Effrois!!!

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Lucernaire , Paris

Du 19 janvier au 04 mars 2000

CLASSIQUE

Du spectacle de foire aux films noirs américain en passant par le Vaudeville, un tryptique composé de deux pièces effrayantes, entrecoupées d’une comédie. Manipulations génétiques, personnages ignobles, cyniques, drôles, épouvantables et épouvantés.
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Spectacle terminé depuis le 04 mars 2000

 

Effrois!!!

Mise en scène

Laestra Pontin

Avec

Bruno Argence

,

 Brock

,

Dominique Delaroche

,

Christine Gagnepain

,

Mathilde Mottier

,

Olivier Peissel

,

Victoria Saez

Le théâtre du rire et de l'épouvante
Mise en scène
Opinions

Du spectacle de foire aux films noirs américain en passant par le Vaudeville, un tryptique composé de deux pièces effrayantes, entrecoupées d’une comédie. Manipulations génétiques, personnages ignobles, cyniques, drôles, épouvantables et épouvantés. Panique, folie, horreur, angoisse, suspense, humour et éclats de rires.

Le faiseur de monstres " de Max Maurey, Charles Hellem & Pol d’Estoc
Brokau fabrique des monstres vivants en transformant des animaux par des mutilations et des manipulations aussi diverses qu’abominables. C’est une mine d’or pour son patron Apollon, qui est prêt à tout pour le conserver à son service. A tout   … !

Isolons-nous, Gustave ! " d’André Mouëzy-Eon
La pièce se déroule pendant une nuit d’orage. Or, madame a une peur bleue des éclairs. Heureusement Clémentine, la bonne, a un talisman qui protège de la foudre, pour autant qu’on en soit à proximité. Le couple en vient à accepter la bonne dans le lit conjugal.

Devant la mort " d’Alfred Savoir & Léopold Marchand
L’a action se situe dans une région où sévit une épidémie de rage. Le docteur Plassant enferme sa femme et l’amant de celle-ci en leur disant qu’il a inoculé la rage à l’un d’eux. Il les laisse aux prises avec le doute et l’angoisse… Qui survivra ?

Le théâtre du rire et de l'épouvante

Mieux vaut le dire tout de suite : Guignol est une référence encombrante. Le Grand-Guignol n’est ni un théâtre de marionnettes, ni un théâtre pour enfants. Le Grand-Guignol, c’est le théâtre du rire et de l’épouvante, installé à Paris, impasse Chaptal où il a touché un public nombreux de 1897 à 1962. Des centaines d’auteurs y servirent la cause de l’épouvante et de la comédie. Les pièces d’horreur étaient toujours présentées en alternance avec des comédies pour permettre aux spectateurs de respirer. Une même soirée pouvait présenter jusqu’à 7 pièces différentes. Des centaines de pièces ont donc assuré une quarantaine d’années de succès à ce théâtre hors du commun.

Mais, après la guerre de 40 et la découverte de l’horreur nazie, la réalité dépasse la fiction et relègue la terreur grand-guignolesque au rang d’un conte tant dérisoire qu’enfantin. De plus, l’évolution technique aidant, le cinéma prend peu à peu le relais du vérisme théâtral et range au grenier les boyaux de caoutchouc, les gelées de groseille et les moignons de mou de veau qui avaient tant effrayé la Belle Epoque.

Impasse Chaptal, les successeurs d’Oscar Méténier ou de Max Maurey à la direction du théâtre n’eurent pas le même talent ou autant d’ingéniosité. Ils se passaient la main et s’en tiraient en ayant recours à la violence gratuite et aux effets "sexy " d’un goût pas toujours sûr. Au début des années 50, ce fut l’orientation vers le genre policier. Quant aux derniers drames présentés, ils relevaient plutôt de la science-fiction.

Le Grand-Guignol avait perdu son âme, ses grands interprètes, sa spécificité et son public…il n’avait plus qu’à disparaître. Mais, dans l’art vivant qu’est le théâtre, une disparition n’est souvent qu’une éclipse plus ou moins longue, c’est pourquoi voici : EFFROIS   ! ! !

Mise en scène

Tout le pari de ce spectacle est de faire éprouver au public d’aujourd’hui les délicieux frissons qui secouaient celui de la Belle Epoque. Dans les trois pièces choisies : pas de mutilation ou de bain de sang. Tout est suggéré, révélant ainsi une connaissance profonde de la nature humaine, en faisant appel à deux de ses traits les plus caractéristiques : l’instinct de survie et l’imagination.

La mise en scène s’inspire de l’expressionnisme allemand et des films noirs du cinéma américain. Un espace réduit, une scénographie modulable, un éclairage contrasté (lumières crues et zones d’ombre) ainsi qu’une bande son très présente associés au rythme et à l’intensité du jeu des comédiens permettent de plonger le spectateur dans l’angoisse ou le rire .

