un jour quelqu'un m'a donné de la pluie.

Je ne connaissais pas ces gens ils me donnaient des affaires avant de monter dans le train ils étaient pressés de monter dans le train il y en avait d'autres qui leur disaient de monter dans le train et qu'il fallait qu'ils se dépêchent fallait qu'ils se dépêchent de monter à bord le train était tellement bondé tellement tellement bondé que je ne savais pas comment tout le monde allait entrer ils entraient tous pourtant je ne sais pas comment ils entraient tous dans le train et je ne saurai jamais comment ils faisaient ils le faisaient et puis c'est tout et puis les portes du train se refermaient et le train partait et on me laissait là avec toutes ces affaires qu'on m'avait données ça n'en finissait pas de se passer parce qu'il n'y avait pas qu'un seul train il y avait des tas de trains et c'était toujours pareil peut-être que c'était toujours le même train qui faisait l'aller-retour l'aller et puis le retour je ne sais pas où il allait seulement que les gens ne revenaient jamais. C'était il y a longtemps mais c'est très clair dans mon souvenir. J'étais là comme ça vous voyez comme ça debout comme ça et ils me voyaient et ils me donnaient ces affaires qu'ils avaient dans les bras rien n'était autorisé dans le train rien de rien on leur avait dit qu'ils ne pouvaient rien prendre avec eux.

(…)

Entretien avec Daniel Keene

Quand on lit un poème – un poème digne de ce nom – on ne sait jamais de quoi le vers suivant sera fait. Quand il arrive, on se dit « ah, ça ne pouvait être que ça ». Ce que je recherche, c’est que mes pièces soient tout à la fois imprévisibles et inévitables.

Dans La pluie, la femme essaie constamment d’éviter de parler de ce petit garçon. Mais il est là, juste là, depuis le tout début. Elle sait que finalement il lui faudra parler de ce petit garçon. Mais c’est très douloureux. (…)

Elle est comme une figure christique et le petit garçon est sa souffrance. Elle essaie d’évoquer tout le reste – les objets, les gens – afin de ne pas avoir à parler du petit garçon. Mais elle sait, tout près de la fin, que le petit garçon approche et approche et approche… Et elle ne cesse de s’en détourner et finalement il lui faut faire face et se libérer de tout ça.

Ainsi, elle prend le temps à rebours. Son voyage part de tous ces objets brisés, décomposés, abandonnés pour, à travers ces objets, retrouver les gens qui les lui ont donnés, et puis, à travers eux, retrouver le petit garçon.

Le temps, relativement à ce point précis est lié, je suppose, à cette idée de personnages absents. En m’intéressant à la présence, puisque le théâtre a lieu « ici et maintenant », je m’intéresse aussi nécessairement à l’absence.

Propos recueillis par Laurent Caillon (Traduction de l’australien : Séverine Magois) Mars 2000

Notes de scénographie

Hanna et le petit garçon sont les seuls à être représentés par des marionnettes de taille humaine. Présent dès le début du récit, le petit garçon n’est jamais manipulé. Les autres marionnettes sont intégrées au décor et naissent d’un drap, d’une chaise cassée, d’un bouquet de fleurs séchées…

Ce décor est élaboré à partir de matériel de récupération (une vieille caisse en bois, quelques valises, une pile de journaux, une bassine en émail…).

Chacun de ces objets ou groupes d’objets délimite le plateau en autant d’espaces de jeu éclairés de manière autonome. Ainsi, parce qu’elle ne peut "empêcher les choses de tomber dans le rien" chaque objet, chaque souvenir visité par Hanna va petit à petit disparaître dans l’obscurité. Le petit garçon va alors devenir inévitable.

Les ch'mins d'couté Textes de Gaston Couté

Par Daniel Delabesse, musique Teddy Lasry

Découvrir Gaston Couté à travers ses textes, suivre les interrogations du poète sur sa propre vie, ses hésitations et ses déchirures de paysan-citadin. Ce sentiment de n'être bien nulle part. Cette capacité de décrire commi Millet dans sa peinture, les duretés et les joies de la vie des petites gens, avec violence, haine, mais surtout humanité. L'accordéon de Teddy Lasry accompagnera les mots du poète. Sur scène, un comédienpour la chair, un musicien pour l'âme, et la lumière des corps...

Daniel Delabesse

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