Opinions

Charlie Hebdo
Avec entrain, cette jeune troupe nous transporte dans les années 1920, rue Chaptal. A cette période de son histoire, le Grand-Guignol n’était pas le repaire de charcutiers-tripiers que l’on croit. Les auteurs préféraient titiller l’imagination du public, comme le démontrent les pièces choisies pour cette trilogie comico-horrifique. (…) Le faiseur de monstre (….) Un rien sordide, baignée dans une ambiance tout à la fois glauque et très kitch, cette entrée en matière est une vraie réussite : on y est partagé entre le malaise et l’envie de se poiler. Vaudeville déjanté, Isolons-nous, Gustave ! détend cette atmosphère chargée (...) Légère comme une bourrée chantée par Pavarotti, mais joyeusement anticonformiste, cette petite saynète prépare en douceur au très costaud " drame " de clôture : Devant la mort. Devant la mort est la seule des trois pièces où l’on n’a pas du tout envie de rigoler. D’autant que les cinq comédiens et comédiennes sont franchement excellents. Grâce à eux, on y croit dur comme fer. Ressusciter avec une telle efficacité et une telle justesse le théâtre populaire du Grand-Guignol est un bel exploit. Les prochains jeunots qui voudront s’y frotter auront intérêt à mettre la barre très haut s’ils ne veulent pas souffrir de la comparaison.

Gérard Biard

Figaroscope
Un spectacle original de la Belle époque et du théâtre du Grand-Guignol, où ont été créées ces trois courtes pièces. Trois textes surréalistes, mis en scène avec intelligence, qui rappellent Alfred Hitchcock ou Fritz Lang par leur sens du suspens ou leur humour très noir, jamais sanguinolent.

Jean-Luc Delbras

Le journal du théâtre
Ce triptyque aligne deux pièces effrayantes entrecoupées d’une comédie  : le spectacle a l’originalité de retrouver cette double dimension du Grand-Guignol, l’horreur et le rire. La comédie est vraiment drôle : affolé par un orage nocturne, un couple de bourgeois en vient à faire entrer dans son lit la bonne qui porte un talisman contre la foudre. Dans la première pièce, un homme fabrique des monstres chez un patron qui s’intéresse à leur exploitation. Dans la troisième, un médecin révèle à sa femme et l’amant de celle ci qu’il a inoculé la rage à l’un. Mais auquel  ? Ils sont pris de panique et de folie. Cette littérature dramatique du Grand-Guignol, qui combla d’aise quelques surréalistes, casse rarement trois pattes à un canard. On savoure ici le spectacle bien mené vers une noirceur de film rétro ( quand les textes sont dramatiques, évidemment ) et joué avec classe.

G. Costaz

 

La terrasse
Trois histoires à intrigues où caracolent par pur plaisir et divertissements, rires et grands frissons, délires et suspens. Interprétant une galerie de personnages, tantôt ignobles cyniques ou drôles, les comédiens nous entraînent avec une grande vitalité dans ce petit théâtre de l’épouvante et de l’angoisse… Du spectacle de foire aux films noirs américains, la mise en scène et les comédiens - tous bons - renouent avec l’atmosphère Grand-Guignolesque des années 20, et parviennent au bout du compte à nous tenir en haleine. Un spectacle très plaisant, pour jouer à se faire peur et frissonner comme des enfants.

Valérie Librati

Campus Mag
Le spectacle combine à merveille le drame et la comédie, mais il tend plus à suggérer une horreur- pourtant bien présente- qu’à la montrer de manière explicite. Il met en évidence les traits les plus spécifiques de la nature humaine :  l’instinct de survie et l’imagination. Le faiseur de monstres, Isolons-nous, Gustave ! et Devant la mort, sont les trois pièces proposées et jouées par cinq excellents acteurs. Deux drames entrecoupés d’une comédie. Manipulations génétiques, épidémie de rage, angoisse, un décor réduit à sa plus simple expression, une musique qui vous titille… Bref, tout est fait pour vous rendre encore plus proche des personnages. Un pari réussi.

Karine Bodnar

 

 

 

 

L’écran fantastique

… La troupe, et c’est tout à son honneur, tient à rendre hommage au genre sans jamais s’en moquer. La mise en scène, s’inspirant de l’expressionnisme allemand et des films noirs américains, entend s’adresser à l’imagination et à l’instinct de survie du spectateur. Elle y parvient remarquablement grâce à une parfaite maîtrise des thèmes du répertoire Grand- Guignolesque, allant jusqu’à les comparer judicieusement aux films de Lang, Hitchcock et Tourneur. Entre auteurs européens, la filiation paraît quasi naturelle. Comme il est d’ailleurs difficile de regarder le Faiseur de monstres sans penser aussitôt à Freaks, le chef d’œuvre de Tod Browning puisqu’au royaume du talent créatif rien ne se perd, tout se transforme …

 

Sébastien Socias

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